Souche de mildiou US 23 (A1) observée dans des échantillons de pomme de terre de l'Ontario

À la fin de juillet, une inspection a permis de repérer une éclosion de mildiou dans un petit champ de pommes de terre du comté de Simcoe. Les conditions idéales étaient réunies pour l'éclosion de la maladie : temps frais, pluie fréquente et matins brumeux. Grâce à l'intervention rapide du producteur, la maladie est maîtrisée. Aucune nouvelle éclosion n'a été décelée dans la région. Immédiatement après la détection, les feuilles infectées ont été expédiées au Dr Larry Kawchuck du laboratoire d'Agriculture et Agroalimentaire Canada à Lethbridge (Alberta) pour préciser de quelle souche le mildiou il s'agissait.

L'identification de la souche est importante pour diverses raisons :

  1. Le pathogène du mildiou comporte deux types sexuels, A1 et A2. Les deux types sexuels ne cessent de produire de nouvelles souches. Certaines souches s'attaquent davantage aux pommes de terre, comme la souche US 8 (A2), d'autres, comme la souche US 23 (A1) sont très dommageables pour la tomate, mais s'attaquent également aux pommes de terre.
  2. Les souches de mildiou n'ont pas la même sensibilité aux fongicides homologués. La souche US 8 résiste au Ridomil, mais la souche US 23 y est sensible. L'identification de la souche permet de déterminer quels sont les fongicides utilisables en rotation pour réprimer le mildiou.
  3. L'identification et la localisation de la souche sont des éléments essentiels d'information pour le Groupe de travail national sur le mildiou. Ce groupe multiplie ses efforts pour dépister les changements de souche et les migrations géographiques du mildiou dans l'ensemble du pays.

L'échantillon de mildiou de l'Ontario est du type US 23 (A1). Cette souche est sensible au Ridomil (métalaxyl), véritable fongicide systémique qui servait de moyen curatif contre le mildiou au début des années 1990, lorsque le type sexuel A2, plus offensif, a déplacé le type sexuel A1 sensible au Ridomil.

L'an dernier, il y a eu une éclosion du type US 23 (A1) dans la région de Burford. Le producteur a procédé à un épandage de Ridomil + Bravo et la maladie a disparu, tout comme dans les années 1980. Toutefois, la recherche coopérative menée au Canada et aux É.-U. a permis de conclure que certains isolats de US 23 (A1) acquièrent une résistance au Ridomil. Ainsi, seules les épreuves de laboratoire auront le dernier mot concernant la sensibilité de la souche au Ridomil.

Il est essentiel d'appliquer un programme préventif d'épandage de fongicide et de bonnes pratiques sanitaires pour lutter contre le mildiou. Une bonne couverture du feuillage, des taux appropriés et un moment bien choisi sont essentiels pour que les fongicides soient efficaces. En maintenant la protection des cultures avant que ne surviennent les périodes d'infection, on devrait réduire le risque de pertes de récolte.

Puisque le mildiou est une maladie communautaire, votre plan de répression est efficace si vos voisins font de même. Les producteurs de pomme de terre de l'Ontario devraient être félicités de leurs efforts constants dans la lutte contre le mildiou et pour partager l'information avec leurs voisins et le MAAARO en cas d'éclosions de mildiou.

Figure 1 - Dessus de feuille infectée

Figure 1 - Dessus de feuille infectée

Figure 2 - Dessous de feuille infectée

Figure 2 - Dessous de feuille infectée

Figure 3 - Lésion de la tige

Figure 3 - Lésion de la tige

Figure 4 - Tubercules infectées par le mildiou

Figure 4 - Tubercules infectées par le mildiou


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