La vaporisation de calcium a-t-elle un effet sur la maturité de la Honeycrisp?

Bonne question, et elle vaut la peine qu’on effectue un essai exploratoire pour y répondre. D’après des expériences antérieures sur la vaporisation de calcium menées sur d’autres variétés comme la McIntosh et la Northern Spy, nous savons qu’une vaporisation énergique de calcium a des effets surprenants et imprévus sur la maturité.

Vers la fin des années 1990, des expériences et des essais ont été menés parce qu’on croyait alors que la vaporisation de calcium sur les feuilles d’un cultivar comme la McIntosh retardait la maturité et rendait la pomme plus dure à cause de la cimentation de la structure cellulaire liée à l’ajout de calcium. En réalité, c’est le contraire qui se produit. Comme les pommes deviennent mûres plus tôt, les fruits sont généralement plus mous.

La production d’éthylène dans la couronne des arbres traités serait responsable de ce phénomène. Vers la fin des années 1990, on a essayé de comprendre pourquoi les producteurs qui appliquaient jusqu’à 14 lb de vrai calcium par acre (s’ils pouvaient le faire) voyaient leur récolte tomber au sol bien avant qu’elle ne puisse être ramassée pour l’entreposage ou la vente. Nous avons découvert une quantité d’éthylène 8 fois supérieure au seuil dans la couronne et les fruits des arbres traités dans le cadre d’un programme énergique de vaporisation de chlorure de calcium, par comparaison aux arbres non traités. Les pommes traitées ont donc été mûres une dizaine de jours plus tôt que les témoins. Nos résultats ont révélé que plus il y a de chlorure de calcium sur les pommiers, plus la maturité est précoce.

Une maturité précoce n’est pas un problème si on s’y attend. En fait, il pourrait s’agir d’un bon outil de commercialisation à petite échelle, si une petite quantité de fruits sont prêts pour la vente juste avant la récolte principale. Bien sûr, l’inconvénient est qu’on y perd sur le volume de la production, puisque durant les 10 derniers jours que les fruits passent dans les arbres, ils grossissent encore d’un quart de pouce, ce qui équivaut à 20 % du volume de la récolte. S’ils sont récoltés avec un indice d’amidon de 5 ou 6, certains fruits comme la McIntosh ne pourront pas être entreposés à long terme.

En bref, depuis la fin des années 1990, nous avons investi de grosses sommes dans la Honeycrisp en Ontario, et nous avons montré que nous pouvons faire pousser certaines des meilleures pommes de ce cultivar en Amérique du Nord.

La Honeycrisp est une variété qui est sujette à la fossette amère. Nous menons une petite expérience pour voir si une vaporisation répétée de certains agents, qui sont des sources de calcium recommandées contre cette maladie, a un effet sur la maturité de ce cultivar intéressant et relativement nouveau.

L’expérience se déroule dans le comté de Middlesex et pourra être visitée le 17 août lors de la journée champêtre des pomiculteurs parrainée par l’association des fruiticulteurs et des maraīchers de Lambton Middlesex. Pour de plus amples renseignements, consultez l’annonce à la fin du présent bulletin.


Auteur : John Gardner - spécialiste de la pomiculture/MAAARO
Date de création : 05 octobre 2006
Dernière révision : 05 octobre 2006

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