Maladies, désordres et teneur minérale des pommes cultivées biologiquement

A également fait partie de ma thèse en M.Sc. (DeEll, 1991), une recherche dont le but était d'approfondir les maladies, les désordres et les teneurs en minéraux après la récolte des pommes McIntosh et Cortland cultivées de façon conventionnelle ainsi que biologiquement, et entreposées à 3 °C à l'air ambiant ou en atmosphère contrôlée pendant 4 et 8 mois. J'ai utilisé les mêmes 14 vergers situés en Nouvelle-Écosse que ceux cités dans mon article précédent pour faire les évaluations en 1989 et 1990.

Les pommes cultivées de façon plus conventionnelle ont pu être commercialisées après l'entreposage comparativement aux pommes cultivées biologiquement (73 % versus 59,5 %, respectivement). La raison est en grande partie attribuable à une plus forte incidence de tavelure, de roussissement et de pourritures d'entreposage chez les pommes biologiques. L'incidence de la tavelure du pommier (Venturia inaequalis) a été 30 % et 10,5 % dans la culture biologique des pommes McIntosh et Cortland', respectivement, comparativement aux pommes conventionnelles dont l'incidence a été <1 %. L'incidence plus élevée de roussissement (formation de rugosité due aux cellules mortes de l'épiderme) des pommes biologiques (16,5 % versus 5,9 % pour les conventionnelles) était probablement causée par les surfactants que les pomiculteurs ont utilisés en tant que fongicides (on sait que les surfactants sont reconnus pour augmenter le roussissement). Les principales pourritures d'entreposage ont été la moisissure bleue (Penicillium expansum), la moisissure grise (Botrytis cinerea) et l'anthracnose (Gloeosporium perennans). Les pommes cultivées biologiquement contenaient un plus grand nombre d'agents pathogènes à la récolte ou étaient plus sensibles à l'infection durant l'entreposage que les pommes cultivées conventionnellement. En effet les pommes biologiques ont développé plus de pourritures d'entreposage (16 % versus 9,8 % pour les conventionnelles). Les vergers conventionnels avaient probablement un meilleur programme fongicide.

Les McIntosh cultivées biologiquement et entreposées à l'air ambiant pendant 8 mois ont affiché le plus haut taux de pourriture par sénescence (7,2 %), alors que les McIntosh cultivées de façon conventionnelle et entreposées en atmosphère contrôlée pendant 8 mois ont eu le taux le plus élevé de brunissement interne (5,6 %). Les McIntosh conventionnelles entreposées à l'air ont affiché un taux plus élevé d'échaudure que les McIntosh biologiques (19 % versus 3,3 %, respectivement). Après une période d'entreposage de 4 mois, les McIntosh cultivées biologiquement ont présenté une incidence plus élevée de fractionnement (4 % versus 1,6 % pour les conventionnelles). Les méthodes de production n'ont pas eu d'influence sur le cœur brun.

Comparativement aux pommes conventionnelles, les pommes cultivées biologiquement avaient des teneurs plus élevées en phosphore (P) et en potassium (K) et moins élevées en azote (N) (tableau 1). Les méthodes de production n'ont pas influencé les teneurs en calcium (Ca) ou en magnésium (Mg), et il n'y a pas eu de différences significatives en ce qui concerne le rendement par arbre ou les pertes en poids des pommes durant l'entreposage. Parmi les désordres que les pommes développent en entreposage, plusieurs sont associés à de faibles teneurs en calcium et en phosphore, ainsi qu'à des teneurs élevées en azote. C'est pourquoi, les teneurs plus faibles en azote et plus élevées en phosphore des pommes cultivées biologiquement pourraient les avantager en réduisant l'incidence des désordres d'entreposage. Toutefois, cette recherche n'est pas suffisante pour conclure qu'il y a un lien direct entre les teneurs en minéraux des pommes et les désordres d'entreposage.

Pour de plus amples renseignements et détails, veuillez consulter l'article scientifique suivant : DeEll, J.R., and R.K. Prange. 1993. Postharvest physiological disorders, diseases, and mineral concentrations of organically and conventionally grown McIntosh and Cortland apples. Can. J. Plant Sci. 73:223-230.

Tableau 1 : Effets des modes de production sur la teneur en minéraux des pommes McIntosh et Cortland. Les résultats ont été relevés après 4 et 8 mois d'entreposage à l'air ambiant et à atmosphère contrôlée à 3 °C.

Variété

mg /100 g de poids frais

% poids sec

mg /100 g de poids frais

P

K

N

Ca

Mg

McIntosh

Biologique

13,5

109

0,20

3,0

4,2

Conventionnelle

12,0

106

0,28

2,5

4,3

Cortland

Biologique

13,5

121

0,27

3,9

4,7

Conventionnelle

11,1

107

0,28

4,1

4,2

Signification1

*

*

*

NS

NS

1 *, NS = significatif quand P<0,05 ou non significatif


Auteur : Dr. Jennifer DeEll - Chef de programme de la qualité - Marché du frais/MAAARO
Date de création : 01 mai 2006
Dernière révision : 01 mai 2006

Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca