Méfiez-vous des dérives!
La dérive est le déplacement aérien de produits chimiques agricoles vers un lieu non ciblé qui constitue une menace de blessure ou de dommages pour les humains, les végétaux, les animaux, l'environnement ou les biens. Chaque exploitation agricole doit s'être dotée de stratégies de gestion de la dérive de pulvérisation selon certaines circonstances particulières, que les responsables de la pulvérisation (à l'emploi de l'exploitation ou des entrepreneurs) sont tenus de s'y conformer. Désignation de zones vulnérables à la dérive de pulvérisationOn peut accomplir beaucoup pour atténuer les risques de dérive de pulvérisation lors de la planification d'une nouvelle ferme en identifiant où l'usage de pesticides peut entrer en conflit avec les utilisations des terres adjacentes. On peut incorporer des séparations adéquates entre les zones cultivées et les " zones vulnérables " désignées. Il faut établir une carte des cultures et les entourer d'une zone vulnérable d'un 1 km. Inspecter la zone et en identifier tout les secteurs vulnérables qui pourrait être affectés par la pulvérisation : p. ex. cultures sensibles avoisinantes, flore et faune indigènes, plans d'eau et terres humides, ruches et lieux d'habitation ou d'activité humaine (voir figure 1). Élaborer un plan opérationnel de toutes les pulvérisations courantes, avec des directives spécifiques pour chaque secteur sensible à l'intérieur de la zone vulnérable. Rappelons que les gouttelettes de dérive peuvent être transportées bien au-delà d'un kilomètre selon les conditions du vent, cela bien longtemps après l'application.
Fig. 1 - Détermination d'une zone vulnérable de 1,0 kilomètre Respect de bandes tampons et installation de barrières ou d'écrans végétauxLes étiquettes de pesticides indiquent les bandes tampons à respecter sous le vent pour protéger les zones sensibles. La distance délimitée dépend de la toxicité du produit, de l'exposition potentielle d'organismes non ciblés, des conditions climatiques et de la méthode d'application. Au moment de rédaction de cet article, une nouvelle approche pour définir la largeur de la bande tampon est en cours d'élaboration par l'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA). Elle met en jeu une série de multiplicateurs qui élargissent ou diminuent la zone sensible selon le type de pulvérisateur, la vitesse du vent et la nature de la zone à protéger, comme la profondeur de toute zone aquatique permanente. D'ici la présentation de la nouvelle méthode, le producteur voudra se conformer aux indications sur l'étiquette du produit et aussi planter des écrans de protection végétaux (appelés brise-vent ou bandes tampons) du côté sous le vent de la culture. Il peut s'agir de rangées d'arbres ou d'arbustes entourées de hautes herbes et il faut plus d'un rang de végétation. Les études ont démontré qu'une densité d'environ 50 % avec une hauteur minimale équivalant à 1,5 fois celle de la projection, on peut potentiellement réduire la dérive de 45 à 90 % (voir figure 2). Pour plus de détails, consulter la publication sur les Pratiques de gestion optimales intitulée " Bandes tampons ".
Fig. 2 - Plantation d'écrans de végétation sous le vent Surveillance des conditions météorologiques et recours à des technologies pour réduire la dériveLes préposés doivent
pulvériser seulement à de basses températures quand la teneur
en humidité est relativement élevée. On réduit ainsi
le risque de dérive causé par des inversions de température
ou l'évaporation et on augmente la couverture et le dépôt
du produit sur la culture cible. Généralement, il faut pulvériser
seulement avec une humidité relative se situant entre 40 % et 80 % et une
température de l'air de moins de 25 °C. La vitesse du vent affecte
la distance parcourue par une gouttelette avant qu'elle se dépose. Il faut
pulvériser seulement aussi quand la direction du vent est constante et
sa vitesse entre 2 et 15 km/h, ou selon les indications sur l'étiquette
du produit. Le tableau 1 décrit les signes visibles du vent en rapport
avec le potentiel de dérive correspondant et des conseils sur la pertinence
de pulvériser ou non. Découper l'échelle illustrée
à la figure 3 et la coller dans la cabine du pulvérisateur pour
avoir une référence sous la main. Les préposés peuvent
manuvrer suivant les limites supérieures de intervalles s'ils ont
recours à :
Fig. 3 - Échelle de dérive à découper
Table1 : Conditions du vent et recommandations pour la pulvérisation
CommunicationEnfin, le producteur voudra communiquer avec se voisins. De nombreux incidents de dérive peuvent être évités ou grandement atténués si les voisins et les entrepreneurs sont avisés, ou consultés, avant l'application. Il peut y avoir communication verbale ou écrite selon la situation. On peut en venir à une solution mutuellement avantageuse, par exemple se partager la responsabilité de bandes tampons ou de brise-vent. Tous les épandeurs ou les préposés doivent tenter de réduire les risques de dérive, j'espère vous avoir convaincu de l'importance de vous en méfier.
Pour plus de renseignements : Sans frais : 1 877 424-1300 Local : 519 826-4047 Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca
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