L’approche multiple pour lutter contre la tordeuse orientale du pêcher

L’infestation de la tordeuse orientale du pêcher (TOP) dans la production fruitière peut occasionner des pertes substantielles aux producteurs de fruits tendres et de pommes. Les stratégies de lutte sont bien établies pour les fruits tendres et sont en développement pour les pommes et les poires. Plusieurs produits chimiques, parmi lesquels les composés organophosphorés, les pyréthroïdes et les néonicotinoïdes sont homologués pour être utilisés au Canada. Les producteurs peuvent développer des programmes de lutte efficaces et durables quand ils associent ces produits à la technologie de confusion sexuelle des mâles (CM).

Au cours des deux dernières années, nous avons traité des vertus et des limites de la lutte par confusion des mâles dans plusieurs publications du MAAARO (Carnet horticole, Fruits tendres et raisins, Le pomiculteur, fiches techniques, feuillets d’information et pages Web), sans oublier les conférences et les rencontres. Nous ne passerons pas en revue tous les détails de cette méthode de lutte, mais seulement rappeler que la CM fonctionne mieux dans les grandes sections, c’est-à-dire quand le traitement couvre de grandes superficies ou quand il fait partie d’un programme régional coordonné. La lutte par confusion des mâles doit inclure des inspections régulières effectuées de préférence par un professionnel. La densité de population initiale du ravageur doit être faible. Pour y parvenir, on peut effectuer un traitement insecticide contre les larves de la première génération, appliquer des insecticides pendant toute la saison végétative l’année précédente ou opter pour une année de transition au cours de laquelle on associe la CM et l’emploi d’insecticides.

Si vous envisagez la technique de confusion des mâles pour lutter contre la TOP dans votre verger, gardez à l’esprit que cet insecte est capable de voler. Même si vous appliquez un programme de lutte sur votre ferme, les femelles accouplées des zones voisines peuvent voler jusqu’à vos champs et y pondrent des œufs. Il importe d’être informé des moyens de lutte que pratiquent les voisins pour mieux gérer les « points faibles » de votre exploitation. Il serait pertinent d’élaborer un ou deux scénarios en ce sens.

Supposons que vous ne faites pas partie d’un programme de lutte régional, mais que vous utilisez la confusion sexuelle des mâles contre la TOP dans votre verger (minimum de 10 acres, sections « carrées » en continue). Vous produisez aussi des pêches et vous avez décidé de ne pas utiliser la CM dans ces sections (ou peut-être que vous utilisez un insecticide pour enrayer la première génération et Isomate M100 pour les générations subséquentes, lequel procure à vos pêches une protection de 75-80 jours pour les amener en toute sécurité jusqu’à la récolte, soit au début de septembre). Cette année, dans le cas des pommes, vous avez traité la première génération avec un insecticide et utilisé Isomate Rosso (efficacité de 120 jours) avant l’émergence de la deuxième génération pour protéger vos pommes jusqu’à la récolte. Y-a-t-il un point faible dans cette stratégie ? La TOP peut facilement voler jusqu’en octobre et occasionner des dommages de fin de saison ou vers la récolte. Vous n’avez peut-être pas à vous inquiéter pour vos pêches qui ont été récoltées en septembre. Toutefois, si la dernière génération de TOP subsiste dans les sections de pêchers, les adultes qui vont en résulter risquent de s’accoupler et de se déplacer vers les sections de pommiers.

Le même problème peut survenir quand vos voisins ne gèrent pas les 3 ou 4 générations de TOP.

Un producteur qui a utilisé la confusion des mâles pour la première fois cette année a rapporté avoir obtenu d’excellents résultats avec les pommes et les pêches, mais que ses poires ont été légèrement endommagées. Il s’est avéré qu’il avait utilisé un insecticide pour lutter contre la première génération, suite à quoi il a appliqué Isomate M100 sur l’ensemble de sa ferme pour les générations subséquentes. Il a récolté ses pêches sans problème vers la fin d’août et a décidé de traiter la dernière génération de TOP sur les pommiers avec un insecticide, car il savait que la période d’efficacité d’Isomate M100 avait expiré. Dans le cas des poires qui étaient proches de la récolte, il a pris la chance de ne pas les traiter malgré les dommages qu’il avait observés en septembre.

Même si vous utilisez des produits de lutte par confusion des mâles sur l’ensemble de la ferme, vous devez être conscient qu’il y a des femelles « non traitées » capables de migrer dans votre verger durant la saison. Ces types de dommages sont plus souvent associés aux pourtours de la ferme et exigent une collaboration étroite des voisins et l’adoption de programmes de lutte régionaux. Une des solutions, bien qu’elle ne soit pas validée en Ontario, est de pulvériser les pourtours avec un insecticide (coïncider l’époque avec l’activité régionale et l’éclosion des œufs) ou d’augmenter la surface de traitement par CM de 20-40 m en dehors du verger que vous essayez de protéger. Quelle que soit la situation, ne laissez pas votre culture sans protection.

Évaluer les programmes de lutte régionaux ou augmenter la surface de traitement par CM vaut la peine d’y songer. Ce ne sont toutefois pas toutes les régions qui conviennent à cette technologie. Dans certains cas, les producteurs doivent dépendre de stratégies évolutives qui associent l’utilisation d’insecticides à des programmes de lutte intégrée.

Note de l’éditeur :

Dans cet article, nous avons présenté les efforts de recherches appliquées dans la lutte contre la TOP dans des vergers de pommiers de l’Ontario. Pour de plus amples renseignements, veuillez contacter les auteurs tel qu’indiqué dans les articles.


Auteur : Hannah Fraser - Chef de programme d'entomologie - Horticulture/MAAARO; Neil Carter - Spécialiste de la lutte intégrée - Fruits tendres et raisin/MAAARO; Kathryn Carter - Spécialiste de la lutte intégrée - Fruits à pépins/MAAARO
Date de création : 30 janvier 2004
Dernière révision : 30 janvier 2004

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