Hol Spraying Systems - le p'tit nouveau!

Le premier pulvérisateur moderne à jet porté a été mis au point au milieu des années 1900, mais il a dû affronter la concurrence du matériel déjà en place, avant d'être adopté par la majorité. Comme on le constatera à la figure 1, les temps ont bien changé. Tandis que les technologies d'épandage continuent d'évoluer et de grandir, il en va de même de l'éventail des choix offerts aux producteurs.

À l'image : vers 1910, une équipe de pulvérisation de verger au travail, sur un pulvérisateur tiré par un cheval. La pression de service était maintenue par deux opérateurs et la pulvérisation était assurée par une troisième personne à l'aide d'un pistolet pulvérisateur.

Figure 1 - Une équipe d'épandage en verger en Ontario vers 1910. La pression à la pompe était maintenue par les deux opérateurs à droite. Le taux d'épandage de cette méthode pouvait être de 1,2 à 1,6 hectares (3 à 4 acres) par heure. Image de www.farms.com

Provide Agro (filiale de N. M. Bartlett Inc.), songeait depuis plus de 10 ans à introduire au Canada un nouveau pulvérisateur à jet porté. Après avoir décidé de ne pas se lancer dans le secteur de la fabrication, l'entreprise a orienté ses recherches sur l'importation de pulvérisateurs d'Europe et d'Australie. Elle m'a récemment invité à voir son choix de pulvérisateurs à jet porté HSS CF de la Hollandaise « Hol Spraying Systems ».

Ce n'est pas souvent que l'on voit un « nouveau » pulvérisateur à jet porté. À la vérité, H.S.S. construit des pulvérisateurs semblables depuis plus de 20 ans, de sorte que, techniquement, c'était du neuf, mais seulement pour moi.

Nous nous sommes rencontrés chez un pomiculteur local à Simcoe, où nous avons imposé au pulvérisateur toute une série de tâches légères. Nous avons d'abord étudié les caractéristiques du pulvérisateur, tant celles de série que celles livrées en option. À titre d'ambassadeur au Canada, ce modèle en particulier offrait toutes les qualités requises. Voici, avec mes observations, une liste des caractéristiques qui, je crois, valent la peine d'être mentionnées. Il est important de signaler que cette liste ne constitue aucunement une acceptation et toute omission ne saurait être considérée comme une condamnation :

Photo du pulvérisateur à jet porté HSS CF

Le pulvérisateur HSS CF. Extérieurement, ce pulvérisateur animé par prise de force semble très différent du parc ontarien type de pulvérisateurs à jet porté. Mentionnons les conduites souples et supports mobiles composant la tour, ainsi que le double essieu. Toutefois, il fonctionne selon les mêmes principes que les pulvérisateurs plus connus et, à la suite d'une brève inspection des soudures et fixations (et compte tenu qu'il est utilisé depuis 20 ans en Europe), il semble très durable.

Illustration des buses contre le puceron lanigère; un ensemble buses et conduites d'air situé derrière la roue arrière et orienté vers le haut à environ 45 degrés pour diriger le jet pulvérisé sur un tronc d'arbre.

Chaque canalisation est jumelée à un corps de buse et cela signifie que chaque sortie d'air est réglable individuellement. La structure en tour peut être personnalisée en fonction de votre situation, des vignes aux vergers à haute densité, et possède même un accessoire facultatif contre les pucerons lanigères permettant d'orienter le jet d'air et la pulvérisation vers le haut dans le couvert. Pour les cultures plus en hauteur, par exemple le houblon et les arbres semi nains, un deuxième ventilateur peut prolonger la tour jusqu'à 5,5 mètres.

Photo en gros plan du système à double essieu du pulvérisateur HSS. L'essieu arrière peut être allongé, décalant les roues arrière pour répartir le poids du pulvérisateur.

Tous ceux qui se sont retrouvés bloqués par temps humide peuvent reconnaître la valeur de ce double essieu réglable. Le poids est réparti afin de réduire le tassement et, espérons-le, la création d'ornières. C'est une caractéristique d'usine, mais l'exploitant a la possibilité de demander le réglage hydraulique comme mise à niveau. Je ne sais pas s'il est fréquent qu'un opérateur veuille régler la longueur des essieux, mais la possibilité est là.

Photo illustrant le port de remplissage du réservoir et le port d'accès, de série sur le pulvérisateur HSS.

Le HSS CF offre un grand nombre de caractéristiques favorisant la sécurité de l'opérateur en réduisant les risques d'exposition. L'une des particularités pratiques est le port d'accès, qui est distinct du port de remplissage du réservoir. Il n'est pas nécessaire d'enlever le panier pour examiner ou nettoyer l'intérieur et il n'y a pas lieu d'enlever le panier et d'entrer en contact avec des résidus de pesticides (potentiellement) concentrés.

Le réservoir d'eau propre de 150 litres servant à alimenter en eau les buses de rinçage du réservoir.

Nombre de grands pulvérisateurs utilisés en grande culture sont dotés de buses de rinçage du réservoir afin de faciliter le nettoyage du pulvérisateur après un épandage. Finalement, l'air pulsé peut également offrir cette fonction. Le réservoir d'eau propre de 150 litres contient suffisamment d'eau pour que les buses de rinçage du réservoir puissent procéder sur le terrain à un triple rinçage à volume réduit, sans qu'il soit nécessaire de disposer d'une installation de lavage sous pression ou d'un réservoir de ravitaillement. Cela empêche l'accumulation de résidus et réduit les risques pour l'opérateur - et c'est une caractéristique de série!

Capteurs (en option) de niveau de réservoir dépassant du réservoir, ainsi que le panier d'acier inoxydable du réservoir. À remarquer particulièrement le boyau alimentant le panier.

L'un des dispositifs livrés en option est le capteur de niveau du réservoir, qui peut être asservi à l'agitation. Si l'opérateur utilise un mélange de réservoir mousseux, l'agitation ne s'enclenchera que lorsque le réservoir aura atteint un niveau préréglé. Cette option ne me plaît pas parce que, pour que le mélange en suspension dans le réservoir soit adéquat, il faut que l'agitation commence dès le début, il suffit d'utiliser un additif antimoussant. À remarquer que le panier du réservoir est muni d'un boyau fixé au fond… lire plus loin.

Photo en gros plan de la buse d'agitation hydraulique en fonction à la base du panier en acier inoxydable.

Le fond du panier du réservoir est muni de série d'un jet hydraulique facilitant l'obtention d'un mélange adéquat. Je ne sais pas si cela empêche de mélanger une bouillie, ni si cela facilitera la dissolution du sac de pesticides, mais je dois supposer que ce sera utile. Je suppose qu'il existe un mécanisme de sécurité empêchant cette buse de fonctionner lorsque la trappe est ouverte, mais je n'en suis pas certain.

Réservoir embarqué pour le lavage des mains et son robinet.

Cette dernière caractéristique de série peut sembler modeste, mais elle réduit encore le risque d'exposition de l'opérateur. La source embarquée d'eau propre est séparée du réservoir de pulvérisation et de la réserve de rinçage du réservoir et constitue une station de lavage des mains bien pratique.

Parmi les autres caractéristiques, mentionnons les solénoïdes d'arrêt de certaines parties de la flèche, un contrôleur de débit et une barre de traction à faibles rayon.

L'une des fonctions importantes de tout pulvérisateur à jet porté est l'aéraulique, l'écoulement de l'air. Trop souvent, dans les pulvérisateurs à tour, la vitesse de l'air n'est pas uniforme (et, probablement, les volumes d'air également) le long de la sortie d'air. Parfois, on peut compenser à l'aide des petits déflecteurs dans la tour ou, dans les cas extrêmes, en remplaçant les buses coniques creuses classiques des « zones mortes » par des cônes creux à induction d'air, qui génèrent des gouttelettes plus volumineuses, que la pression projette plus loin. A l'aide d'un pitomètre, nous avons analysé la vitesse de l'air à chaque sortie d'air. La prise de force a été réglée à 400 tours minute et le ventilateur, réglé à basse vitesse.

Buse: Sol 2 3 4 5 6 7 Max
Gauche
70 m/h
85 m/h
90 m/h
85 m/h
80 m/h
85 m/h
80 m/h
85 m/h
Droite
75 m/h
90 m/h
90 m/h
90 m/h
80 m/h
90 m/h
85 m/h
85 m/h

Nous n'avons pas remarqué de zones mortes évidentes et la gauche et la droite de la tour sont apparemment à peu près semblables. Les deux positions inférieures étaient notablement plus lentes que le reste, mais compte tenu de la distance de la position à la cible, ainsi que du fait que le vent ambiant est plus lent au sol, c'est un facteur intéressant, mais pas nécessairement un problème.

Nous avons disposé un ensemble de cibles de papier-buvard dans le couvert de pommiers semi-nains, pour avoir une meilleure idée de la couverture du pulvérisateur. Il faut reconnaître que le temps était très humide et qu'il y avait très peu de vent ce jour-là, de sorte qu'il était beaucoup plus facile d'obtenir une bonne couverture, car le produit pulvérisé ne s'évaporait pas beaucoup ou n'était pas soufflé ailleurs avant d'atteindre la cible. Nous avons essayé diverses combinaisons de vitesse de la prise de pouvoir et de la transmission du ventilateur. Les images que nous projetons sont d'un essai à 540 tours minutes, le ventilateur étant réglé à basse vitesse, en utilisant des buses rouges Albuz (1,5 L/buse/minute à 6 bars), nébulisant environ 400 L/ha à environ 5 km/h. Par temps plus sec et plus venteux, il faudrait des volumes plus élevés.

Illustration de trois morceaux de papier buvard. Les cartes jaunes tournent au bleu au contact du produit nébulisé. Les trois papiers indiquent une couverture suffisante pour l'épandage de pesticides surtout sur les feuilles. Sur le troisième papier, on remarque des stries de gouttelettes, indiquant que les gouttelettes ont touché la carte à un angle aigu, et donc, qu'elle est orientée sur la tranche par rapport à la pulvérisation.

Nous n'avons pas constaté de zones non couvertes évidentes, même lorsque les papiers buvards étaient orientés parallèlement au sol (exposant leur bord étroit au pulvérisateur, comme le papier de droite). Cela ne permet pas de tirer de conclusion, mais prouve que le pulvérisateur n'a eu aucune difficulté à pénétrer le couvert et qu'un peu de modification devrait pouvoir permettre d'obtenir une couverture adéquate partout dans le couvert. Personnellement, compte tenu de l'orientation ascendante, j'utiliserais la buse contre les pucerons lanigères dans tous les cas, particulièrement pour le mouillage.

L'une des qualités à signaler était le fonctionnement presque « silencieux » du pulvérisateur. Les opérateurs connaissent le bruyant sifflement de la majorité des pulvérisateurs à jet porté; à un taux de révolution plus bas, le ventilateur étant réglé à faible vitesse, le tracteur semblait faire autant de bruit (voir plus) que le pulvérisateur en fonctionnement. Le lecteur peut regarder une vidéo (vidéo no 54) de l'un des passages ici : Sprayers 101 (en anglais seulement.).

Ainsi, la grande question est : « Combien ça coûte? » Il faudra communiquer avec les concessionnaires pour en savoir plus, mais disons qu'en se contentant des caractéristiques de série, le prix est comparable à certains des pulvérisateurs les plus coûteux en Ontario. Point n'est besoin de se laisser décourager, car je crois que la dépense est tempérée par les caractéristiques, particulièrement le système embarqué de rinçage du réservoir et les canalisations d'air réglables.

Si une personne souhaite acquérir un nouveau pulvérisateur, elle doit toujours commencer par prioriser ses objectifs. Si le rythme de travail est une priorité, il faut se demander quelle est la capacité du pulvérisateur de réduire le nombre de remplissages et envisager la technologie « tunnel » pour réduire le nombre de passages. Si la culture est adjacente à des zones sensibles ou à des résidences et qu'il est prioritaire d'éviter la dérive, il faut alors songer à la possibilité de régler l'orientation et la vitesse du jet d'air.

En dressant une liste des priorités, réfléchir aux avantages et aux inconvénients de son pulvérisateur actuel et discuter de leur expérience avec des collègues producteurs. Peut-être que cela se résumera à des préférences personnelles, mais voici quelques points dont tenir compte :

  • Nécessité - Faut-il vraiment un nouveau pulvérisateur? Les fabricants disposent d'un certain nombre de trousses de modification pour mettre à niveau et améliorer les pulvérisateurs. Si la décision d'acheter un nouveau pulvérisateur découle d'un piètre rendement des pesticides, il faut s'assurer que le problème est dû à la technologie et non à une erreur d'exploitation de la machine.
  • Type de culture et superficie - Il faut tenir compte de la taille de l'exploitation, de la taille, de la forme et de la densité de la ou des cultures. Le pulvérisateur peut-il s'adapter pour offrir une couverture adéquate pendant toute la saison de croissance et à long terme? Dans quelle mesure l'appareil est-il polyvalent et permet-il de pulvériser divers produits sur des cibles différentes?
  • Capacité de remplissage du pulvérisateur - Plus espacés sont les remplissages, meilleur est le rythme de travail, mais à capacité accrue correspond également un poids accru, de sorte qu'il faut tenir compte des effets sur la circulation, le rayon de braquage et le tassement du sol. Est-il facile de remplir le réservoir?
  • Nettoyage, étalonnage et entretien - Le passage d'une culture à une autre exige parfois de procéder à un nettoyage et à une décontamination poussés du réservoir, des canalisations, des carénages ou conduits. Il faut tenir compte des réservoirs d'eau claire, des buses de rinçage du réservoir et, globalement, de l'accessibilité de ces composantes. Il est bon également de récapituler les étapes nécessaires pour la mise en hiver et l'étalonnage du pulvérisateur. Les pièces sont-elles faciles d'accès? L'exposition de l'opérateur est-elle réduite au minimum?
  • Puissance - C'est un facteur important dont tenir compte, dans le cas des pulvérisateurs à jet porté, car les ventilateurs déplacent énormément d'air et de liquide. Les agitateurs de réservoir exigent de la puissance également. Il serait bon de sélectionner la gamme de puissance supérieure recommandée par le fabricant, pour avoir une meilleure longévité. À ne pas oublier, toutefois : les ventilateurs, habituellement, n'ont pas à fonctionner au maximum de la vitesse nominale, particulièrement en début de saison.
  • Technologie des buses et pression de régime - Il faut tenir compte de l'éventail des types de buses à utiliser et s'assurer que le pulvérisateur peut fournir une pression suffisante. Les pompes à diaphragme et à pistons, même si elles sont plus coûteuses, ont moins de pièces mobiles en contact avec la solution de nébulisation, ce qui réduit le temps de nettoyage et l'exposition de l'opérateur.
  • Conditions de pulvérisation - Le pulvérisateur doit être fiable, même dans de mauvaises conditions, de sorte qu'il faut tenir compte de l'environnement d'exploitation. La pulvérisation nocturne, l'inégalité des terrains, les vents puissants, la sécheresse - de nombreux facteurs environnementaux peuvent influer sur le rendement du pulvérisateur et justifier une attention spéciale. Il faut ici étudier les déflecteurs, les carénages et le châssis, ainsi que la durabilité du pulvérisateur.

Pour en savoir davantage sur la pulvérisation à jet porté, voici l'adresse : Sprayers 101 (en anglais seulement).


Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca