Dans cette section

Éclaircissage chimique des pommes en relation avec les fleurs endommagées par le gel


Aux matins des 30 avril et 1er mai 2008, un gel considérable a causé des dommages à plusieurs cultures fruitières dans le sud et l'est de l'Ontario. La température nocturne a chuté entre 0,7 et -6 oC pendant environ 3 à 4 heures à chacune des nuits (tableau 1). Même si le gel avait été annoncé, la durée sous le point de congélation, l'étendue du gel, ainsi que les basses températures ont, semble-t-il, occasionné des dommages considérables aux fleurs, alors que plusieurs pêchers et cerisiers étaient aux stades phénologiques de bouton rose à pleine floraison et les pommiers et poiriers au stade débourrement à bouton rose.

Tableau 1 : Températures de l'air minimales (°C) à environ 1,5 mètres du sol à divers endroits en Ontario en date du 30 avril et du 1er mai
Endroits avril 30 mai 1
Collingwood
0.7
0.7
Delhi
-5.5
-2.3
Guelph
-4.9
-4.1
Hamilton
-3.5
0.2
Harrow
-1.8
5.7
London
-2.4
-3.9
Markdale
-6.0
-3.5
Ottawa
0.1
-1.5
Simcoe
-0.8
-2.7
Stratford
na
-1.0
Trenton
-0.7
-2.1
Vineland
-1.4
-0.3
Welland
-4.0
na

Source : Environnement Canada

Selon la fiche technique "Stages of Apples" de la Washington State University, une température entre -5 oC et -2,8 oC occasionne des dommages de 10 % aux boutons floraux des pommiers aux stades "débourrement avancé" et "prébouton rose ", respectivement. Des températures entre -9,4 oC et -6,1 oC vont, quant à elles, occasionner des dommages de 90 % aux boutons floraux des pommiers aux mêmes stades de développement, respectivement. Manifestement, plusieurs vergers du sud de l'Ontario ont connu de telles températures, cependant les dommages semblent plus importants que les prédictions mentionnées dans la fiche technique. Les rapports préliminaires de la province indiquent des dommages aux boutons floraux des pommiers entre 10 et 90 %, tout dépendant de l'élévation de la zone, du stade de floraison, de la hauteur sur le pommier et de la proximité des Grands Lacs.

Il est conseillé aux pomiculteurs d'évaluer les dommages en sectionnant en deux un échantillon de bouton floral/fleur pour déterminer si les fleurs ou les fruits en développement ont été endommagés (figures 1 et 2).

Figure 1. Fleur de pommier non endommagée par le gel [Photo J. Cline]

Figure 1. Fleur de pommier non endommagée par le gel [Photo J. Cline].

igure 2. Fleur centrale présentant un ovaire endommagé.

Figure 2. Fleur centrale présentant un ovaire endommagé.
Les dommages aux stigmates et aux styles étaient également évidents. Les pétales semblent intacts. [Photo J. Cline].

Les dommages dus au gel deviennent apparents en aussi peu que 24 à 48 heures après le gel par le brunissement des tissus de l'ovaire. Les fleurs centrales semblent être les plus atteintes, mais les fleurs latérales peuvent aussi présenter des dommages. Comme les dommages d'un gel par rayonnement peuvent varier grandement à l'intérieur d'un verger en raison de l'emplacement de la section, du cultivar et de la hauteur dans l'arbre, il faut examiner les boutons floraux un peu partout dans le verger. Le gel peut aussi occasionner des lésions aux feuilles des rameaux latéraux. Quand cela se produit, le degré d'absorption de l'agent d'éclaircissage dans les fruits et dans les feuilles endommagés risque d'être supérieur que dans le cas des feuilles et des fruits non endommagés. La réponse au produit d'éclaircissage risque ainsi d'être plus forte. Le gel peut également nuire à la photosynthèse et le stress causé par une concentration plus faible des réserves d'hydrates de carbone peut aussi accentuer la réponse à l'éclaircissage.

Quand les dommages aux fleurs sont légers (moins de 30 % de brunissement et de boutons atteints), le potentiel d'une bonne récolte est encore très probable. Toutefois, quand les dommages sont de moyens à graves (supérieurs à 50 %), les producteurs devraient faire preuve de vigilance durant la période cruciale de formation des fruits, immédiatement après la chute des pétales. Lorsque les dommages dus au gel sont importants, (>60 %), les décisions relatives à l'éclaircissage sont évidemment plus complexes. Dans le cas où la fleur centrale est morte, laissant plusieurs petits fruits latéraux viables, l'éclaircissage est plus difficile car il y a moins de différence dans la taille des fruits et il y a une plus forte concurrence entre les fruits latéraux. Il est alors préférable d'attendre que les fruits soient mieux formés et qu'il y ait une différence plus marquée dans la taille des fruits au sein du bouquet. Appliquez l'agent d'éclaircissage avant que le plus gros des fruits n'ait atteint tout au plus 14 à 15 mm. Lorsque c'est davantage la partie végétative inférieure de l'arbre qui a été affectée, appliquez 65-90 % de la solution aqueuse sur la ½ supérieure de l'arbre et étudiez la possibilité de fermer les buses qui arrosent le bas de l'arbre. Un certain éclaircissage manuel sera peut-être nécessaire pour enlever de façon sélective les fruits avec des marques de gel ou les fruits déformés. Souvenez-vous qu'environ 5 % des fleurs seulement suffisent à la production des fruits commercialisables. Si le gel a réduit la production de façon importante, alors vous devriez sérieusement penser à contrôler la croissance en utilisant Apogee durant la saison de croissance. Les pulvérisations de Apogee commencent à la chute des pétales.

Pour en savoir plus

 

Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca