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Gérer la luminosité avec la lumière réfléchie

Auteur : John Gardner - Spécialiste en pomiculture/MAAARO
Date de création : 15 août 2005
Dernière révision : 15 août 2005

C’était remarquable de voir comment les divers projets de recherche se déroulaient à la fin juin à la station de Simcoe. Pour plusieurs producteurs, c’était la première occasion qu’ils avaient de voir les revêtements de sol réfléchissants. Cette technologie suscite un intérêt grandissant à travers le monde pour les cultures arboricoles dans les régions tempérées et tout particulièrement dans les régions où l’on cultive la pomme.

La gestion de la lumière représente pour moi un intérêt continu. Si on tient compte des facteurs qui limitent le rendement total et le rendement récupérable par des fruits de grande qualité, l’interception et la distribution de la lumière peuvent faire la différence entre une plantation réussie ou manquée. Dans les conditions normales de l’Ontario, la lumière que nous recevons est souvent sous-utilisée et nous n’avons jamais été en mesure dans le passé de capturer et d’utiliser la lumière qui finit par aboutir dans le sol.

Les différentes régions productrices de fruits de l’hémisphère Nord sont maintenant habituées de voir l’utilisation de toiles réfléchissantes entre les rangs. Jonathan Toye de Extenday indique qu’environ 30 % des superficies de la région de la Baie d’Hawke en Nouvelle-Zélande sont gérées avec des films réfléchissants comparativement à une utilisation quasi nulle si on remonte à quelques années seulement. Dans chacune des entreprises, les producteurs déplacent le matériel d’une culture à l’autre et d’un cultivar à l’autre selon l’effet désiré.

En Ontario, cette technologie connaît déjà une certaine expérience avec l’utilisation de paillis réfléchissant. Ça fait plusieurs années qu’un nombre de producteurs ontariens démontrent l’effet de ces types de traitement. Nous espérons aborder ce sujet à la prochaine convention sur les fruits et légumes de l’Ontario (OFVC) à Brock en février 2006 dans le cadre d’un groupe de consultation.

Parmi les vergers de la Nouvelle-Zélande qui utilisent un film réfléchissant comme celui démontré à Simcoe, plusieurs sont très productifs et indiquent un retour sur l’investissement de plus de 100% basé sur la vie utile du matériel. Dans des conditions de forte luminosité, ces matériaux réutilisables ont une durée d’utilisation dans le verger de 30 mois.

En général, l’installation et l’enlèvement du film à la fin de la saison de croissance se font mécaniquement. Les films sont enroulés et enlevés à l’aide de divers équipements. Ils peuvent être déplacés d’une section à une autre en utilisant tout simplement un véhicule tout-terrain.

Pour maintenir le revêtement en place, on utilise un système de tendeurs élastiques. Le revêtement est suspendu au-dessus du gazon avec suffisamment d’espace pour permettre à l’air de circuler et à l’action du vent d’expulser la saleté et les débris qui s’accumulent à la surface. L’air et l’eau de pluie peuvent s’infiltrer librement dans le sol.

Les films sont disponibles en diverses largeurs, longueurs et propriétés réfléchissantes, permettant une installation sur mesure dans n’importe quelle plantation. Quelques producteurs américains et d’ailleurs ont choisi d’installer les films en rangées alternées, ce qui permet de réduire les coûts de moitié tout en maintenant la grande partie des avantages qui découlent de son utilisation sur une base à l’acre. Les coûts estimés varient entre 500 $ et 3000 $ américains à l’acre environ, selon la largeur du revêtement et le type d’installation (sur un côté; sur les deux côtés de la rangée; recouvrement total des rangées ou alterné).

Film réfléchissant la lumière fabriqué par Extenday®. 
Figure 1 – Film réfléchissant la lumière fabriqué par Extenday®. Le film a la capacité de contrôler la distribution de la lumière dans le couvert végétal de l’arbre et d’aider à maîtriser les pertes d’eau par évaporation de l’écosystème du verger.

On peut mentionner parmi les avantages, une amélioration en ce qui concerne la formation des bourgeons de fruits, la coloration des fruits et leur teneur en sucre, la conservation de l’eau, ainsi que des rendements récupérables plus élevés. La figure ci-jointe (figure 1) montre le gazon qui était recouvert par l’une des extrémités du film en date du 19 juillet. La flèche indique la ligne qui sépare la section couverte de la section non couverte. Le gazon et le sol qui étaient sous le film sont frais et humides, alors que le gazon de la section non couverte semble plus ou moins en état de dormance et le sol serait considéré chaud et très sec. Il y a suffisamment de lumière qui traverse le film pour permettre la viabilité du gazon et en même temps pas assez pour une croissance trop vigoureuse et hors de contrôle. Le film est assez résistant pour qu’on puisse passer dessus avec un véhicule. Le gazon n’a pas à être coupé lorsqu’il est recouvert.

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