Identification des " vers " dans les prunes et les pêches
Lorsqu'on découvre des fruits attaqués par les vers autour du moment de la récolte, il est trop tard pour intervenir. Les dommages sont déjà faits et les larves sont bien protégées contre toutes les tentatives désespérées de pulvérisation pour essayer de s'en débarrasser. Il est cependant très important d'identifier les ravageurs pour comprendre les lacunes des stratégies de lutte antiparasitaire qui ont été utilisées afin de prendre les mesures pour réduire le problème l'année prochaine. Les stratégies de lutte font appel au dépistage, et portent notamment sur le choix des produits et le calendrier des pulvérisations, qui diffèrent tous selon les ravageurs en cause. Le charançon de la prune et la tordeuse orientale du pêcher (TOP) sont deux larves que l'on retrouve fréquemment dans les prunes et les pêches. Pour le profane, ces larves se ressemblent au premier coup d'il. Il existe toutefois certains trucs pour les distinguer, mais il est plus facile d'y arriver avec une petite loupe ou un microscope à dissection. Prélevez au moins 40 à 50 fruits infestés afin que l'échantillonnage soit représentatif, puisqu'il est possible que les dommages soient causés par plus d'un ravageur. Rappelez-vous bien qu'il se peut que le ravageur responsable des dommages ne soit plus dans le fruit. Une partie du processus d'identification consiste à observer ce que le ravageur a laissé derrière lui. Examinez les symptômes à l'extérieur du fruit. Y a-t-il des déjections qui sortent du fruit? Peut-on voir des cicatrices en forme de croissant ou des orifices dégagés? Lorsque les femelles du charançon de la prune pondent leurs oeufs dans le fruit, une cicatrice apparaît au site de ponte. Avec le temps, la cicatrice prend une nette forme de croissant (figure 1). Une fois que les larves du charançon ont terminé de dévorer le fruit, elles s'en vont par un orifice dégagé du fruit (figure 2). Les larves de la TOP quittent souvent le fruit par l'orifice utilisé pour y pénétrer, et on observe souvent des déjections à ces endroits.
Fig 1 - La cicatrice prend une nette forme de croissant
Fig 2 - Les larves du charançon s'en vont par un orifice dégagé du fruit Coupez ensuite soigneusement les fruits et prélevez les larves qui s'y trouvent afin de les examiner. Les larves peuvent être placées dans de l'alcool, ce qui permet de les conserver au cas où il vous serait impossible de les examiner tout de suite ou si vous souhaitez les envoyer au centre d'identification des ravageurs (Pest Diagnostic Centre) ou à un conseiller qualifié qui pourra l'identifier. Les larves de la TOP et du charançon de la prune ont toutes deux des capsules céphaliques bien développées. Les larves du charançon de la prune n'ont pas de pattes, elles sont d'un blanc crémeux et forment un "C " lorsqu'elles sont dérangées (figure 3). Étant donné qu'elles n'ont pas les pattes très développées, elles vont tout simplement se tortiller et s'enrouler désespérément lorsqu'on les retire du fruit. Par contre, les larves matures de la TOP ont une teinte rosée et possèdent des pattes bien développées qu'elles utiliseront pour tenter de s'échapper. Les larves adultes possèdent aussi une structure appelée " peigne anal " à leur extrémité postérieure, qu'il est facile d'observer avec une loupe ou un microscope (figure 4). Cette caractéristique permet de les différencier de la pyrale dans les fruits à pépins.
Fig 3 - Les larves du charançon sont d'un blanc crémeux et forment un "C "
Fig 4 - Les larves adultes possèdent aussi une structure appelée " peigne anal " à leur extrémité postérieure Une fois que l'on sait à quel ravageur on fait affaires, il devient possible d'adapter sa stratégie de lutte pour l'année suivante et d'y apporter les changements nécessaires.
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