Mauvaises herbes résistant au glyphosate en Ontario : Propagation par le pollen?

Les mauvaises herbes résistant au glyphosate ne sont pas très d'actualité dernièrement! Depuis l'adoption massive du soya, du maïs et du canola glyphosate tolérant le glyphosate à la fin des années 1990, l'utilisation de ce produit en grande culture a augmenté et les stratégies intégrées de gestion des mauvaises herbes ont régressé. Cette combinaison a créé des systèmes culturaux dotés de fortes pressions de sélection en faveur des caractéristiques de résistance au glyphosate.

En Ontario, il y a quatre espèces confirmées de mauvaises herbes résistant au glyphosate :

  • 2008 - Grande herbe à poux (Ambrosia trifida)
  • 2011 - Vergerette du Canada (Conyza canadensis)
  • 2012 - Petite herbe à poux (Ambrosia artemisiifolia)
  • 2014 - Amarante tuberculée (Amaranthus tuberculatus)

Même si ce n'est pas encore un problème au Canada, l'amarante de Palmer résistant au glyphosate inflige d'énormes dommages aux producteurs de coton aux États-Unis. Dans un article de Sosnoskie et coll. (2012), les auteurs décrivent qu'en moins de trois ans de résistance confirmée, l'amarante de Palmer résistant au glyphosate avait infesté 50 % de la superficie totale productrice de coton (2 millions d'hectares) aux États-Unis.

Comment se fait-il que cela soit arrivé si rapidement?

L'amarante de Palmer est une annuelle dioïque, qui se reproduit par inter-pollinisation. Cela signifie que le pollen voyage d'une fleur mâle à une fleur femelle sur des plants séparés. Il ressort de l'étude de Sosnoskie que l'amarante de Palmer résistant au glyphosate a pu propager la résistance par le pollen aéroporté vers les plants femelles jusqu'à 300 mètres de distance (près de trois terrains de football!). Les plants femelles recevant ce pollen ont produit 21 % de rejetons résistant au glyphosate.

Pourquoi les producteurs ontariens devraient-ils s'inquiéter?

Des quatre espèces de mauvaises herbes résistant au glyphosate confirmées en Ontario, trois sont des espèces à pollinisation croisée (grande herbe à poux, petite herbe à poux et amarante tuberculée). Cela signifie qu'il pourrait y avoir un risque analogue de propagation de la résistance au glyphosate ici en Ontario. La recherche menée à l'Université du Missouri a confirmé que la petite herbe à poux résistant au glyphosate pourrait facilement propager du pollen vers les plants femelles jusqu'à 91 mètres de distance (Dierking, 2011).

Que peuvent faire les producteurs pour stopper la propagation de mauvaises herbes résistant au glyphosate par dispersion du pollen?

  • Procéder à une inspection avant et après l'épandage d'un herbicide.
  • En plus d'un herbicide de contact, en épandre un autre possédant une activité résiduelle.
  • Réprimer 100 % des mauvaises herbes avant la floraison.
  • Appliquer des stratégies intégrées de gestion des mauvaises herbes pendant toute la saison :
    • utiliser des herbicides à modes d'action multiples au cours de la même année;
    • appliquer des méthodes de contrôle culturales (variétés concurrentes, date de plantation);
    • méthodes de répression mécanique (travail du sol);
    • cultures-abris;
    • rotation des cultures.

Bibliographie :

  • Dierking, J. P. 2011. Glyphosate resistance: pollen movement within a common ragweed population and herbicide release from common waterhemp plants. Thèse de maîtrise en sciences, Université du Missouri.
  • Sosnoskie, L. M., T. M. Webster, J. M. Kichler, A. W. MacRae, T. L. Grey et A. S. Culpepper, 2012. Pollen-mediated dispersal of glyphosate-resistance in palmer amaranth under field conditions. Weed Science. 60: 366-373.

Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca