La mouche de la pomme dans les vergers de fruits à pépins

Nous approchons à grands pas du moment de l'année où la mouche de la pomme fera de nouveau l'objet de toute notre attention. Cet insecte est un ravageur entraînant des pertes économiques importantes en pommes dans le nord-est de l'Amérique du Nord. En se préparant dès maintenant pour le retour inévitable de la saison de la mouche de la pomme, les cultivateurs pourront protéger efficacement leurs cultures.

Il y avait, l'année dernière, une population plus importante que la normale de mouches de la pomme, avec des pièges où l'on a retrouvé, dans certaines régions de la province, plus de 100 adultes. Au moment de la récolte, les effectifs étaient toujours nombreux (figure 1).

Figure 1 : Données sur le piégeage des mouches de la pomme durant les cinq dernières années dans le comté de Norfolk

Figure 1 : Données sur le piégeage des mouches de la pomme durant les cinq dernières années dans le comté de Norfolk (Norfolk Fruit Growers Association). (version texte)

Compte tenu des restrictions à l'importation dans certains pays, l'Ontario fait montre d'une tolérance zéro vis-à-vis de ce ravageur. Une lutte efficace commençant par la compréhension de la biologie de cet insecte nuisible est donc vitale.

Biologie

Les adultes commencent à émerger des pupes dans le sol début juin, un phénomène qui se poursuit jusqu'en septembre. L'effectif des adultes atteint un pic en août. L'humidité du sol se répercute fortement sur l'émergence et lorsque l'humidité n'est pas adéquate, les pupes peuvent rester dans le sol jusqu'à ce que les conditions s'améliorent lors de la prochaine saison de croissance.

Les femelles peuvent pondre jusqu'à 300 œufs durant leur courte vie de 30 jours. La mouche de la pomme femelle perce la peau du fruit avec son ovipositeur et pond les œufs dans le fruit en croissance sous la peau. Les œufs éclosent dans un délai de 3 à 7 jours et la larve s'enfonce dans le fruit en se nourrissant de sa pulpe. Lorsque les larves se sont nourries pendant trois à quatre semaines dans des pommes, les fruits les plus infestés tombent sur le sol et commencent à se décomposer. La décomposition du fruit est nécessaire pour que la larve puisse mener à bien son cycle de vie : les mouches de la pomme ont un taux de survie inférieur lorsque le fruit reste accroché à l'arbre. Les larves présentes dans un fruit tombé à terre vont en sortir, creuser un tunnel dans le sol, effectuer la pupaison, puis entrer, jusqu'à la saison suivante, dans un stade de repos appelé diapause. En général, en Ontario, une seule génération de mouches de la pomme, restant actives jusqu'au premier gel sérieux, émerge annuellement.

Les adultes migrent généralement dans les vergers en provenance d'hôtes à l'état naturel entourant les arbres du verger. Ils passent les 7 à 10 premiers jours de leur vie adulte dans ces hôtes des alentours et ne pénètrent dans le verger qu'une fois atteinte leur maturité sexuelle à la recherche d'un partenaire d'accouplement et de pommes où pondre leurs œufs.

Dommages

Les dommages causés par la mouche de la pomme se produisent de deux façons : tout d'abord par l'entremise de la femelle durant l'oviposition, puis par l'entremise de la larve fouisseuse. Les femelles adultes endommagent le fruit lorsqu'elles pondent les œufs sous sa peau, un phénomène qui aboutit à des piqûres exercées par l'ovipositeur à la surface du fruit. Les piqûres produites par l'ovipositeur font penser à une piqûre d'épingle qui fonce avec le temps et finit par s'accompagner d'une petite dépression (figure 2). Les larves creusent alors des tunnels à l'intérieur du fruit, entraînant la détérioration et l'altération de la couleur de la chair (figure 3). Les tunnels d'alimentation des larves s'agrandissent au fur et à mesure qu'elles grossissent; de plus, ils constituent des points d'entrée pour des champignons pathogènes en mesure d'accélérer la pourriture du fruit. Les fruits lourdement infestés pourrissent alors complètement.

Les variétés de pommes les plus précoces sont souvent les plus infestées.

Figure 2. Piqûre d'ovipositeur sur un fruit

Figure 2. Piqûre d'ovipositeur sur un fruit

Figure 3. Dommages internes produits par l'alimentation des larves de la mouche de la pomme

Figure 3. Dommages internes produits par l'alimentation des larves de la mouche de la pomme

Lutte (nouveau produit!)

Une lutte efficace contre ce ravageur demande une surveillance adéquate la plus rapide possible. Les pièges à mouches de la pomme doivent être placés avant la fin juin afin de capturer les premiers adultes. Il est essentiel, pour une application adéquate d'insecticide, de déterminer le stade de vie de l'insecte nuisible. La surveillance peut s'effectuer de différentes façons : avec des pièges collants jaunes, des sphères collantes rouges, des appâts ou une combinaison de ces trois possibilités. Les pièges collants jaunes attirent les mouches adultes qui pensent qu'il s'agit d'une source possible de nourriture. Les sphères rouges collantes imitent une pomme mûre et sont efficaces pour détecter les mouches de la pomme lorsqu'elles sont encore relativement peu nombreuses.

Placez les pièges, séparés de 90 m, dans des arbres en bordure du verger à proximité de zones boisées, au niveau des yeux, entourés de fruits et de feuillages. Il faut contrôler les pièges deux fois par semaine. Les mouches de la pomme adulte se distinguent d'autres espèces par les bandes sombres qui forment un F caractéristique sur les ailes (figure 4).

Figure 4. Aspect des ailes de la mouche de la pomme et des espèces proches

Figure 4. Aspect des ailes de la mouche de la pomme et des espèces proches

Il faut appliquer des pulvérisations d'insecticide 7 à 10 jours après la première capture d'une mouche de la pomme adulte et effectuer d'autres applications à intervalles de 14 à 21 jours. Si les pièges comportent encore un nombre de prises élevé, cet intervalle devra être raccourci.

Le calendrier de lutte contre la mouche de la pomme coïncide habituellement avec celui de la lutte contre le carpocapse de la pomme, un seul insecticide permettant souvent de lutter contre ces deux insectes nuisibles. Toutefois, de nouveaux produits chimiques (Altacor, Delegate) offrant un moyen de lutte efficace contre le carpocapse de la pomme ne permettent d'éradiquer la mouche de la pomme que dans les vergers les moins touchés.

Le TwinGuard est un nouvel insecticide destiné à l'éradication de la mouche de la pomme mentionné dans le supplément à la publication 360 du MAAARO, Guide de la culture fruitière 2014-2015. On recommande une dose de 500 g/ha 7 à 10 jours après la capture du premier adulte.

Des pulvérisations des limites du verger avec des insecticides organophosphatés peuvent s'avérer suffisantes pour lutter contre les adultes en les empêchant de pénétrer dans le verger à partir des hôtes sauvages environnants. Si l'on continue à capturer un grand nombre d'insectes dans les pièges ou si des dommages sont repérés dans le verger, un programme de pulvérisation couvrant tout le verger devra reprendre.

Surround (argile de kaolin) peut également se montrer efficace dans la lutte contre la mouche de la pomme. L'épandage doit se faire avant l'émergence des adultes et la couverture du verger doit être maintenue aussi longtemps que des mouches continuent à être capturées.

Les mesures d'assainissement susceptibles d'aider à la lutte contre la mouche de la pomme comprennent la suppression des fruits restant après la récolte, ce qui empêchera toutes les larves de sortir des fruits infestés et de se livrer à la pupation dans le sol, et l'élimination des hôtes de substitution dans un rayon de 100 m autour du verger. Les larves vivantes présentes dans les pommes récoltées peuvent être tuées si les fruits sont stockés à des températures inférieures à 5 °C pendant huit semaines.

La saison de la mouche de la pomme approche à grands pas et c'est le bon moment pour commencer à planifier votre programme de lutte pour toute l'année!


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