Affections post-récolte des pommes Honeycrisp

La « Honeycrisp » est une variété de pomme largement cultivée en Ontario et sa demande sur le marché ne cesse d'augmenter. Elle comporte des attributs gustatifs exceptionnels et peut conserver sa croustillance pendant plusieurs mois en entreposage. Cependant, plusieurs problèmes d'importance concernant le mûrissement et l'entreposage sont associés à la Honeycrisp dont les suivants (plus ou moins en ordre d'importance) :

  1. Fossette amère - à certaines années et à certains endroits, c'est plus de 50 % des pommes qui ne peuvent être commercialisées en raison de la fossette amère
  2. Échaudure molle - ce désordre peut affecter jusqu'à 100 % des pommes dans certaines conditions d'entreposage
  3. Variabilité dans la coloration du fruit - rouge lavé attrayant, grossièrement bariolé, peu coloré et (ou) coloration en plaques ; toutes ces variations dénotent que les plantations commerciales comptent déjà de multiples souches de Honeycrisp
  4. Maturité inégale - les fruits ne mûrissent pas tous en même temps, il faut donc les récolter à plusieurs dates
  5. Pommes immatures - les fruits des arbres dont la production est trop abondante peuvent ne jamais parvenir à maturité et leur qualité gustative peut demeurer médiocre ; les fruits récoltés trop tôt ne parviennent pas à développer l'arôme spécifique à la variété et demeurent quasiment sans goût

Des chercheurs de l'université de Cornell étudient depuis quelques années les problèmes de la Honeycrisp. Le résumé qui suit décrit certains des points importants de la recherche et les recommandations des divers scientifiques.

Watkins et al.

  • Les principaux facteurs impliqués dans le développement de l'échaudure molle incluent la sur-maturation du fruit à la récolte, le climat (été maussade, humide et frais), récolte peu abondante, gros fruits et sols vigoureux.
  • L'échaudure molle (et le blettissement) augmente avec l'exposition des fruits à des températures d'entreposage de 33 °F (0-1 °C), particulièrement dans le cas des fruits récoltés à des dates tardives
  • La conservation à une température de 42 °F (5-6 °C) contrôle l'échaudure molle (et le blettissement), mais résulte en une pourriture accrue et une saveur moins acceptable
  • Le DPA n'a pas réussi à prévenir l'échaudure molle des fruits entreposés à 33 °F (0-1 °C), mais l'a contrôlée dans les fruits entreposés à 37 °F (2,5 °C)
  • Un délai d'une semaine à une température de 50 °F (10 °C) avant l'entreposage a réussi à prévenir le développement de l'échaudure molle (et le blettissement), mais n'a pas agit sur la fossette amère qui s'est développée substantiellement
  • La fermeté des fruits n'a pas été affectée par la température d'entreposage, les traitements au DPA, la semaine d'attente à 50 °F avant l'entreposage ou la durée de conservation à l'étalage de 7 jours à température de la pièce
  • Aucun lien consistant n'a été trouvé entre la concentration d'éthylène interne au moment de la récolte et l'incidence d'échaudure molle
  • Le test à l'amidon peut donner une bonne idée de la sur-maturation du fruit - un indice d'amidon de 6 (selon l'échelle de Cornell de1 à 8) serait le moment opportun pour récolter les fruits en vue d'un entreposage de longue durée
  • Une température d'entreposage de 38 °F (3-4 °C) est recommandée
  • Pour obtenir la meilleure qualité gustative, les fruits devraient être récoltés à une fermeté minimale de 13,5 lb et avec au moins 13 % de solides solubles

Rosenberger et al.

  • La récolte hâtive, le refroidissement retardé et l'entreposage à des températures plutôt chaudes favorisent le développement de la fossette amère
  • Le chlorure de calcium (CaCl2) a donné le meilleur contrôle de la fossette amère
  • Les pulvérisations de CaCl2 n'ont pas réussi à contrôler la fossette amère sur les arbres immatures à faible récolte
  • L'emploi de SoluborTM, FlintTM et MessengerTM en combinaison avec le calcium n'ont pu améliorer le contrôle de la fossette amère
  • Cette variété semble être exceptionnellement sensible à la nervation noire et à la pourriture blanche, maladies pouvant être problématiques si le refroidissement après récolte est retardé ou si on utilise des températures d'entreposage plus chaudes de 38 °F (3-4 °C) pour réduire l'échaudure molle
  • Particulièrement sensible à la moisissure bleue (Penicillium expansum)
  • L'épiderme tendre et les pédoncules rigides favorisent la perforation des fruits qui deviennent alors très vulnérables à la moisissure bleue quand ils sont exposés aux spores de P. expansum dispersées dans l'eau ou l'air
  • Les bonnes pratiques sanitaires sont l'unique façon de minimiser les pertes dues à la moisissure bleue
  • Garder les fruits à l'écart des caisses et des sections de l'entrepôt contaminées avec P. expansum
  • Les pommes ne devraient pas subir un traitement post-récolte par douchage, car l'eau recyclée peut redistribuer les spores de P. expansum dans les meurtrissures des fruits

Robinson et Watkins

  • Les fruits des arbres à grand rendement sont plus matures - produisent plus d'éthylène, sont plus mous, moins acides et ont un indice d'amidon plus élevé
  • Les fruits des arbres avec une charge fruitière plus élevée étaient plus mous et présentaient une incidence plus élevée de blettissement (pas d'échaudure molle), mais une incidence moins élevée de fossette amère, de dégradation par sénescente, de pourriture d'entreposage et de brûlure superficielle
  • Les charges fruitières avec plus de 10 fruits par cm2 de surface de tronc (TCA) ont donné des fruits de plus petits calibres, qualité médiocre, goût médiocre, lesquels ne se sont pas améliorés durant l'entreposage, malgré les efforts mis pour minimiser les désordres en cours d'entreposage
  • Les charges fruitières modérées de 7-8 fruits par cm2 de surface du tronc (TCA) ont donné un faible rendement floral et des fruits de piètre qualité
  • Les charges fruitières avoisinant les 5 fruits par cm2 de surface de tronc (TCA) semblent être les meilleures, donnant des fruits avec une bonne coloration, une bonne teneur en solides solubles et une acidité moyenne
  • Les températures d'entreposage plus chaudes ont entraîné une incidence plus élevée de fossette amère, de dégradation par sénescence et de pourriture d'entreposage, mais une incidence plus faible de blettissement et de brûlure superficielle

Pour de plus amples renseignements, consultez l'édition Automne 2003 du NY Fruit Quarterly, disponible en ligne.


Auteur : Dr. Jennifer DeEll - Chef de programme de la qualité - Marché du frais/MAAARO
Date de création : 30 janvier 2004
Dernière révision : 30 janvier 2004

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