Commentaires sur l'éclaircissage et la gestion des charges de récolte

 

L'autre jour, j'ai tenté de calculer approximativement combien il en coûterait de faire l'éclaircissage manuel de l'ensemble des vergers ontariens, et je suis arrivé au chiffre de 18 millions de dollars si l'on embauchait 10 000 employés pendant environ un mois.

En comparaison, un bon programme d'éclaircissage chimique appliqué à l'ensemble des vergers commerciaux de la province coûterait environ 750 000 $ aux producteurs.

L'éclaircissage de la charge de récolte d'un pommier ayant eu une bonne nouaison est probablement la meilleure pratique culturale qui puisse être mise en œuvre dans le verger. Non seulement il permet d'optimiser la valeur potentielle de la récolte, mais il se répercute sur de nombreux autres aspects allant de la prévention des insectes et des maladies aux perspectives de floraison et de récolte pour les années à venir.

Cette année, en Ontario, on devrait assister à la première récolte de fruits centraux depuis un bon bout de temps. Ce printemps, le développement des bourgeons a été plus lent que certaines de ces dernières années pendant lesquelles ils se sont développés rapidement et ont été victimes du gel. Dans le passé, les décisions relatives à l'éclaircissage ont été rendues difficiles par le facteur gel. Cette année, ce devrait être plus facile.

Dans un bouquet de jeunes fruits, les fruits centraux dominent normalement les fruits secondaires, ce qui facilite leur sélection lorsqu'on se sert de produits d'éclaircissage adéquats. On considère comme fruit central le jeune fruit le plus gros et le plus solidement attaché au dard.

J'estime que le nombre de jours et d'heures de conditions permettant aux abeilles d'être actives dans le verger est assez bon. Cependant il est rare que l'on ait un temps parfaitement sec et chaud pendant toute la floraison comme cela a été le cas en 1999.

Dans les récoltes bien éclaircies, la taille des fruits et par conséquent le volume de la récolte dépendent directement du transport du pollen dans le verger, qui n'a lieu que lorsque les conditions météorologiques sont propices à l'activité des abeilles.

Dans la plupart des cas, en Ontario, la floraison de l'année suivante a été excellente. Certains arbres ont même eu ce que j'appellerais une floraison " boule de neige ". Pour l'arbre, ce type de floraison exige une grande dépense d'énergie et, en théorie, elle en facilite l'éclaircissage.

La production de pollen par le grand nombre de fleurs qui en résultent représente aussi une importante consommation d'azote.

Il y a toujours un risque d'éclaircissage excessif ou insuffisant. De nombreux producteurs préfèrent que l'éclairicissage soit légèrement excessif plutôt qu'insuffisant. L'éclaircissage manuel de grands vergers exige un important investissement en temps et en argent. Voir la partie Agents d'éclaircissage et régulateurs de croissance de la publication no 360F. Elle contient de nombreuses informations sur les divers cultivars et sur le mode d'évaluation de la force de la nouaison.

Si vous vous servez du régulateur de croissance Apogee pour la première fois, vous constaterez peut être qu'il renforce la nouaison au point où vous devrez modifier les doses ou votre matériel. C'est là qu'il vous faut une bonne tenue de dossiers pour vous permettre de savoir ce que vous avez fait dans le passé, ce qui a marché et ce qui a moins bien marché.

Au début de juin, je recommande aux producteurs de faire une coupe des jeunes fruits pour compter les pépins. Cet aspect peut être important parce qu'il est lié aux décisions de gestion pendant tout le reste de la saison de croissance.

Figure 1. Possibilité de nombreux pépins, les embryons se développent rapidement.

Figure 1. Possibilité de nombreux pépins, les embryons se développent rapidement.

Les fruits contenant moins de pépins croissent et se développent moins bien. Ils peuvent également avoir une moins bonne capacité d'absorption de divers éléments nutritifs dont le calcium. Une forte proportion des Mutsu ou Crispin contenant un petit nombre de pépins ont une texture liégeuse ou une fossette amère. Les pommes ayant peu de pépins se conservent aussi parfois moins bien que celles qui en contiennent sept à dix.

L'expérience montre qu'il suffit de relativement peu de petits fruits à la nouaison pour obtenir une récolte d'un volume raisonnable. Pour des variétés comme Gala et Fuji, une année moyenne, il suffit que 5 à 10 % de la floraison parvienne à maturité pour produire une bonne récolte. Il faut donc éliminer tous les petits fruits latéraux et un fruit central sur deux ou trois, selon la vigueur de l'arbre et la quantité d'eau disponible. Ces cultivars donnent de meilleurs résultats lorsque les jeunes fruits sont convenablement espacés.

Un cultivar comme Honeycrisp, qui est relativement nouveau en Ontario, peut produire des fruits trop gros si l'on ne conserve qu'un seul jeune fruit par dard. Selon les producteurs qui ont fait l'expérience de Honeycrisp, il peut être préférable de laisser une forte proportion de dards avec deux jeunes fruits pour que ceux ci ne deviennent pas trop gros. Le cultivar Honeycrisp exige une bonne gestion de la charge pour assurer la qualité de la récolte de la saison en cours et une bonne floraison l'année suivante.

 


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