Quel est l'activité de votre sol? Essayez le test des sous-vêtements.

Les sous-vêtements souillés ont pris une signification toute nouvelle dans mon univers, où règnent décrépitude et saleté. En juin, j'ai planté dans le sol quelque chose que je n'avais jamais envisagé enfouir : sept slips de coton pour hommes.

La biologie des sols peut être un domaine difficile à étudier, à mesurer et à enseigner. Il existe divers outils et diverses méthodes utilisables pour évaluer la biologie du sol mais, en règle générale, cela ne donne pas de matériel d'extension intéressant ou stimulant. Tout cela a changé lorsque moi-même et Anne Verhallen, spécialiste en gestion des sols du MAAARO, avons entendu une exposé à une réunion du Midwest Cover Crop Council. En utilisant l'épreuve du coton, soit un moyen de mesurer la biologie du sol à l'aide de coupons de coton comme base principale, le chercheur a placé des slips tout coton pour hommes dans le sol et les a retirés après une certaine période déterminée pour mesurer l'activité biologique. Dans l'épreuve du coton, on utilise des carrés de coton de dimensions précises servant de « nourriture » aux organismes du sol. Dans les sols où l'activité biologique est plus intense, il resterait moins de coton à l'enlèvement des pièces de tissu. Même si cela peut s'avérer un excellent outil pour illustrer et comparer l'activité biologique de champs gérés de façons différentes, cela demeure un peu terne. Toutefois, il suffit de remplacer les carrés de coton par des slips de coton et tous sont intéressés, moi comprise.

Figure 1 : Enfouissement d'un slip de coton pour la tenue d'un test à Ridgetown.

Figure 1 : Enfouissement d'un slip de coton pour la tenue d'un test à Ridgetown.

Le 10 juin 2015, j'ai enfoui quatre slips neufs pour hommes, taille « petit » tout coton (sauf la ceinture élastique) dans des parcelles de culture en rotation/travail du sol à long terme au campus de Ridgetown (figure 1). J'ai également coupé un slip en deux, enfouissant chaque moitié devant la parcelle d'essai afin de pouvoir déterrer le slip « test » afin de calculer combien de temps laisser les sous-vêtements dans le sol. Chaque slip a été enfoui dans une parcelle de soya, à une profondeur suffisante pour être entièrement couvert par le sol (sauf l'élastique de la ceinture, afin de pouvoir facilement extraire le slip). Nous avons alors laissé les slips pendant deux mois, sans y toucher, et ensuite, je les ai sortis de terre, ou du moins ce qui en restait! Comme l'illustre la figure 2, les différences étaient nettes entre les quatre slips, selon l'endroit où ils avaient été enfouis. La détérioration du slip était proportionnelle à l'intensité de l'activité biologique.

Figure 2 : De gauche à droite, slips de coton déterrés après deux mois d'enfouissement dans a) une parcelle de rotation maïs-soya-blé + trèfle rouge sans travail du sol, b) parcelle de soya sans travail du sol, c) parcelle de rotation maïs/soya à travail du sol classique et d) parcelle de soya sans rotation à travail du sol classique.

Figure 2 : De gauche à droite, slips de coton déterrés après deux mois d'enfouissement dans a) une parcelle de rotation maïs-soya-blé + trèfle rouge sans travail du sol, b) parcelle de soya sans travail du sol, c) parcelle de rotation maïs/soya à travail du sol classique et d) parcelle de soya sans rotation à travail du sol classique.

Si vous m'avez bien suivie, vous vous souviendrez que j'ai dit avoir enfoui sept sous vêtements. Jusqu'à maintenant, j'ai mentionné le slip « test » et quatre autres dans les parcelles à travail du sol/culture en rotation. Les deux derniers ont fait un petit voyage avec moi jusqu'à Merlin (Ontario) où un agriculteur de la région, Blake Vince, était plus qu'empressé et désireux d'avoir des slips enfouis dans son champ!

Nous avons enfoui un slip dans son champ, où il n'y avait pas eu de travail du sol pendant au moins 30 ans, et une excellente rotation avec abondance de recours aux cultures-abris. L'autre slip a été enfoui de l'autre côté de la route, dans un champ à travail du sol classique sans culture-abri. Encore là, nous avons laissé les deux caleçons vieillir pendant deux mois et sommes revenus les déterrer.

Il ressort nettement de la figure 3 que la plus grande partie du coton du slip enterré dans le champ de blé avait disparu, ce qui laisser présumer une activité biologique accrue dans ce champ comparativement aux champs à travail du sol classique. Vous pouvez également nous voir, Blake et moi, déterrer le slip sur Youtube : Soil Biology "The Cotton Test" Ontario Canada (en anglais seulement) et Soil Biology "The Cotton Test" Ontario Canada, vidéo 2 (en anglais seulement).

Figure 3 : Slips retirés d'un champ à travail du sol classique (à gauche) et du champ bien géré de Blake Vince (à droite)

Figure 3 : Slips retirés d'un champ à travail du sol classique (à gauche) et du champ bien géré de Blake Vince (à droite)

Tant à Ridgetown qu'à Merlin, ce qu'il restait des slips allait de plutôt intact et portable à presque inexistant. Même si ce test ne sera probablement jamais utilisé dans la documentation scientifique comme moyen précis de mesurer l'activité biologique du sol, mais j'adorerais voir un article scientifique sur le sujet, cela offre aux spécialistes en vulgarisation une façon stimulante, intéressante et visuelle pour faire la démonstration de la santé et de la biologie du sol.


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