Insectes ravageurs de fin de printemps du noisetier - pucerons, enrouleuses et ce curieux ravageur vert

 

Avec l'arrivée du temps chaud, les insectes sortent et s'activent dans les vergers de noisetiers. Voici un aperçu de ce que nous avons observé.

Pucerons

Les pucerons ont été observés en grand nombre sur les faces inférieures des feuilles de noisetier. Ce sont de petits insectes au corps mou en forme de poire. Leurs parties buccales ressemblent à une paille qu'ils utilisent pour percer les tissus d'une variété de cultures et d'en aspirer les liquides (figure 1). Il existe des pucerons avec des ailes et des pucerons sans ailes. Il est possible d'identifier un puceron par la présence de deux structures en " forme de tube ", appelées cornicules, situées à l'extrémité de l'abdomen. On trouve généralement les pucerons en groupes ou en colonies. Plusieurs espèces de pucerons ont été signalées dans les zones où l'on cultive le noisetier, dont le puceron jaune du noisetier, le grand puceron du noisetier et le puceron vert du pêcher. Nous sommes présentement en train d'identifier les pucerons présents dans les noisetiers de l'Ontario.

Les pucerons sont des machines à reproduire - une seule femelle peut engendrer jusqu'à 100 rejetons par semaine, sans copulation ou ponte d'œufs. Quand les conditions sont favorables, ces rejetons sous forme de nymphes peuvent se transformer en adultes prêts à se reproduire en moins de deux semaines. Les populations de pucerons peuvent ainsi augmenter très rapidement, particulièrement quand la température est élevée. Les pucerons sont actifs tout au long de la saison culturale.

Quand ils se nourrissent, les pucerons prélèvent les liquides et les éléments nutritifs des feuilles et peuvent causer la déformation et le flétrissement du plant. Ils sécrètent aussi une substance collante, appelée miellat, qui favorise le développement d'un champignon noir fuligineux pouvant réduire la photosynthèse. Les infestations de pucerons peuvent réduire les rendements.

Les producteurs de noisetiers peuvent compter sur de nombreux ennemis naturels pour les aider à lutter contre les pucerons. On voit souvent des coccinelles et d'autres prédateurs qui se nourrissent de colonies de pucerons sur les noisetiers. Les pucerons sont également susceptibles à bon nombre de maladies fongiques et à de petites guêpes parasites qui pondent leurs œufs à l'intérieur des pucerons. Quand elle se développe, la larve de la guêpe mange le puceron de l'intérieur vers l'extérieur et le tue. Lors des tournées de dépistage, recherchez la présence de pucerons momifiés (figure 2), dont le corps est enflé, de couleur brune et d'aspect semblable à du papier; ce corps momifié est tout ce qui reste du puceron une fois que le parasitoïde a complété son développement pour émerger en guêpe adulte. Les parasitoïdes peuvent être des agents de lutte biologique extrêmement efficaces. En Orégon, la présence d'une guêpe parasitique du puceron jaune du noisetier a remplacé le recours aux produits chimiques dans certaines régions. Par conséquent, si vous observez un grand nombre de pucerons momifiés lors des tournées de dépistage, pensez à retarder les pulvérisations.

Figure 1. Pucerons se nourrissant sur la face inférieure des feuilles

Figure 1. Pucerons se nourrissant sur la face inférieure des feuilles.

Figure 2. Pucerons momifiés - noter le corps élargi et la peau semblable à du papier.

Figure 2. Pucerons momifiés - noter le corps élargi et la peau semblable à du papier.

Enrouleuses

Les enrouleuses ont également été observées sur le noisetier, ainsi que sur d'autres noix de verger. Les enrouleuses sont les stades immatures de nombreuses espèces de papillons de nuit. Les chenilles s'activent généralement au début du printemps, dès que la végétation apparaît, et se nourrissent des feuilles et des bourgeons. À mesure que le feuillage prend de l'expansion, les chenilles enroulent les feuilles dans une toile de soie pour former un abri à l'intérieur duquel elles se cachent durant la journée. Les feuilles enroulées constituent une protection contre les prédateurs et également contre les traitements insecticides. Les noyers de Siebold (ou noyers cordiformes) du sud de l'Ontario ont été largement défoliés par les enrouleuses au cours des dernières années.

En Orégon, la tordeuse à bandes obliques (TBO) peut occasionner de sérieux dégâts dans les vergers de noisetiers. Les noix dont les chenilles se nourrissent peuvent avorter ou être tachées et difformes. Bien que nous n'ayons observé aucune défoliation d'importance dans la province, des tordeuses à bandes obliques adultes ont été retrouvées dans des pièges à phéromone dans les vergers de noisetiers en Ontario au cours des dernières semaines. Dans la province, la tordeuse à bandes obliques se manifeste plutôt dans les vergers de pommiers où elle produit deux générations par année. La génération hivernante éclot vers la fin de l'été, termine son alimentation au mois de septembre, hiverne sous forme de larve et reprend ses activités d'alimentation au début du printemps. Les adultes de la génération hivernante sont présentement en période d'activité, ils s'accouplent et pondent des œufs pour produire les larves de la génération d'été. En Oregon, c'est justement la génération d'été qui est la plus dommageable pour les noisetiers.

À l'heure actuelle, nous ne sommes pas en mesure de savoir si la tordeuse à bandes obliques risque de causer des dégâts d'importance aux noisetiers de l'Ontario, il est donc conseillé de surveiller ce ravageur. Les papillons adultes ont une teinte allant d'un brun havane à un brun foncé avec des bandes plus foncées sur les ailes (figure 3). La chenille, quant qu'à elle, mesure jusqu'à 20-30 mm de longueur et arbore une couleur d'un vert foncé à vert pâle à vert jaunâtre, avec une tête brun foncé à noire (figure 4). Le segment qui suit la tête est souvent aussi foncé que la tête, et il y a une démarcation de couleur blanc ou crème qui sépare ce segment de la capsule céphalique. On peut surveiller les populations de tordeuses à bandes obliques adultes avec les pièges à phéromone disponibles sur le marché.

Figure 3. Adulte de la tordeuse à bandes obliques.

Figure 3. Adulte de la tordeuse à bandes obliques. Photo : gracieuseté de Kathryn Carter, MAAARO.

Figure 4. Larve de la tordeuse à bandes obliques

Figure 4. Larve de la tordeuse à bandes obliques. Photo : gracieuseté de Kathryn Carter, MAAARO.

Balanin ou charançon des noisettes

Nous avons reçu de nombreuses questions à propos d'insectes verts qui se nourrissent du feuillage de divers arbres à noix, y compris du noisetier. L'insecte en question est le charançon vert pâle (figure 5). Les charançons appartiennent à la grande famille des Curculionidés qui se caractérise par un nez très développé, généralement long et étroit. On les appelle souvent les insectes au grand nez. Le charançon vert pâle appartient au genre Polydrusus et se nourrit des feuilles de toute une gamme d'arbres. En ce temps de l'année, on le retrouve couramment dans les pépinières et les vergers. Bien que le charançon se nourrit en toute quiétude du feuillage de pommiers, de noyers de Seibold et d'autres arbres, il semble que les arbres sont capables de contrebalancer les dommages causés et l'insecte est généralement considéré comme un ravageur d'ordre secondaire.

Figure 5. Charançon vert pâle de la feuille

Figure 5. Charançon vert pâle de la feuille.

 


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