Pourquoi la présence de la brûlure bactérienne dans les pommeraies en 2016?

On a observé des symptômes de brûlure bactérienne dans de nombreux vergers cette année, malgré l'épandage de produits de protection pendant la floraison (figure 1). Les raisons pour lesquelles la brûlure bactérienne demeure présente cette année dans les vergers sont multiples. Les modèles Cougar Blight prévoyaient un risque d'élevé à extrême d'infection des fleurs du 24 mai au 30 mai dans la majorité des régions pomicultrices de l'Ontario. Les producteurs auraient dû procéder à un épandage préventif de produits de protection contre la brûlure bactérienne à diverses reprises pendant cette période afin de protéger les fleurs ouvertes contre l'infection. Il faut souligner que les produits contre la brûlure bactérienne, par exemple la streptomycine, ne sont efficaces que deux jours environ et on doit reprendre la pulvérisation plusieurs fois pendant les périodes de risque extrême d'infection. Même si les régions sud-ouest de la province ont peut-être terminé la floraison pendant la dernière semaine de mai, lorsque les conditions sont devenues plus propices à l'infection des fleurs, il est très probable que, dans nombre de vergers, quelques arbres portaient encore des fleurs tardives ou « en queues de rat ». On a signalé des fleurs « en queue de rat » dans la majorité des régions pomicultrice de la province plus tôt au cours de l'année et elles sont très vulnérables à l'infection par la brûlure bactérienne. Au cours de cette même période, les arbres d'autres régions pomicultrices de la province étaient encore à divers stades de la floraison, les rendant très vulnérables à l'infection.

Figure 1. La brûlure bactérienne entraîne le brunissement des pousses, qui s'enroulent vers le bas en forme de crosses de berger.

Figure 1. La brûlure bactérienne entraîne le brunissement des pousses, qui s'enroulent vers le bas en forme de crosses de berger.

Les producteurs qui n'ont pas procédé à la pulvérisation préventive de produits contre la brûlure bactérienne pendant la floraison ou qui n'ont pas procédé à des pulvérisations suffisamment fréquentes ou au moment approprié pendant la floraison ou qui n'ont pas supprimé les fleurs " en queue de rat " auraient observé des symptômes de brûlure bactérienne dans leur verger du début jusque vers la fin de juin. Malheureusement, depuis la fin de mai, les températures ont été favorables à la multiplication des cellules de la brûlure bactérienne dans les pousses infectées où les dards pourraient être passés inaperçus. Les températures entre 21 et 27° C sont la plage optimale favorisant la croissance des bactéries et leur multiplication et ainsi, elles peuvent se répandre aux pousses en pleine croissance par l'effet des éclaboussures de pluie et l'activité des insectes.

Les producteurs doivent continuer à élaguer et à supprimer sans retard les pousses infectées, dans les verges de 10 ans ou moins et particulièrement dans les très jeunes vergers de un à trois ans, s'il n'y a que quelques chicots par arbre. En supprimant les pousses infectées, il est important de couper à au moins 30 à 60 cm (12 à 24 pouces) au-delà de la marge immergée de la pousse infectée, de préférence dans le bois sain de deux ou trois ans. Le bois de deux ans ou plus est plus résistant à l'infection. N'élaguer les chicots atteints par la brûlure bactérienne que si l'on prévoit deux à trois jours consécutifs de temps sec et de faible humidité, de préférence si les températures sont inférieures à 25° C. Si le temps est chaud et humide, il vaut mieux attendre. Maintenant que les bourgeons terminaux sont apparus, les arbres ne produisent plus de pousses tendres et sont moins vulnérables à l'infection. Élaguer plus tard au cours de l'automne est une autre solution. Peu importe le moment où vous élaguez, il vaut mieux désinfecter les outils d'élagage entre chaque coupe en les immergeant dans une solution composée d'une partie de javellisant pour cinq parties d'eau ou dans une solution d'alcool à 60 ou 70 %. Les pousses infectées peuvent être jetées sur les sentiers de circulation, où ils sécheront en moins de quelques jours et cesseront d'être infectieux; ils pourront alors être passés à la tondeuse pour mettre en miettes les pousses infectées.


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