Conseils sur la lutte contre la tordeuse à bandes obliques dans les vergers de pommiers de l'Ontario
Le MAAARO recommande le traitement à la chute des pétales dans les vergers qui ont déjà été touchés par la tordeuse à bandes obliques ou là où il y avait des populations importantes au printemps. Avant de déterminer s'il est nécessaire d'effectuer un traitement contre la génération d'été, il est important connaître le nombre de larves hivernantes qui ont survécu aux traitements effectués à la chute des pétales. Pour savoir s'il faut effectuer des pulvérisations d'été contre ce ravageur, il faut effectuer un suivi de la présence des larves et des dommages causés par la génération d'été. Les producteurs sont de plus en plus nombreux à faire des épandages contre la tordeuse à la chute des pétales, et il existe d'excellents produits pour cela, de sorte que de moins en mois de larves hivernantes parviennent à survivre. Les décomptes d'individus pris au piège et les modèles de développement fournissent des renseignements utiles sur le meilleur moment pour épandre des insecticides contre la génération d'été; cependant le nombre d'insectes ainsi capturés varie selon l'emplacement des pièges, et ceux ci peuvent attirer des individus en provenance du verger lui même ou des milieux voisins. Par conséquent ce type de décompte ne permet pas de faire une évaluation adéquate des populations de tordeuse à bandes obliques ni des dommages qu'elles risquent d'infliger au verger. Pour déterminer s'il est nécessaire d'effectuer des traitements contre la génération d'été, on doit toujours se fonder sur une estimation du nombre de larves. Il est important de prévoir le moment où les larves commenceront à apparaître dans les vergers parce qu'elles peuvent échapper au suivi. Pour ce faire, on place des pièges dans le verger au moment de la chute des pétales, et on se réfère aux modèles dès les premières captures régulières d'adultes. On obtient une capture de 50 % de la génération hivernante à 77,8 DJ après le biofix (base 6,1°C). L'éclosion de 1 % des ufs se produit à 224 DJ, base 6,1°C, et l'éclosion de 95 % des ufs se produit à 433 DJ, base 6,1°C. Les larves immatures sont très petites et peuvent être difficiles à voir. Les petites larves sont présentes à 500 DJ, et on compte une majorité de grosses larves à 666 DJ (Brunner et al., 1997). Elles commencent par se nourrir des pousses tendres en croissance, des gourmands et des fruits en développement; cependant, après le 3e stade, elles causent souvent plus de dommages aux fruits. Pour trouver les larves en émergence, examiner 10 pousses de 10 arbres et y rechercher les larves ou les dommages qu'elles ont produits en se nourrissant. Examiner également 10 fruits de 10 arbres pour voir s'ils sont endommagés. Les larves pleinement développées ont une longueur d'environ 25 mm, elles sont vertes avec une capsule céphalique (tête) brune ou noire. Souvent, dans les vergers, il est plus difficile de trouver les larves elles mêmes que les dégâts qu'elles ont produits. Elles enroulent les feuilles pour s'y abriter et, avec leurs soies, elles les attachent ensemble ou à un fruit. L'intervention est recommandée si 1 à 2 % des pousses terminales ou des fruits sont infestés. On doit effectuer un nouvel échantillonnage dans les trois à cinq jours suivants pour s'assurer qu'on n'a pas sous estimé l'importance de la population. Si un traitement s'avère nécessaire, le MAAARO recommande l'épandage d'un insecticide à 240 ou 280 DJ (base 6,1°C), lorsque les larves sont actives. Les internautes savent probablement que plusieurs modèles phénologiques de la tordeuse à bandes obliques ont été publiés, et que chacun de ces modèles se fonde sur des seuils différents (le seuil inférieur pouvant être de 6,0, 6,1, 7,2, 10 ou 10,8°C). Selon la recherche la plus récente en provenance de l'État de Washington, il semble que le seuil inférieur soit de 10 oC et le seuil supérieur de 30°C de l'uf à l'adulte. Ce modèle indique que le taux de développement des larves est ralenti à des températures de plus de 30 oC et que leur taux de mortalité s'accroît à 34 ou 36°C. Dans le passé, en Ontario, nous n'avons jamais tenu compte d'un seuil supérieur. Cela explique peut être pourquoi certaines années (notamment les années de grandes chaleurs) la date d'émergence des larves prévue par notre modèle précédait leur date réelle d'apparition dans les vergers. Nous espérons pouvoir évaluer ce nouveau modèle dans des conditions réelles en Ontario, mais pour le moment nous nous en tenons à celui créé par Brunner et al. (2007). Dans la lutte contre la tordeuse à bandes obliques, le moment de l'intervention revêt une grande importance. Nous pensions que pour lutter contre ce ravageur, il était essentiel de cibler les petites larves, mais D. Pree, PhD (anciennement d'Agriculture et Agroalimentaire Canada), a démontré que les insecticides donnaient d'aussi bon résultats contre les larves plus âgées que contre les jeunes. Il est essentiel de ne pas traiter trop tôt. En effet, l'émergence de la tordeuse à bandes obliques peut se prolonger sur une longue période, et un traitement trop précoce peut laisser trop peu de résidus pour avoir un effet sur les insectes qui émergent plus tard, ce qui peut rendre nécessaire l'épandage d'un autre insecticide. L'année dernière, le MAAARO a reçu un financement de la Ontario Fruit and Vegetable Convention pour un essai d'évaluation des seuils en provenance de l'État de Washington dans les conditions qui prévalent en Ontario. Selon les résultats préliminaires de l'année dernière, le modèle que nous employons actuellement en Ontario est plus précis que ce nouveau modèle pour les conditions qui prévalent chez nous; cependant nous poursuivons cette étude cette année et nous vous communiquerons les résultats à venir.
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