Fertilisation et maladie : Où est le rapport?



Les producteurs de ginseng ont vu apparaître de nombreuses maladies foliaires ces dernières semaines. Les conditions météorologiques et les dégâts du gel ont créé les conditions favorables au développement de ces maladies. Cependant, il arrive souvent que l'on oublie de tenir compte du rôle de la fertilisation dans le développement de la maladie. Certes, aucune stratégie de fertilisation ne peut prévenir la maladie quand les conditions météorologiques sont très favorables à l'infection et la fertilisation ne peut rien contre les dégâts du gel. Néanmoins, sur la durée de vie d'une plantation, les erreurs de fertilisation peuvent contribuer à rendre les éclosions de maladie plus sévères qu'elles ne le seraient autrement. Bien que les recherches sur les effets de la fertilisation sur le ginseng soient plutôt rares, il existe des recherches qui ont montré avec constance les effets de certains éléments nutritifs sur des maladies semblables à celles du ginseng dans d'autres cultures.

La fertilisation peut influer sur la maladie de trois façons principales :

  1. En influant sur la taille et la forme de la plante, elle modifie le microclimat à l'intérieur du feuillage.
    Elle agit directement sur l'infection, la croissance et la reproduction de l'agent pathogène.
    Elle augmente ou diminue les défenses naturelles de la plante.

Sous-fertilisation

Une plante qui ne trouve pas assez d'un élément nutritif donné peut s'affaiblir et devenir alors une proie plus facile pour certains agents pathogènes. C'est surtout vrai en ce qui concerne les agents pathogènes naturellement peu vigoureux qui sont capables d'attaquer seulement des plantes affaiblies. Par exemple, l'incidence des maladies alternariennes est souvent plus forte lorsque les plantes sont carencées, surtout en azote. Toutefois, une bonne partie de l'azote dont le ginseng a besoin est fournie par la décomposition du fumier et de la matière organique. Même si les apports d'azote sont faibles, la plante peut toujours trouver suffisamment d'azote dans le sol pour donner un bon rendement. Pour le ginseng, il est recommandé d'épandre à la volée 40 kg/ha d'azote à chaque printemps. Une faible teneur du sol en calcium, qui est souvent liée à l'acidité du sol, peut aussi être un facteur favorable aux maladies.

Surfertilisation

La surfertilisation déclenche souvent une flambée de croissance. Les plantes ont alors des cellules plus grosses et plus succulentes, mais des parois cellulaires plus faibles. En conséquence, certains agents pathogènes, en particulier ceux qui font pourrir les racines, comme Phytophthora et Pythium, ont plus de facilité à infecter la plante. Des recherches ont montré que les dégâts imputables à plusieurs champignons responsables de pourridiés augmentaient de pair avec les quantités d'azote apportées. Toutefois, la surfertilisation n'a pas montré d'effets aussi constants pour ce qui est des maladies imputables à Rhizoctonia et à Fusarium. Bien que des études en laboratoire aient montré un développement plus rapide de Cylindrocarpon, cet effet n'a pas été confirmé en conditions réelles.

L'excès de fertilisation crée souvent un autre problème, celui d'une croissance excessive du feuillage. Les plantes développent un feuillage très dense dans lequel l'air a du mal à circuler. En conséquence, les feuilles peuvent rester mouillées plus longtemps après une pluie ou des rosées, et l'humidité peut être plus élevée. Les périodes propices à l'infection par les maladies foliaires s'en trouvent prolongées et les pulvérisations de fongicides ont plus de mal à atteindre l'intérieur de la masse foliaire. Les maladies foliaires à Phytophthoraet à Botrytis peuvent s'intensifier dans ce genre de conditions.

Donc, savez-vous quelles doses d'engrais vous devez apporter? Vous pouvez savoir quelles quantités des différents éléments nutritifs sont recommandées en consultant la publication 610F intitulée Recommandations pour la culture du ginseng. Les analyses de sol et de tissus peuvent aussi fournir de bonnes indications sur la teneur excessive ou insuffisante de certains éléments nutritifs. Pour fertiliser le ginseng, il faut garder à l'esprit les points suivants :

  • Une fertilisation raisonnée peut réduire la sensibilité du ginseng à la maladie.
  • Une bonne chose en excès peut devenir une mauvaise chose - évitez la surfertilisation.
  • Aucun engrais ne peut prévenir tout à fait le développement de la maladie - les bonnes pratiques de fertilisation doivent s'accompagner de bonnes pratiques culturales et de lutte chimique.
  • Il faut fertiliser correctement le sol avant de planter le ginseng, parce qu'il sera difficile de corriger les carences en certains éléments nutritifs une fois qu'on en verra les signes.

     


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