Risque de brûlure bactérienne : Êtes-vous sorti d'affaires?

Les cartes de prévision de la brûlure bactérienne pour l'Ontario ont été actualisées pour la semaine du 27 mai au 2 juin 2016. Puisque le temps chaud devrait se maintenir au cours de la fin de semaine et au début de la semaine qui vient, les conditions sont optimales pour l'infection par la brûlure bactérienne. Les pluies prévues dans nombre de régions cette fin de semaine peuvent, par ruissellement et éclaboussures, injecter la bactérie dans les fleurs et amorcer ainsi le processus d'infection. Selon George Sundin de l'Université d'État du Michigan, les températures propices à la croissance peuvent faire que les populations de bactéries se multiplient à un million de cellules par fleur en un à deux jours. Imaginez à quel point les polinisateurs peuvent propager l'infection dans un verger avec des populations bactériennes comme celles-là!

Les conditions météorologiques prévues ont déclenché, dans le modèle Cougar Blight, des prévisions d'élevées à extrêmes de risque de brûlure bactérienne dans les vergers aux fleurs ouvertes de la majorité des régions productrices de pommes et de poires de la province au cours des sept prochains jours. Certaines des épidémies les plus dévastatrices de brûlure bactérienne du passé se sont produites dans de pareilles conditions météorologiques, même dans des vergers qui n'avaient jamais connu la brûlure bactérienne. Pour les régions précoces qui sont au stade de la chute des pétales, les producteurs devraient surveiller de près avec diligence leurs vergers, car les nouveaux plants sont peut-être en fleurs ou présentent des fleurs secondaires ou en « queue de rat ». Il faut prendre les mesures nécessaires pour supprimer ou protéger les fleurs ouvertes contre l'infection. À ne pas oublier : les antibiotiques (Streptomycine, Kasumine) n'offrent une protection que pendant deux ou trois jours avant la pluie. Ainsi, dans le cas de périodes d'infection prolongées, une pulvérisation subséquente peut être nécessaire.

Vous verrez bientôt si votre travail a valu la peine et a porté fruits (calembour volontaire), s'il y a des symptômes de brûlure bactérienne. Surveillez vos vergers pour dépister les chicots, ou les caractéristiques « crosses de berger » (figure 1) chaque semaine jusqu'à l'établissement des bourgeons terminaux.

Figure 1. Les chicots infectés par la brûlure bactérienne forment un « J » ou « crosse de berger » à l'extrémité.

Figure 1. Les chicots infectés par la brûlure bactérienne forment un « J » ou « crosse de berger » à l'extrémité.

Vous ne savez pas quoi faire si vous découvrez la présence de brûlure bactérienne?

Michael Celetti, phytopathologiste du MAAARO, a affiché quelques conseils utiles pour supprimer les chicots attaqués par la brûlure bactérienne, en 2015. Voici quelques points clés :

  • Procéder tôt à une taille pour éliminer les infections, mais seulement s'il n'y a que quelques chicots par arbre.
  • Une taille excessive peut stimuler la croissance, ce qui risque d'aggraver la situation.
  • Couper à au moins 30 cm au-delà de la marge humide de la pousse infectée (figure 2).
  • Ne tailler les chicots que s'il y a deux ou trois jours consécutifs de faible humidité, aux températures inférieures à 25? C.
  • Éviter la propagation de la brûlure bactérienne; ne pas traîner les matériaux infectés dans le verger.

Figure 2. Frange visible de l'infection par la brûlure bactérienne; en dessous, les tissus semblent sains.

Figure 2. Frange visible de l'infection par la brûlure bactérienne; en dessous, les tissus semblent sains.

Où commencer lorsque la brûlure bactérienne a frappé votre verger?

La méthode du « triage » proposée par David Rosenberger de l'Université Cornell est un bon guide décisionnel, donnant la liste des secteurs de votre verger qui doivent recevoir la plus haute ou la plus faible priorité :

  1. Jeunes vergers (<8 ans) ne comptant que peu de chicots
  2. Jeunes vergers (<8 ans) comptant beaucoup de chicots
  3. Vergers plus anciens comptant quelques chicots
  4. Vergers comptant tellement de chicots que la majorité des arbres seraient enlevés (le groupe « déception »)

Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca