Maladies bactériennes de l'oignon


Dans la plupart des cultures végétales, les maladies bactériennes sont très difficiles à combattre et l'oignon n'y fait pas exception. Les trois maladies bactériennes qui infectent occasionnellement les cultures d'oignon en Ontario sont la pourriture des tuniques extérieures, la pourriture aqueuse des tuniques internes (pelure glissante) et la pourriture molle. Les plants d'oignon semblent résister aux infections bactériennes durant les premiers stades de croissance, mais deviennent plus vulnérables plus tard dans la saison après l'initiation du bulbe.

Ces trois maladies sont causées par trois différentes bactéries ayant des caractéristiques biologiques communes. Ces trois bactéries vivent dans le sol et sur les repousses d'oignons laissés dans le champ; elles ont besoin de pluie pour être projetées sur les plants et; elles ont toutes tendance à infecter les tissus endommagés dans le champ. Les maladies bactériennes de l'oignon semblent être plus dévastatrices quand la saison de croissance est humide comme ça été le cas en 2008 ou quand les violentes tempêtes de pluie ou les périodes de temps humides prolongées sont accompagnées de conditions chaudes et humides. Les champs fréquemment irrigués par aspersion, particulièrement quand les températures sont élevées (>30o C), sont aussi la cible d'attaques bactériennes sévères lorsque les pathogènes sont présents dans le sol. Lors de pluies abondantes ou d'irrigations par aspersion, l'eau projette le sol contaminé de bactéries sur les feuilles. Les bactéries peuvent alors infecter les feuilles en pénétrant par les ouvertures naturelles de la feuille ou encore par les plaies occasionnées par le vent, les fortes pluies, la grêle, les thrips et autres maladies comme la brûlure de la feuille ou le mildiou. Une fois que la feuille est infectée par la bactérie, celle-ci se multiplie à l'intérieur des tissus et se propage vers le bas en direction du bulbe, détruisant les tissus sur son passage. Les températures très chaudes favorisent le développement rapide de ces bactéries à l'intérieur des tissus résultant en l'apparition rapide des symptômes. Malheureusement, ces bactéries pathogènes ont la capacité de se développer à des températures fraîches à modérées à un rythme plus lent. Les symptômes apparaissent beaucoup moins vite par temps frais et passent souvent inaperçus au moment de la récolte et avant l'entreposage. Une fois que les bulbes d'oignons sont entreposés, la maladie envahit lentement les tissus donnant lieu à d'importantes pertes de qualité.

En général, les symptômes initiaux dans le champ sont le flétrissement ou le jaunissement d'une ou deux feuilles au centre du faisceau de feuilles. Le bulbe d'un plant infecté peut paraître sain, sauf au niveau du collet où il peut y avoir des tissus mous. Une des différences observées entre ces maladies est que la pourriture aqueuse des tuniques centrales a tendance à migrer à un niveau plus bas jusqu'à la base du bulbe pour se propager ensuite aux tuniques adjacentes. Les tuniques infectées ont un aspect de liquéfaction ou de cuisson et quand une pression est appliquée à la base du bulbe infecté, les tuniques centrales glissent au dehors. Dans le cas de la pourriture des tuniques extérieures, ce sont habituellement les quelques tuniques extérieures qui sont pourries alors que les autres tuniques adjacentes et centrales sont fermes. Si le bulbe est gravement atteint, les tuniques centrales peuvent également glisser au dehors si une pression est appliquée. Une odeur acide nauséabonde accompagne généralement cette maladie comme son nom en anglais l'indique " Sour skin ". La bactérie de la pourriture molle envahit souvent les tissus déjà infectés donnant lieu à une décomposition plus avancée, laquelle est également accompagnée d'une odeur nauséabonde, rendant ainsi le diagnostic de ces maladies très difficile. Qu'il s'agisse de la pourriture des tuniques extérieures ou de la pourriture aqueuse des tuniques centrales, les deux maladies peuvent engendrer des pertes de rendement allant jusqu'à 50 %.

Qu'est-ce que les agriculteurs peuvent faire pour éviter les pertes causées par ces maladies bactériennes? Il n'y a malheureusement pas de bactéricide miracle capable d'éradiquer ces maladies. La lutte repose sur l'intégration de pratiques culturales pouvant garder ces maladies en échec. Comme ces bactéries sont des pathogènes du sol, la rotation culturale pendant une période d'au moins 3 ans avec des plantes qui ne sont pas des hôtes, comme les cultures céréalières, pourra réduire de façon significative les niveaux de population présente dans le sol. Avant tout, évitez de cultiver des oignons pendant au moins 3 ans à proximité de tas d'oignons rejetés ou d'un champ ayant un historique de ces maladies, en particulier s'il s'agit de la pourriture aqueuse des tuniques centrales. Même si la sensibilité des différentes variétés d'oignons à ces maladies n'est pas connue, évitez de semer des variétés qui ont été gravement affectées par ces maladies dans le passé et semez les variétés résistantes connues. Toujours prévoir un espacement suffisant entre les plants et les rangées pour que la circulation d'air puisse assécher rapidement la culture et ainsi réduire les conditions favorables à l'infection après une tempête de pluie ou une forte irrigation. Planifiez un programme de fertilisation modérée et évitez une fertilisation azotée après l'initiation du bulbe, ce qui pourrait accroître le développement de la maladie et les pertes culturales. Il est conseillé d'intégrer au sol les débris végétaux infectés, les repousses d'oignons et les tas d'oignons rejetés à l'automne et au printemps. Quand c'est possible, évitez l'irrigation par aspersion dans les champs ayant un historique de ces maladies, particulièrement durant les journées d'été très chaudes. Ces maladies passent souvent inaperçues au moment de la récolte. Les oignons infectés qui n'ont pu sécher suffisamment dans le champ suite à une saison très humide risquent souvent de pourrir en entreposage. Assurez-vous que les bulbes sont secs et que les collets sont fermés avant de les transférer dans un entrepôt frais et sec.


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