Une meilleure couverture grâce aux bras tombants dans la culture de plein champ du poivron

Un fournisseur agricole a communiqué avec nous au début de juillet au nom d'un client ayant depuis longtemps des problèmes de lutte contre la maladie dans la culture de plein champ du poivron. Il voulait que nous étalonnions les pulvérisateurs et portions un diagnostic de couverture pour voir s'il y avait possibilité d'apporter des améliorations. Il faut dire que la couverture n'est pas gage d'efficacité, mais que c'est généralement un indicateur fiable. À notre arrivée dans le champ, les vents étaient de plus de 15 km/h, ce qui risquait de créer un grave problème de dérive. Nous ne pulvérisions que de l'eau, de sorte que nous avons décidé que si nous pouvions parvenir à une couverture décente dans ces conditions, il n'y aurait aucune inquiétude à se faire dans une zone aux conditions de pulvérisation acceptables.

Le producteur apportait habituellement deux réglages différents sur son pulvérisateur. Il s'agissait de volumes relativement faibles pour une exploitation légumière, mais la récolte était encore petite à ce stade (figure 1), de sorte que nous n'avons pas proposé d'augmentation du débit :

1. Centres TeeJet AITX 11008 à 50 cm (20 po) à 11,25 km/h (7 m/h) et 3,44 bars (50 lb/po2). Cela donne 3,35 L/min (0,89 gallon/minute) par buse pour un débit total de 350 L/ha (37,5 gallons/acre).

2. Centres TeeJet ConeJet TXVK18 à 50 cm (20 po) à 7 km/h (4,5 m/h) et 3,44 bars (80 lb/po2). Cela donne 1,6 L/min (0,42 gallon/minute) par buse pour un débit total de 275 L/ha (29,5 gallons/acre).

Champ de poivrons du Sud de l'Ontario à la mi-juillet

Figure 1 - Champ de poivrons du Sud de l'Ontario à la mi-juillet

Pour procéder à un essai de couverture avec ces réglages, nous avons plié un morceau de papier buvard sur une feuille afin de couvrir le dessus et le dessous et en avons enveloppé une autour d'un tube creux pour imiter la tige d'une plante (figure 2). Trois plants ont été munis de papier pour chaque passage du nébuliseur. Nous avons recueilli les papiers, fait une numérisation sur ordinateur et analysé le pourcentage de couverture et la densité des gouttelettes. Dans le diagnostic de couverture, en horticulture, une répartition de 85 gouttelettes moyennes par centimètre carré et une couverture de 10 à 15 % constitue une norme raisonnable dans la majorité des cas.

Localisation des papiers buvards sur place

Figure 2 - Localisation des papiers buvards sur place

La première condition (les buses AITX) a donné une couverture moyenne de 17 % sur la face supérieure des feuilles (37 gouttes/cm2). Il s'agissait de gouttelettes assez grosses, ne s'appliquant donc pas à la cible de 85 gouttes/cm2, mais la distribution semble égale. Toutefois, il n'y avait aucun dépôt décelable sur le dessous des feuilles (figure 3). Ce n'est pas étonnant, car ce sont des gouttelettes très grosses qui tendent à se déplacer directement vers le bas, ce qui n'est pas propice à une couverture de la face inférieure des feuilles.

Papiers buvards de trois plants nébulisés dans la condition 1. Le pourcentage de couverture et la densité des gouttelettes sont calculés pour les feuilles et les tiges sont inspectées visuellement.

Figure 3 - Papiers buvards de trois plants nébulisés dans la condition 1. Le pourcentage de couverture et la densité des gouttelettes sont calculés pour les feuilles et les tiges sont inspectées visuellement.

La deuxième condition (buse ConeJets) a donné une meilleure couverture. Les fines gouttelettes générées ont donné une couverture moyenne de 17,5 % pour une répartition de 99 gouttelettes/cm2 sur la face supérieure et une couverture de 23 % et une répartition de 185 gouttelettes/cm2 sur la face inférieure. Nous avons constaté une amélioration de la couverture panoramique des tiges également (figure 4). C'est une excellente couverture, mais les gouttelettes, en raison de leur finesse, favorisaient la dérive (figure 5). Sans quelque méthode de contrôle de la dérive, cette configuration n'est pas souhaitable.

Papiers buvards de trois plants nébulisés dans la condition 2. Le pourcentage de couverture des feuilles et la densité des gouttelettes sont calculés et les tiges sont inspectées visuellement.

Figure 4 - Papiers buvards de trois plants nébulisés dans la condition 2. Le pourcentage de couverture des feuilles et la densité des gouttelettes sont calculés et les tiges sont inspectées visuellement.

Sans méthode de contrôle de la dérive, les fines gouttelettes produites par les cônes creux donnent une dérive inacceptable de la pulvérisation, même par vent modéré.

Figure 5 - Sans méthode de contrôle de la dérive, les fines gouttelettes produites par les cônes creux donnent une dérive inacceptable de la pulvérisation, même par vent modéré.

Cela nous a amenés à proposer une configuration de rampe peu orthodoxe. Nous avons paramétré un épandage dirigé du mélange de nébulisation à l'aide de cônes creux au-dessus de la rangée (la buse ConeJet initiale du producteur) et un bras tombant dans chaque allée où étaient suspendus deux buses à jet plat TeeJet XR 8004 (figure 6). Nous n'avons pas utilisé de soufflante à induction d'air pour éviter une nébulisation en très grosses gouttelettes et avons retenu 80 ° au lieu de 110 ° pour éviter que le jet soit trop long ou trop court.

Buse ConeJet TXVK18 en alternance avec gouttelettes de TeeJet XR 8004.

Figure 6 - Buse ConeJet TXVK18 en alternance avec gouttelettes de TeeJet XR 8004.

3. Centres TeeJet ConeJet TXVK-18 à 100 cm (40 po) à 7 km/h (4,5 m/h) et 3,44 bars (80 lb/po2). Cela donne 1,6 L/min (0,42 g/m) par buse. De plus, deux buses de centre TeeJet XR 8004 par bras tombant à 100 cm (40 po) à 7 km/h (4,5 m/h) et 3,44 bars (80 lb/po2). Cela donne ~4,5 L/min (1,2 g/m) par bras tombant. Globalement, l'ensemble de buses donne un débit total de 523 L/ha (56 g/a).

Cette configuration a augmenté considérablement le volume et dirigé la pulvérisation directement sur les côtés du plant. La couverture était excessive et, dans quelques cas, dépassait ce que le logiciel de diagnostic pouvait résoudre de façon fiable. La densité des gouttelettes dans cette illustration est probablement une sous-estimation. Il suffit de dire que la couverture était plus que suffisante (figure 7). Puisque les plants étaient encore petits à ce stade, il a été décidé de les laisser croître pour atteindre leur taille normale et de revenir pour vérifier la couverture lorsqu'ils auront atteint leur pleine taille.

Papiers buvards de trois plants nébulisés dans la condition 3. Le pourcentage de couverture et la densité des gouttelettes sont calculés pour les feuilles et les tiges sont inspectées visuellement.

Figure 7 - Papiers buvards de trois plants nébulisés dans la condition 3. Le pourcentage de couverture et la densité des gouttelettes sont calculés pour les feuilles et les tiges sont inspectées visuellement.

Lorsque je suis revenu à la mi-août, les plants avaient atteint leur maturité (figure 8).

Les mêmes plants de poivrons ~5 semaines plus tard avaient plus que doublé de taille.

Figure 8 - Les mêmes plants de poivrons ~5 semaines plus tard avaient plus que doublé de taille.

Dans ce dernier essai de couverture, j'ai ajouté un deuxième papier buvard sur chaque plant pour augmenter la hauteur du couvert végétal, qui avait connu une croissance considérable (figure 9).

Pulvérisation avec bras tombants à la mi-août.

Figure 9 - Pulvérisation avec bras tombants à la mi-août.

Nous avons constaté que la couverture était considérablement réduite par rapport à la situation qui prévalait en juillet, mais elle semblait suffisante sur la majorité des surfaces (figure 10). D'après les papiers buvards, la couverture de la face supérieure des feuilles était de 63 % à hors-échelle et la répartition des gouttelettes, de 137 gouttelettes/cm2 à hors-échelle. La couverture de la surface inférieure des feuilles était grandement diminuée, à 4 à 4,5 % et à 36-90 gouttes/cm2. La couverture panoramique des tiges était au plus minimale. Je soupçonne que des débits plus élevés auraient donné une amélioration.

Les papiers buvards de trois plants nébulisés dans la condition 3, ~5 semaines plus tard. Le pourcentage de couverture et densité des gouttelettes sont calculés pour les feuilles et les tiges sont inspectées visuellement.

Figure 10 - Les papiers buvards de trois plants nébulisés dans la condition 3, ~5 semaines plus tard. Le pourcentage de couverture et densité des gouttelettes sont calculés pour les feuilles et les tiges sont inspectées visuellement.

Interrogé à propos des bras tombants, le producteur a précisé : « Ils sont plutôt gênants, car il faut plus de temps pour les installer, ils s'emmêlent dans les broussailles à l'arrière du champ. Par contre, s'ils augmentent notre couverture, cela vaut l'effort supplémentaire. »

Même si l'ajout de bras tombants à un pulvérisateur de grande culture n'est peut-être pas la façon la plus classique d'augmenter la couverture de nébulisation, cela peut valoir la peine d'essayer s'il y a des problèmes d'efficacité. Vous devez réfléchir soigneusement aux volumes utilisés, car ils doivent rendre compte de l'ampleur de la couverture végétale que vous essayez de protéger. Le papier buvard donne d'excellents indices qui vous aident à décider si vous obtenez une couverture acceptable en fonction du volume, des débits des buses et de la position de celles-ci.


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