Dommages causés par le gel dans les fruits tendres et les raisins

Les dommages causés par le gel les 22 et 23 mai derniers sont une source d'inquiétude pour bien des producteurs ces jours-ci. Dans les fruits tendres et les raisins, on commence à observer des signes de destruction des fleurs et des fruits quand les températures descendent juste au-dessous de zéro. Dans les poires, ces signes sont visibles à -2 °C; dans les abricots, à -3 °C quand ils sont en pleine floraison et au stade des collerettes, et à -2 °C au stade du fruit vert; dans les pêches, à -3 °C en pleine floraison et à -2 °C après la floraison; dans les prunes, à -2 °C en pleine floraison et après la floraison; dans les cerises douces et acides, à -2 °C en pleine floraison et après la floraison. Dans le cas des raisins, on observe certaines variations dans les sensibilités aux températures froides printanières selon les variétés : dans le Pinot Noir, on commence à voir des dommages à -2 °C au débourrement et à la deuxième feuille déployée et à -1 °C au stade quatre feuilles déployées.

Dans certaines régions où les températures sont tombées sous le point de congélation, les dommages dus au gel ont été variables sur les fruits tendres et les endroits où la circulation d'air pourrait être améliorée sont faciles à identifier. Des éoliennes ont permis d'atténuer certains dommages dans la région de Niagara et le comté de Norfolk. La plupart des vignes à raisins dans le comté Prince Edward ont été frappées par le gel, même les vignobles qui étaient dotés d'éoliennes, aux endroits où les températures minimales sont descendues jusqu'à -3 °C et -5 °C.

Il se peut qu'on ne puisse pas constater l'ampleur des dommages sur les inflorescences et les petits fruits avant deux ou trois jours après l'épisode de gel. On pourra mieux évaluer la gravité des dommages après la chute de juin, où l'on sera davantage en mesure d'observer le roussissement et la déformation des fruits ainsi que les anneaux de gel (figure 1), la réduction du nombre de pépins et la chute des fruits. On pourra observer des anneaux de gel sur les poires causés par les pétales morts. On pourra aussi voir des pêches et des nectarines qui n'atteignent que la taille d'une noix à maturité. Il est important de tenir compte des dommages dus au gel au moment de l'éclaircissage et dans le cadre du programme antiparasitaire

Figure 1. Anneau de gel sur des poires

Figure 1. Anneau de gel sur des poires

Dans le cas des raisins, la destruction de la première pousse peut entraîner le développement d'un bourgeon secondaire; toutefois, les pousses secondaires ne produisent pas autant de fruits (figure 2). On peut obtenir jusqu'à 50 % d'une récolte normale à partir des pousses secondaires. Une taille plus tardive peut atténuer les effets d'un gel tardif à l'avenir. Le débourrement est plus hâtif dans le cas des plants taillés. On peut aussi effectuer une double taille dans le cas d'une taille courte raccourcie à 5 à 8 yeux. Une fois les risques de gel passés ou que les bourgeons inférieurs ont commencé à débourrer, raccourcir à deux yeux.

Figure 2. Dommage dû au gel sur une pousse maîtresse de vigne à raisins.

Figure 2. Dommage dû au gel sur une pousse maîtresse de vigne à raisins.

En présence de dommages causés par le gel dans un verger ou un vignoble, il est conseillé de prendre le temps de constater les effets du gel dans les zones basses, autour des bâtiments, des brise-vent et d'observer les régimes de circulation d'air. Afin d'atténuer les risques de dommages, choisir des variétés à floraison plus tardive, installer des ventilateurs contre les gelées, des dispositifs pour le drainage de l'air froid, des arroseurs et brûler du foin.


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