Culture des pommes de terre : les 20 choses auxquelles il faut penser au printemps

La culture des pommes de terre est parmi les plus complexes et sa réussite est liée à une gestion intensive. La Mère Nature joue le plus grand rôle en ce qui concerne l'apparition des ravageurs; au cours des années pluvieuses, des maladies telles que le mildiou, la moisissure blanche, la moisissure grise et la pourriture rose constituent des problèmes majeurs. Par ailleurs, les populations d'insectes se développent plus rapidement lors des années sèches. L'important est d'être prêt, et il est préférable pour cela de mettre en œuvre des pratiques de gestion qui réduisent l'incidence des ravageurs. Voici ci-dessous une liste destinée aux producteurs de 20 choses auxquelles il faut penser au printemps.

Sélection des champs

  1. Pratiquez la rotation des cultures. Il s'agit là de l'une des meilleures pratiques de gestion pour réduire la manifestation de plusieurs maladies et insectes importants.
  2. Le drainage, la texture, la compaction et la teneur en matière organique du sol ont tous une incidence significative sur le développement des ravageurs. Diverses variétés très sensibles au mildiou devraient être plantées dans des champs dont la texture est légère, car les sols sableux ne restent pas saturés pendant de longues périodes après une pluie abondante. La compaction du sol réduit le drainage et favorise les infestations de nématodes. Identifiez les endroits où le sol est compacté en examinant la croissance des racines et la texture du sol dans une tranchée de trois pieds de profondeur. Recherchez les endroits où il y a beaucoup de mottes de terre, et aussi où l'infiltration de l'eau est lente, les tubercules et les racines sont déformés et les récoltes meurent prématurément. Ce sont là des signes d'enracinement superficiel.
  3. Si le sol a une faible teneur en matières organiques, incorporez des cultures de couverture et (ou) du fumier. Le fumier de bovins des grandes fermes est habituellement exempt de gale car les vaches ne sont pas nourries avec des pommes de terre de rebut. En Ontario, il y a rarement des problèmes avec la gale de la pomme de terre dans les sols dont la teneur en matière organique est élevée.
  4. Vérifiez s'il y a des nématodes, des taupins et des vers blancs avant de planter. Ces ravageurs peuvent provoquer de graves pertes économiques. Prélevez des échantillons de sol pour dénombrer les nématodes et utilisez des appâts pour piéger les taupins. Les vers blancs sont habituellement faciles à voir lorsque le sol est labouré au printemps.
  5. Prélevez des échantillons de sol à analyser pour déterminer la présence éventuelle de champignons Verticillium avant de planter. Si les niveaux de champignons Verticillium sont moyens à élevés dans un champ, ne plantez aucune variété précoce ou sensible telle que la Superior, la Pike ou la GoldRush.
  6. Si le champ est infesté de gale commune, ne cultivez que des variétés résistantes.
  7. Si vous louez les terres, renseignez-vous sur les anciennes cultures et les mauvaises herbes posant des problèmes. Certains herbicides restent présents dans le sol pendant plusieurs années et endommagent les pommes de terre.
  8. Effectuez des analyses complètes du sol. Les carences en éléments nutritifs peuvent favoriser des maladies et limiter la production. Les analyses du sol vous permettront aussi d'économiser de l'argent car vous serez capable d'appliquer les quantités d'engrais dont vous avez véritablement besoin.

Préparation des champs

  1. Essayez d'avoir un sol bien ameubli mais pas asséché, dans lequel il ne se forme pas des mottes de terre. Le labour devrait suffisamment ameublir le sol pour que le socle de la planteuse pénètre à la bonne profondeur et que les disques de chaussage soient en contact avec suffisamment de sol meuble pour produire une butte appropriée au-dessus des semences. Tout labour qui assèche la surface du sol provoque une réduction de la vigueur des plantes. En outre, un labour suffisant est nécessaire pour que les herbicides appliqués avant la levée soient adéquatement incorporés.

Qualité et manipulation des semences

  1. Plantez des semences de pomme de terre saines. Vérifiez toujours les semences à leur arrivée. Vous ne disposez que de 48 heures pour communiquer avec l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) en cas de problèmes avec les semences.
  2. Étalonnez la trancheuse. Aiguisez les couteaux et assainissez le matériel de coupe au moins une fois par jour et (ou) lorsque vous changez de lot de semences afin d'éviter la propagation de maladies telles que la pourriture sèche, la jambe noire et la pourriture molle.
  3. Réchauffez les tubercules de semence à entre 50 et 55 °F avant de les couper. Cela a pour but de réduire les meurtrissures lors des manipulations, de favoriser une cicatrisation rapide des surfaces coupées et de produire des germes avant la plantation.
  4. Mettez de côté des échantillons de tubercules douteux. Communiquez avec votre spécialiste des pommes de terre ou votre conseiller en culture si vous n'êtes pas certain de la cause.
  5. Traitez les semences avec un fongicide et un insecticide dont vous connaissez la rentabilité.
  6. Dans la mesure du possible, utilisez des semences de calibre B pour une plantation précoce. Les semences complètes tolèrent mieux des conditions froides et humides que les semences coupées et résistent mieux à la pourriture molle.
  7. Détruisez les chutes et les tubercules de rebut restant après la coupe.

Plantation

  1. Assurez-vous que la planteuse est en bon état.
  2. Essayez de planifier la plantation afin qu'elle coïncide avec des conditions favorables de la météo et du sol. L'idéal est que les semences et le sol soient à la même température au moment de la plantation. Ne plantez pas de semences froides dans un sol chaud. Les semences sueraient, et cela favoriserait la pourriture molle.
  3. Appliquez des traitements pour semences et des pesticides en sillons suivant les problèmes prévus.
  4. Vérifiez la profondeur et l'espacement des morceaux de semence au début de la plantation et tout au long de son déroulement. Les sections négligées et les morceaux de semence en tas donnent lieu à une réduction de la production. Les dédoublements entraînent une réduction de la taille moyenne des tubercules. Les plants adjacents à des aires négligées ne compensent pas pleinement l'absence de voisins.

Fig. 1 : Des semences saines sont essentielles à une récolte de haute qualité.

Fig. 1 : Des semences saines sont essentielles à une récolte de haute qualité.


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