Des souris et des hommes : la lutte contre les souris dans les vergers de pommiers


Campagnols

Les campagnols (souvent appelés souris) peuvent causer des pertes économiques importantes dans les vergers de pommiers de l'Ontario, le plus souvent lorsqu'ils manquent de nourriture. Les campagnols sont des rongeurs bruns ou gris au corps trapu, à la queue et aux pattes courtes qui sont actifs de jour comme de nuit, toute l'année.

La plupart du temps, ils se reproduisent au printemps. Les femelles sont en mesure de se procréer à l'âge de trois semaines et de produire des portées de deux à neuf jeunes tous les mois. Les populations peuvent s'accroître de façon spectaculaire avant de s'effondrer. Elles atteignent généralement un pic tous les deux à cinq ans, mais ces cycles sont impossibles à prévoir. Les campagnols se nourrissent souvent de graines d'herbes, de plantes herbacées et de bulbes au printemps et en été, puis d'écorce en automne et en hiver. Lorsqu'ils sont présents dans un verger, à la récolte, on remarque des tunnels, des excréments et des marques de morsures sur les pommes. Les rongeurs peuvent être attirés dans le verger par les pommes tombées des arbres que l'on a laissées sur place après la récolte.

Les deux espèces qui vivent en Ontario sont le campagnol des prés (aussi appelé campagnol des champs) et le campagnol sylvestre. Le plus commun dans les vergers est le campagnol des prés, d'une longueur d'environ 150 à 195 mm, brun foncé à ventre gris. Sa queue est deux fois plus longue que son pied arrière, ses oreilles sont couvertes de fourrure et dépassent légèrement le pelage de la tête, et il a des yeux bien visibles. Les campagnols des prés prospèrent dans les étendues herbeuses ou envahies par les mauvaises herbes comme les vieux champs, et dans les endroits où poussent des plantes vertes succulentes (vergers, pâturages, champs de foin et haies). Ils creusent des tunnels peu profonds dans le sol et dessinent des allées dans les herbes, en surface. Le campagnol sylvestre est plus petit que le campagnol des prés, il a un pelage brun clair et sa queue est à peu près aussi longue que son pied arrière. Ses yeux sont enfoncés et ses oreilles sont enfouies dans son pelage. Le campagnol sylvestre est présent au sud d'une ligne allant de Goderich à Ottawa. Les membres de cette espèce creusent des tunnels profonds mais dessinent peu d'allées en surface. Pour que leurs tunnels résistent, il leur faut une certaine quantité de matière organique et d'argile dans le sol, et on les trouve rarement dans les endroits sablonneux.

Ces deux espèces de campagnols ceinturent les troncs d'arbres en automne et en hiver, notamment les années où la couverture de neige est abondante et persiste longtemps. Les dommages ainsi causés peuvent causer un stress chez les arbres ou les tuer.

Formes de lutte

Biologique

Plusieurs espèces d'animaux sauvages sont des prédateurs des campagnols : rapaces diurnes et nocturnes, corneilles, corbeaux, belettes, renards, chats, coyotes, ratons laveurs et serpents. La prédation peut ne pas suffire à contenir des populations de campagnols lorsqu'elles sont abondantes mais, les années normales, elle peut les tenir en échec et limiter ainsi les dommages.

Modification de l'habitat

La réduction ou l'élimination du couvert et des herbes hautes est une bonne méthode pour faire diminuer les populations de campagnols. Tondre l'herbe à une hauteur de 7,5 à 15 cm pour limiter les quantités de nourriture disponible et le couvert et exposer ainsi ces rongeurs aux prédateurs. Lorsqu'on attend longtemps entre les coupes, ou si la tonte est effectuée avec une faucheuse à barre de coupe, il peut s'accumuler une couche de chaume qui constitue un couvert pour les campagnols. On peut empêcher ces animaux de s'installer dans les vergers en maintenant une large bande traitée à l'herbicide dans la rangée d'arbres ou sous chacun des arbres, en plus de tondre court le couvert du sol à intervalle régulier. Éviter de laisser du paillis, des émondes ou de la végétation en décomposition à la base des arbres ou dans les rangées.

Exclusion

On peut placer des barrières anti souris autour des arbres pour empêcher les campagnols d'endommager leur écorce. Placer ces dispositifs sur les arbres jeunes que même des dégâts peu étendus dus aux campagnols peuvent suffire à endommager gravement ou à tuer. Ces barrières doivent avoir une hauteur d'environ 45 cm et être enfoncés à environ 5 cm dans le sol. Vérifier les barrières anti souris chaque année pour s'assurer qu'elles jouent bien leur rôle et pour vérifier qu'elles ne gênent pas le développement du tronc. Éviter les modèles qui ne permettent pas la circulation de l'air. Toujours choisir des barrières de couleur claire parce que pendant les journées chaudes d'hiver, les matériaux foncés peuvent provoquer un échauffement de l'écorce, qui peut ensuite être endommagée par le froid de la nuit.

Piégeage

Le piégeage n'est pas un moyen efficace de lutte contre les populations abondantes de campagnols, mais il permet d'effectuer la surveillance des populations peu nombreuses. Placer des pièges à souris appâtés avec du beurre d'arachides, de la farine d'avoine ou des tranches de pommes près des allées ou des tunnels.

Répulsifs

Certains répulsifs comme le thirame sont homologués contre les campagnols. Cependant il subsiste une incertitude quant à leur efficacité à long terme.

Rodenticides

Les appâts empoisonnés permettent de lutter contre les populations de souris. Ces pièges sont plus efficaces si l'on a enlevé les autres types d'aliments (pommes tombées des arbres). Les mettre en place avant que le sol ne soit couvert de neige et que l'herbe ne se couche. Les placer par une journée ensoleillée lorsqu'on prévoit plusieurs jours sans pluie. Ces appâts sont toxiques pour de nombreux organismes non ciblés (chats, chiens, dindons, faisans, ratons laveurs et moufettes).

L'utilisation des pièges appâts constitue souvent une meilleure méthode de lutte contre les souris parce qu'elle en permet la maîtrise à long terme. Ces dispositifs sont également considérés comme plus écologiques parce qu'ils permettent d'éviter que d'autres animaux ou des enfants trouvent le poison. Ils peuvent être faits de plaques de bois, de planches ou de boîtes de conserve dont un bout a été enlevé. Placer l'appât sous la planche ou dans la boîte de conserve, que l'on couche sur le côté. Le dispositif le plus efficace est probablement le piège appât en T inversé fabriqué à partir d'un tuyau d'ABS de 3,8 cm. On place plusieurs cuillérées à table d'appât dans le tube vertical, que l'on recouvre ensuite pour protéger le produit du mauvais temps. Placer 25 pièges appâts par hectare (10 par acre). Récemment, un biopesticide à risques réduits (Rode trol Rodent Control Bait) a été homologué pour la lutte contre les rats et les souris dans les édifices, les entrepôts, les granges et les aires d'entreposage d'aliments pour animaux restées vides.

Pour en savoir plus:

 

 


Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca