Pulvérisations en serre : la brumisation

Le matériel d'épandage dans les serres va de la simple bouteille compressible aux brumisateurs au gaz et aux pulvérisateurs automatisés dotés d'une rampe hydraulique à repliage vertical (figure 1). La diversité du matériel de pulvérisation offert reflète la variété des besoins, tout comme la boîte à outils d'un menuisier contient différents outils conçus pour toutes sortes d'utilisation.

Cette image illustre un pulvérisateur automatisé avec rampe verticale conçu pour faire la navette entre les conduites d'eau chaude dans une serre.

Figure 1- Pulvérisateur de serre automatisé doté d'une rampe verticale.

Il y a deux facteurs dont il faut tenir compte pour qu'une pulvérisation soit efficace une fois qu'on a pris la décision d'y avoir recours : une compréhension théorique du comportement des gouttelettes et une compréhension pratique du mode d'emploi du matériel.

Dans les serres, bon nombre de traitements par pulvérisation utilisent l'eau comme vecteur. L'eau possède une tension superficielle élevée et a tendance à rouler sur les parties ciblées (surtout les feuilles cireuses). Avec la pulvérisation, l'objectif est de maximiser le contact entre les gouttelettes et la cible avec le moins de gaspillage possible. Le contact peut être intensifié par dispersion chimique ou mécanique (figure 2). Grâce à la série de vidéos sur les dispersants non-ioniques (vidéos 4 - 11 inclusivement - en anglais seulement) de Heping Zhu (USDA ARS), on peut observer l'effet de la dispersion chimique. Pour plus d'information sur le comportement des gouttelettes de pulvérisation, télécharger la nouvelle vidéo (en anglais seulement) de l'université Purdue intitulée "Adjuvants and the Power of the Spray Droplet " (Les adjuvants et la puissance des gouttelettes de pulvérisation).

Pulvérisations en serre : la brumisation

c L'illustration est inspirée de la présentation de l'entreprise Dramm à la Canadian Greenhouse Conference de 2014.(version texte)

De nombreuses méthodes permettent de classer le matériel de pulvérisation utilisé dans les serres. Le chapitre 25 du Cours ontarien sur l'utilisation sécuritaire des pesticides présente un classement en fonction de la conception du pulvérisateur: http://bit.ly/1AHNLHz (site en anglais seulement). Le matériel de pulvérisation en serre peut aussi être regroupé selon les volumes utilisés :

  • Haut volume (HV) : Ces applications sont effectuées à des pressions allant de 500 à 4285 kPa (75 à 700 psi) avec des débits de 3,9 à 5,7 L/min (1 à 1,5 US g/min). On utilise les doses standards mentionnées sur les étiquettes pour faire une application diluée en diffusant des gouttelettes supérieures à 100 microns. Le but est de recouvrir toutes les surfaces sans causer de ruissellement. Exemples de matériel pour applications à haut volume : pulvérisateurs portatifs, pulvérisateurs traînés et pulvérisateurs à rampe. L'utilisation des pulvérisateurs manuels à HV exige de la pratique et un autocalibrage si l'on veut obtenir les résultats souhaités.
  • Faible volume (FV) : Ces applications sont effectuées à des pressions élevées d'environ 20 685 kPa (3000 psi) avec des débits de l'ordre de 1 L/min (0,26 US g/min), pour couvrir 93 m2 (1000 pi2). On utilise des doses réduites sur une surface donnée et des gouttelettes entre 25 et 100 µm sont produites. Il s'agit de pulvérisations concentrées qui ne mouillent pas complètement le feuillage. Les applications à FV sont particulièrement utiles dans les endroits très humides, lorsqu'il est souhaitable de réduire l'humidité sur les feuilles. Exemples de matériel pour application à faible volume : les bombes aérosol.
  • Très faible volume (TFV) : Ces applications sont effectuées à des débits de l'ordre de 2 L/min (0,52 US g/min), pour couvrir 930 m2 (10 000 pi2). Elles exigent des solutions concentrées; ce sont des doses réduites par unité de surface qui sont pulvérisées à l'aide de gouttelettes de moins de 25 µm. Les applications à TFV n'augmentent pas l'humidité dans la serre et constituent un bon choix quand les jours sont courts et que les nuits sont longues. Il s'agit également d'une excellente méthode pour appliquer des désinfectants dans le but d'assainir toute une section de la serre avant d'y introduire une nouvelle culture. Il est toutefois important de s'assurer que les orifices d'aération sont fermés et que les ventilateurs sont éteints durant l'application.

Dans ce cas, la dérive de pulvérisation est souhaitable. La circulation latérale d'air est très importante pour favoriser la pénétration des gouttelettes dans le feuillage et les empêcher de se déposer uniquement sur les surfaces des plantes orientées vers le haut. Exemples de matériel pour applications à très faible volume : les bombes aérosol à usage unique, les brumisateurs automatiques et les brumisateurs thermiques à impulsions.

Les brumisateurs thermiques à impulsions (figure 3) sont différents des autres appareils utilisés pour les applications à très faible volume et méritent qu'on s'y attarde. La conception d'un brumisateur à impulsions est demeurée à peu près la même depuis les années 1940. De plus petits appareils de 24 hp sont utilisés dans les plus petites exploitations, mais on en trouve jusqu'à 175 hp. Le volume de la cuve va de 10 à 50 L; une cuve de 10 L devrait suffire pour recouvrir une surface de 4645 m2 (50 000 pi2) en environ 10 minutes, selon la densité de la culture. Leur portée est d'environ 35 m (115 pi à partir du point de diffusion.

Figure 3 - Brumisateur générique à impulsions

Figure 3 - Brumisateur générique à impulsions

Les brumisateurs thermiques à impulsions ne produisent pas d'aérosols. Ils fonctionnent par combustion (80 à 100 explosions à la seconde) pour diffuser la pulvérisation sous forme de brume et la disperser par pression positive. La chaleur est un sous-produit de l'appareil; cette méthode ne convient donc pas pour l'application de produits biologiques. Toutefois, les brumisateurs refroidis à l'eau comme le Bio Pulse Fogger de Dramm (figure 4) réduisent la température à l'échappement sous les 100 °C de manière à ce que l'application soit conforme aux normes de l'agriculture biologique. De plus, ce mécanisme offre l'avantage de fournir des gouttelettes de dimensions plus uniformes et d'empêcher que la pulvérisation s'évapore avant d'atteindre la cible.

Figure 4 - Bio Pulse Fogger de Dramm (brumisateur à impulsions)

Figure 4 - Bio Pulse Fogger de Dramm (brumisateur à impulsions)

Il est recommandé que les opérateurs utilisent environ 1 L de vecteur pour 5 L de mélange de pulvérisation. Mais une proportion plus élevée de vecteur est requise dans le cas des produits plus visqueux. Commencer avec un réservoir rempli d'essence propre de catégorie supérieure et lorsque le brumisateur est démarré, le faire fonctionner de manière continue jusqu'à ce que l'application soit terminée. Le laisser fonctionner même en se déplaçant entre les serres à toiture cintrée (figure 5). Ne pas laisser de brumisateur manuel fonctionner sans surveillance comme un brumisateur automatique. S'il demeure stationnaire et qu'il est orienté directement vers le feuillage (comme avec un pulvérisateur hydraulique), il pourrait détremper le feuillage et risquer d'endommager les plantes voisines.

Figure 5 - Apprenez comment choisir entre un brumisateur à impulsions et un brumisateur automatique. Ce dernier est plus pratique parce que l'opérateur peut le régler et quitter les lieux.

Figure 5 - Apprenez comment choisir entre un brumisateur à impulsions et un brumisateur automatique. Ce dernier est plus pratique parce que l'opérateur peut le régler et quitter les lieux. Toutefois, dans le cas de serres multiples, il est plus efficace et rapide d'utiliser un brumisateur thermique à impulsions. (version texte)

Au moment de la brumisation, cibler les zones comprises entre les plants, comme les allées, et entre les plants suspendus. Cela permet à la brume de se répandre et de pénétrer dans le feuillage, ce qui donne un meilleur recouvrement. Lorsque la pulvérisation est terminée, s'assurer de relâcher la pression créée dans la cuve de pulvérisation afin de prévenir un retour accidentel dans le réservoir à essence.

Le matériel de pulvérisation pour les applications à HV, FV et TFV exige un nettoyage et un entretien propres à chaque modèle, conformément aux directives du fabricant. Même quand les pulvérisateurs sont gardés en très bon état, il reste que l'opérateur est responsable de voir à ce que le bon produit soit appliqué avec le bon appareil et selon la bonne méthode, à défaut de quoi on risque que l'application soit inefficace, qu'elle cause des dommages aux plants et qu'elle contribue à augmenter la résistance aux pesticides.

Pour plus d'information sur les pulvérisateurs utilisés dans les serres, voir www.dramm.com et www.sprayers101.com (en anglais seulement).


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