Les cultures de couverture préférées des pollinisateurs

Vous souhaitez améliorer les habitats des pollinisateurs sans favoriser les mauvaises herbes? Cet été, au Canada's Outdoor Farm à Woodstock, en Ontario, nous avons fait l'expérience d'une solution naturelle et exempte d'herbicide pour répondre à la fois aux préférences des pollinisateurs et au besoin d'éliminer les mauvaises herbes nuisibles qui poussent entre les rangées de nos précieuses cultures.

Différentes combinaisons de plantes à fleurs ont été semées entre des rangées d'érables à sucre, de maïs sucré, de sainfoin et de saules à courte rotation ou parmi ces cultures. Les espèces florifères qui ont été contre-ensemencées étaient surtout du sarrasin, du trèfle rouge, de la rudbeckie hérissée et des marguerites. Bien que quelques plants appartenant à d'autres espèces se soient glissés parmi ces fleurs, les espèces énumérées ont fait de l'excellent travail en occupant la superficie voulue et en repoussant ainsi la plupart des espèces de mauvaises herbes. Ce fut particulièrement le cas du sarrasin et du trèfle rouge.

Figure 1: Maïs sucré avec sarrasin à droite et rudbeckie hérissée et marguerites à gauche.

Figure 1: Maïs sucré avec sarrasin à droite et rudbeckie hérissée et marguerites à gauche.

Les cultures de couverture sont appréciées pour trois raisons principales. D'abord, leur utilisation comme moyens de lutte naturels élimine la nécessité d'avoir recours à des méthodes de lutte plus radicales. En favorisant la compétition naturelle entre différentes espèces végétales, on contribue à éliminer ou à réduire les espèces indésirables, sans introduire de substances nuisibles dans un écosystème qui serait autrement sain. Certaines espèces, comme le trèfle rouge, améliorent même l'état du sol, non seulement parce qu'elles diminuent l'utilisation de produits chimiques, mais parce qu'elles fixent aussi l'azote.

Deuxièmement, les cultures de couverture sélectionnées, comme celles qui ont été utilisées à cette exposition agricole contribuent grandement à attirer de nombreuses populations de pollinisateurs en fournissant du nectar, du pollen et la possibilité de butiner.

Troisièmement, ces mesures facilitent la lutte contre les mauvaises herbes, car au moment où vous souhaitez faucher ou éliminer la culture de couverture, vous disposez de superficies sur lesquelles de nombreuses espèces de mauvaises herbes ne se trouvent pas. Quand la culture de couverture est fauchée ou éliminée, la superficie dégagée ne sera donc pas recouverte d'une masse de mauvaises herbes comme un terrain sauvage ou non entretenu. En d'autres mots, la nature fait le travail à votre place.

Dans nos parcelles, des fauches régulières des cultures de couverture entourant le maïs ont permis de s'assurer que la croissance de ce dernier n'était pas atténuée par les cultures de couverture. Ces fauches étaient grandement facilitées lorsqu'il s'agissait uniquement de sarrasin ou de trèfle rouge, lesquels éliminaient tous les autres compétiteurs autour du maïs. De plus, la vigueur du maïs sucré était étroitement surveillée afin de s'assurer d'obtenir un équilibre idéal entre le prolongement des avantages écologiques procurés par la culture de couverture et les rendements économiques visés pour le maïs.

Les cultures de couverture contribuent à la biodiversité d'une manière évidente et presque immédiate. Les photos de l'expo agricole montrent qu'une grande variété d'espèces utilise les cultures de couverture comme sources de nourriture et d'habitat. Parmi les espèces observées en un seul après-midi, on note trois lépidoptères et trois hyménoptères sur des plantes qui auraient été autrement considérées comme des mauvaises herbes et qui rendent maintenant de véritables services sur le plan économique et écologique.

Figure 2. Le sarrasin évince toutes les mauvaises herbes au sol entre un jeune mélèze laricin et un pin. utilisés comme brise-vent; trèfle rouge qui domine les superficies entre des robiniers faux-acacia de quatre mètres qui peuvent aussi servir de brise-vent ou être transformés en piquets de clôture solides et très résistants quand ils sont assez larges, ce qui prend peu de temps pour ces arbres à croissance rapide.

Figure 2. Le sarrasin évince toutes les mauvaises herbes au sol entre un jeune mélèze laricin et un pin. utilisés comme brise-vent; trèfle rouge qui domine les superficies entre des robiniers faux-acacia de quatre mètres qui peuvent aussi servir de brise-vent ou être transformés en piquets de clôture solides et très résistants quand ils sont assez larges, ce qui prend peu de temps pour ces arbres à croissance rapide.

Figure 3. Lépidoptères hautement visibles, une noctuelle du chou, une cténuche de Virginie et, en haut, un papillon vice-roi qu'on confond facilement avec l'iconique monarque.

Figure 3. Lépidoptères hautement visibles, une noctuelle du chou, une cténuche de Virginie et, en haut, un papillon vice-roi qu'on confond facilement avec l'iconique monarque.

Figure 4. Tous les hyménoptères pollinisateurs classiques : guêpe jaune, abeille mellifère et bourdon.

Figure 4. Tous les hyménoptères pollinisateurs classiques : guêpe jaune, abeille mellifère et bourdon.

Pour en savoir davantage sur les méthodes visant à favoriser les pollinisateurs :

Pour plus d'information sur les cultures de couverture :


Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca