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| Nouveau ravageur dans la parcelle d'ail
L'une des petites bêtes dont la présence s'est fait remarquer dans différents jardins d'ail est le collembole des jardins. Le collembole des jardins est un petit (1 mm/ 1/16me po) insecte primitif non ailé (figure 1). Les femelles pondent leurs ufs dans le sol humide, préférant les secteurs où la teneur en matière organique est élevée (figure 2 - cycle biologique). Les jeunes ne diffèrent souvent des adultes que par leur couleur. Les insectes des deux stades sautent quand on les dérange, grâce à une sorte d'appendice appelé furcula, situé à l'extrémité de leur abdomen (d'où leur nom anglais " springtails "). Autre détail, ces insectes peuvent se projeter à une distance qui équivaut jusqu'à 20 fois la longueur de leur corps!
Figure
1. Collemboles des jardins
Figure
2. Cycle biologique du collembole. La plupart des collemboles sont considérés comme des détritivores bénéfiques se nourrissant de matière en décomposition, de champignons, de moisissures et d'autres microbes du sol, toutefois il existe quelques espèces, dont le collembole des jardins (figure 3), qui s'attaquent aux végétaux. Les jeunes collemboles sont de couleur orange, les adultes sont noir rougeâtre.
Figure
3. Collembole des jardins adulte - grandeur réelle (à gauche) et
agrandie 15 fois (à droite). D'ordinaire, les collemboles préfèrent les sols des milieux humides où il y a amplement de matériel végétal en putréfaction (p. ex. couverture de feuille morte, bois pourri, haute teneur en matière organique, sols amendés avec du compost). Les espèces qui passent la plus grande partie de leur temps dans le sol sont très vulnérables à la dessiccation. Selon mes observations, ce n'est peut-être pas le cas du collembole des jardins. Dans les cultures d'ail, tant les collemboles jeunes que les adultes se nourrissaient en pleine chaleur du jour sous un ciel bleu à des températures qui atteignaient 28 ?C. Cela dit, les insectes pouvaient en tout temps délaisser le plant et se réfugier dans le sol. Les figures 4 et 5 montrent les dommages
causés par le collembole des jardins. Dans la plupart des cas, les dégâts
ne sont visibles que sur les feuilles plus vieilles. Les sites où les insectes
se sont nourris sont de couleur jaune pâle, on dirait que les collemboles
en ont " sucé " la chlorophylle. Les lésions peuvent ressembler
à celles dues à la brûlure des feuilles. Le Botrytis se retrouve
aussi souvent dans le champ infesté et il affecte les jeunes comme les
vieux tissus végétaux. De même, les lésions dues à
Botrytis sont souvent plus étendues que celles causées par le collembole.
Enfin, la prise de nourriture par le collembole soutire la chlorophylle mais ne
semble pas modifier la texture de la feuille. Les lésions causées
par Botrytis provoquent la mort des tissus et elles présentent une texture
différente des tissus foliaires sains. En plus des dommages causés
par les insectes qui se sont nourris, j'ai aussi noté beaucoup de jaune
dans les plus vieilles feuilles. À la cueillette de ces plants nous avons
remarqué que les collemboles n'étaient pas seuls à l'uvre
- il y avait aussi des anguillules des tiges. La question maintenant - quels ravageurs
sont arrivés les premiers? Le collembole était-il plus attiré
par l'ail à cause des activités du nématode, ou le contraire?
Les bulbes d'ail en putréfaction, attaqués par les nématodes,
libèrent-ils des produits chimiques qui attirent les collemboles? Les plants
dont se nourrissent les collemboles sont-ils plus vulnérables aux anguillules
des tiges et des bulbes, ou plus attrayants pour eux?
Figure 5. Dommage dû aux collemboles (lésions sur les feuilles) et feuilles jaunies causées par l'anguillule des tiges et des bulbes (photos de gauche et de droite).
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