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Les maladies pomicoles de lété: traiter ou ne pas traiter
Traiter ou ne pas traiter, voilà la question que lon se pose concernant la lutte contre les maladies dété de la pomme et de la poire, particulièrement au cours dune année sèche comme celle que nous connaissons. Les maladies dété des fruits à pépins peuvent réduire de façon importante la qualité et le potentiel commercial des fruits. Les maladies graves sont favorisées par un printemps frais et humide accompagné de périodes humides prolongées en raison des précipitations estivales, ainsi que le temps frais avant la récolte. Mais, ces maladies risquent-elles de causer des dégâts importants en cette saison sèche ? En Ontario, les deux maladies de la pomme et de la poire les plus importantes au cours de lété sont les suivantes :
La tache de suie se manifeste sur lépiderme du fruit par des tachetures de couleur brune ou verte. En réalité, ces taches sont les petits organes de fructification du champignon. Ils sont foncés et reliés entre eux par une croissance fongique filamenteuse. Dautre part, la moucheture de la pomme est daspect noir brillant et est constituée de petits points rassemblés en petits groupes de quelques-uns à une centaine environ (figure 1). Ces points sont les organes sexuels de fructification du champignon et sont également reliés entre eux par des croissances fongiques peu perceptibles. Aucun de ces champignons ne traverse lépiderme. Ils se développent à la surface. Linconvénient qui en résulte est lapparence dun fruit sale et peu appétissant pour le consommateur. Les deux maladies ont un cycle biologique similaire, se manifestent à peu près à la même époque et peuvent être traitées de la même façon. En plus dhiverner sur les pommiers et les poiriers, les deux maladies peuvent également passer lhiver sur les branches de plantes ligneuses sauvages. Linfection et le développement de la maladie sont favorisés par les périodes prolongées de temps humides à la fin de lété. Même si les conditions dhumidité nont été que sporadiques jusquà présent, ces maladies seraient encore capables de se développer rapidement advenant des conditions favorables. La moucheture de la pomme produit des ascospores (il sagit du premier inoculum qui sera dispersé le printemps prochain à partir du stade avant la floraison jusquà 10 jours après la floraison). Ce moment coïncide avec la libération des spores de la tavelure du pommier. Le traitement de la tavelure du pommier avec des fongicides comme le Flint ou le Sovran peut également combattre les infections primaires de la moucheture de la pomme au printemps. Contrairement à la tavelure, très peu dacospores de la moucheture de la pomme vont réussir à atteindre les jeunes fruits en formation au printemps. Néanmoins, les spores vont quand même se disperser sur les hôtes intermédiaires à proximité des vergers et être la source dinfections qui vont produire linoculum secondaire. La dispersion de linoculum secondaire de lhôte intermédiaire au verger va se faire tout au long de lété. Pour détecter la présence de ces maladies, inspectez les fruits en périphérie du verger à proximité des aires boisées.
Les champignons ne se développent pas bien, et possiblement pas du tout, à des températures supérieures à 29° C. Des chercheurs de la Caroline du nord ont démontré quil faut une accumulation de 270 heures de périodes humides, attribuables à la pluie ou à la rosée, pour que les symptômes de la moucheture de la pomme se manifestent. Cette étude a été vérifiée dans des essais menés par les chercheurs de lUniversité Cornell en 2003. En raison des températures chaudes qui ont prévalu ce printemps et au début de lété, aucune infection ne devrait se manifester jusquà ce que le temps devienne frais et humide, soit vers la fin de lété. Le Dr. Dave Rosenberger, phytopathologiste à lUniversité Cornell, a calculé que linfection initiale sur lhôte spontané requiert 270 heures dhumidité foliaire au printemps et un autre 270 heures dhumidité sur les fruits au milieu de lété pour quune infection des fruits survienne. Il faudra donc un total de 540 heures dhumidité après la floraison avant de voir apparaître les symptômes de ces maladies dans le verger. Au cours dune année sèche, les traitements fongicides ne sont pas nécessaires pour les maladies dété jusquà la fin juillet. Traiter ou ne pas traiter les maladies dété cette année demeure toujours une question pertinente. Les conditions estivales de lannée dernière, chaudes et humides, ont été idéales pour laccumulation dinoculum sur les hôtes intermédiaires. La quantité dinoculum qui a hiverné sur les hôtes intermédiaires a été quelque peu supérieure aux années antérieures. Les conditions jusquà présent nont pas été propices pour les maladies dété et les symptômes peuvent ne pas se manifester avant la mi-août. Malgré cela, il existe un fongicide homologué quon peut appliquer à la fin de juillet pour assurer la protection des fruits. Un traitement dété peu réussi est souvent attribuable à une couverture de pulvérisation inadéquate. La couverture de pulvérisation des traitements fongicides dété est meilleure quand les fruits sont plus petits et que les limbes ne sont pas recourbés par la charge des fruits. De plus, un traitement fongicide à la fin de juillet aide à prévenir loïdium, la nervation noire et la pourriture blanche. Au cours dune année sèche, une application unique à la fin de juillet peut donner un contrôle des maladies dété pour la saison entière. Une application à la fin de juillet suivie dune autre application 3 semaines plus tard représente une stratégie de lutte plus sûre. Si une pluie de plus de 5 mm (2 pouces) survient après le second traitement, alors une autre application pourrait savérer nécessaire au début de septembre, surtout dans les variétés qui ne seront pas récoltées avant la fin septembre. Alors, gardez lil ouvert sur le ciel pour savoir si un troisième traitement est nécessaire. | Haut de la page | Pour plus de renseignements :Sans frais : 1 877 424-1300 Local : 519 826-4047 Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca |
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