Le scolyte, un mauvais acolyte. Recherches récentes sur les ravageurs agricoles

Les scolytes du bois sont un groupe de ravageurs du bois qui peuvent s'attaquer et faire mourir les jeunes arbres fruitiers et les feuillus de pépinière. Ils constituent un problème naissant dans les pommeraies à haute densité en Ontario. Les espèces les plus courantes posant problème dans les pommeraies aux États-Unis sont le perce-tige noir et le scolyte du bois granuleux, qui ont tous deux été repérés en Ontario. Même si les scolytes du bois s'attaquent habituellement aux arbres subissant un stress physiologique, par exemple inondation, sécheresse, lésions hivernales, ou aux sujets affaiblis par des champignons pathogènes, ils peuvent apparemment s'attaquer à des arbres sains.

Il s'agit d'insectes très petits, environ 2 à 3 mm de longueur. Au printemps, les femelles fécondées quittent leurs sites d'hivernage à la recherche de nouveaux arbres à coloniser. Les femelles percent alors des trous dans le tronc ou les branches pour former des tunnels et des chambres inter-reliées appelées galeries. C'est là qu'elles pondent leurs œufs. Ces insectes fouisseurs ne digèrent pas les tissus ligneux, mais utilisent plutôt un champignon symbiote appelé Ambrosia. Ce champignon est transporté dans la galerie, sur le corps des femelles, et stimule la circulation de la sève sur les parois de la galerie. La sève concentrée est la source de nourriture de la femelle adulte et de sa progéniture. On connaît aux scolytes une vaste gamme d'hôtes et notamment de nombreuses plantes ligneuses. Les arbres près du périmètre des vergers, particulièrement les boisés, sont les peuplements les plus à risque d'attaques par cet insecte. Les signes d'infestation sont notamment des trous de pénétration d'un diamètre de 1 mm, dont coule souvent de la sève, une écorce décolorée ou cloquée et de la poussière de bois sortant des trous où les tunnels ont été creusés.

Actuellement, le seul produit attirant ces insectes est l'alcool éthylique qui agit comme substance sémiochimique, c'est-à-dire qu'il attire l'insecte en raison de sa similitude avec les composés que fabrique un arbre stressé. Les antiparasitaire sous forme de pulvérisation sur les troncs n'ont qu'une efficacité limitée pour ce qui est de réduire les populations d'insectes. À défaut d'insecticides homologués ciblant les femelles colonisatrices, la seule stratégique d'intervention à notre disposition en Ontario est de supprimer les branches et les arbres qui meurent. Puisque les scolytes peuvent terminer leur développement dans le bois récemment coupé, tous les produits d'élagage et les broussailles doivent être brûlés.

Cette année, nous effectuons une surveillance des scolytes dans les pommeraies haute densité afin de mieux connaître les risques que présentent ces ravageurs en Ontario. Nous utilisons des pièges avec appâts à l'éthanol pour suivre les vols de femelles au printemps et nous cherchons les lésions causées par l'insecte dans les régions où nous le trouvons. Cette recherche vise à déterminer les périodes de vol de pointe et l'abondance et la distribution de l'espèce.

Figure 1 : X. germanus PC.

Figure 1 : X. germanus PC. Photo du ministère de la Conservation et des Ressources naturelles de Pennsylvanie - Forestry, Bugwood.org

Figure 2 : Sciure en forme de cure-dents

Figure 2 : Sciure en forme de cure-dents. Photo de Keith Douce, Université de Géorgie, Bugwood.org

Figure 3 : Cicatrice de blessure ancienne due aux infestations de l'année précédente.

Figure 3 : Cicatrice de blessure ancienne due aux infestations de l'année précédente. Photo par Ellen Richard.


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