Avant de planter, pensez aux résidus d'herbicide

En préparant les semis, arrêtez-vous un instant pour réfléchir à savoir quel champ il faudra planter ou quels sont ses antécédents en matière d'herbicides. Si vous menez une exploitation mixte, soit grande culture et horticulture, il faudra être extrêmement prudent dans la rotation des cultures. Les résidus et rémanences d'herbicides peuvent poser un véritable problème, peut-être pas chaque année, mais lorsque cela se produit, c'est toujours à l'improviste. Par exemple, si l'année est extrêmement humide ou extrêmement sèche ou si le pH du sol est élevé ou faible, les rémanences de divers types d'herbicides peuvent être plus prononcées. La quantité de résidus d'herbicide dans le sol est directement liée aux propriétés du produit, au type de sol, ainsi qu'aux facteurs climatiques.

En cas d'incertitude, il vaut toujours mieux faire un essai de titrage des résidus. La façon la plus facile et la plus économique est de mener une bioanalyse du sol. Celle-ci peut être effectuée par un laboratoire (voir le tableau 4-4, Restrictions (rotation des cultures et pH du sol) - grandes cultures, publication 75 du MAAARO, Guide de lutte contre les mauvaises herbes) ou par quiconque, y compris vous-même ou votre consultant.

Les bioanalyses sont de deux types : les bioanalyses en champ et les bioanalyses intérieures. Dans le premier cas, pour procéder adéquatement :

  1. Plantez une ou plusieurs bandes d'une espèce sensible à l'herbicide soupçonné, à plusieurs endroits du champ visé, aussi près que possible du moment des semis, pour obtenir des résultats plus précis. Choisissez un endroit où vous êtes presque sûr qu'il y a des résidus, ainsi qu'un autre qui peut servir de témoin.
  2. Avant de planter la culture, laissez aux plants d'essai le temps de croître et de présenter des symptômes de blessures provenant de résidus d'herbicide.

Pour respecter les dates appropriées de plantation des semis, il vous faudra peut-être mener une bioanalyse intérieure auparavant. Pour que cette bioanalyse soit menée en bonne et due forme :

  1. Recueillez des échantillons de sol - Avant les semis, prélevez des échantillons représentatifs du sol, à 6 pouces (15 cm) de profondeur dans le champ visé. Dans un champ de 15 à 20 acres, il faut prendre de 15 à 20 carottes de sol et les combiner pour obtenir un échantillon composite. Pour une bioanalyse plus précise, divisez chaque carotte en deux échantillons distincts, de 0 à 3 pouces pour le premier et de 3 à 6 pouces pour le second. Prenez aussi des échantillons distincts de secteurs où vous soupçonnez un excès de résidus, par exemple les points de virage du pulvérisateur et/ou les pourtours du champ.
  2. Vérifiez les échantillons - Prélevez des échantillons dans un secteur où, à votre avis, il ne devrait pas y avoir de résidus. Le prélèvement peut être fait dans n'importe quelle zone non traitée à proximité.
  3. Mélangez les échantillons - Au besoin, faites sécher le sol à l'air. S'il y a des mottes, écrasez-les (en particules plus petites qu'un pois). Si le sol contient beaucoup d'argile, ajoutez-y du sable ordinaire (50 % en volume) pour en améliorer l'état physique. Dans ce cas, il faut bien mélanger le sable et le sol.
  4. Remplissez des contenants - Remplissez des contenants (boîtes de conserve ou cartons de lait) du sol de l'échantillon témoin, de 0 à 3 pouces et de 0 à 6 po. Remplissez au moins deux contenants avec chacun des échantillons de sol. Assurez-vous de percer un trou au fond des contenants pour faciliter l'écoulement de l'eau.
  5. Semez l'espèce sensible - Semez les graines de l'espèce sensible dans tous les contenants et prévoyez assez de temps pour permettre la croissance des plants d'essai et l'apparition des symptômes causés par les résidus d'herbicide.

Ces bioanalyses peuvent être effectuées pour n'importe quel type d'herbicide si son mode d'action est connu.

Mesures correctives en cas de présence de résidus d'herbicide

Si l'épreuve de laboratoire ou la bioanalyse indique la présence possible de résidus d'herbicide, plusieurs mesures sont possibles :

  1. Sélectionnez d'abord une culture ou une variété tolérante à l'herbicide. Ce choix dépend du produit considéré. Vérifiez l'étiquette.
  2. Labourez le champ. Le labour peut contribuer à diluer l'herbicide.
  3. Ensemencez en dernier le champ visé. En retardant l'ensemencement, vous laissez plus de temps à l'herbicide de se dissiper.
  4. Si vous soupçonnez la présence de triazine (Treflan) ou de chlorimuron (Classic), vérifiez le pH du sol et corrigez-le.
  5. Si vous soupçonnez la présence d'imazéthapyr (Pursuit), vérifiez si le pH du sol n'est pas trop bas (<5,5). Si tel est le cas, un chaulage favoriserait la croissance de la culture et réduirait la rémanence de l'herbicide en question.

Conclusion

Les analyses sur le sol ou épreuves de laboratoire sont un outil supplémentaire. Pour prévoir les problèmes attribuables à résidus d'herbicide, leur précision n'est pas totale. Toutefois, une épreuve biologique vous permettra de prendre de meilleures décisions en matière de rotation de culture, de sélection d'herbicide, de dates de plantation/d'ensemencement et autres pratiques culturales.


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