Les brise-vent qui tolèrent les dérives du sel de voirie

Les brise-vent et les boisés agricoles qui sont situés en bordure des grands chemins publics et des routes rurales peuvent être endommagés ou détruits par les embruns salés suite aux épandages d'hiver des sels de voirie. La circulation des automobiles et des camions soulève les gouttelettes d'eau contenant les résidus de sel, lesquelles peuvent être transportées avec le vent dans les champs adjacents et recouvrir les arbres. Les grosses autoroutes à quatre voies sont plus dommageables que les chemins publics plus petits ou les routes rurales, car les véhicules qui y circulent plus rapidement et le passage fréquent de gros camions augmentent la quantité d'embrun salé qui dérive.

Plusieurs espèces d'arbres et d'arbustes communément utilisés dans les brise-vent sont sensibles à la dessiccation causée par la dérive des embruns salés suite aux épandages de sel de voirie. La recherche a démontré que la dérive du sel de voirie endommage plus facilement les espèces d'arbres et d'arbustes sensibles vers la fin de l'hiver plutôt qu'au début ou au milieu de l'hiver. À mesure que les arbres sortent de leur période de dormance et se préparent à la croissance printanière, ils deviennent plus sensibles aux effets des résidus de sel de voirie.

Figure 1. Un brise-vent agricole composé d'épinettes du Colorado situé en bordure d'un chemin public tolère les dérives du sel de voirie.

Figure 1. Un brise-vent agricole composé d'épinettes du Colorado situé en bordure d'un chemin public tolère les dérives du sel de voirie. Une bonne croissance, un feuillage en santé de couleur vert foncé ou bleu-vert et l'absence d'aiguilles brunes indiquent que les arbres n'ont pas été affectés par le sel.

Les arbres des vergers, comme les pêchers, abricotiers, pruniers et pommiers font partie des arbres vulnérables aux dommages causés par la dérive du sel de voirie le long des chemins publics. Le poirier est quelque peu moins sensible à la dérive du sel de voirie. Dans une étude, des vergers commerciaux situés sous le vent par rapport au chemin public avaient été endommagés antérieurement par du sel de voirie. L'étude a révélé de fortes concentrations de chlorure de sodium dans les rameaux porteurs de fruits et dans les bourgeons en dormance à plus de 100 mètres sous le vent par rapport au chemin public adjacent à la propriété.

Des relevés de recherche menés antérieurement par le département des sciences horticoles de l'Université de Guelph ont identifié des espèces d'arbres et d'arbustes capables de tolérer les effets du sel de voirie le long des chemins publics. Les propriétés agricoles situées en bordure des chemins publics auront des brise-vent en meilleure santé si le choix des arbres et des arbustes comporte des espèces tolérantes au sel. Les propriétaires devraient éviter les espèces reconnues comme étant sensibles aux dégâts causés par le sel de voirie.

Figure 2. Un brise-vent constitué de cèdres blancs est sensible au sel de voirie quand il est situé sous le vent par rapport à un chemin public.

Figure 2. Un brise-vent constitué de cèdres blancs est sensible au sel de voirie quand il est situé sous le vent par rapport à un chemin public. Après plusieurs hivers d'épandage de sel, on peut voir que les branches inférieures sont mortes ou en dépérissement. Le feuillage vert dans la partie supérieure des arbres indique que les concentrations en sel régressent à ces endroits. Il indique aussi que les conifères et les feuillus parvenus à maturité sont moins affectés par les sels de voirie, alors que la grande partie du feuillage dépasse le niveau des dérives de pulvérisations de sel.

Les brise-vent constitués d'espèces arboricoles tolérantes au sel de voirie peuvent protéger les vergers situés en bordure des chemins publics en captant et en réduisant la quantité de sel pulvérisé dans l'air avant qu'il ne pénètre dans le verger. Quelques fruiticulteurs ont obtenu de bons résultats en bordure de routes avec des brise-vent mixtes constitués d'épinettes du Colorado et de pins d'Autriche. À l'inverse, le cèdre blanc et l'épinette blanche ne tolèrent guère le sel de voirie et il arrive souvent que l'arbre en meurt ou que le feuillage montre des signes de brunissement suite aux dégâts des gouttelettes de sel.

Figure 3. Les conifères comme l'épinette du Colorado, le pin d'Autriche et l'épinette de Norvège sont plus tolérants aux dérives de sel de voirie le long des chemins publics durant l'hiver

Figure 3. Les conifères comme l'épinette du Colorado, lepin d'Autriche et l'épinette de Norvège sont plus tolérants aux dérives de sel de voirie lelong des chemins publics durant l'hiver et peuvent contribuer à protéger les vergers sensibles en captant les gouttelettes de sel avant qu'elles ne pénètrent dans le verger.

Un brise-vent en santé constitué de conifères peut également contribuer à prévenir les dérives de fongicides et d'insecticides qui peuvent s'échapper des vergers, vignobles ou des champs de petits fruits ou de légumes au cours des traitements de printemps et d'été. Les arbres créent une barrière visuelle aux automobilistes et peuvent fortement réduire le bruit des pulvérisateurs à jet d'air et d'autres travaux.

Pour qu'un brise-vent fonctionne adéquatement, il est important de renouveler ceux qui sont âgés et qui ont perdu de leur efficacité en raison des branches inférieures manquantes ou ceux qui comportent des trous parce qu'ils ont perdu des arbres. Les arbres sont entièrement renouvelables.

La liste suivante a été élaborée selon des relevés de recherche et regroupe les espèces d'arbres et d'arbustes pouvant tolérer les dérives de sel de voirie (réf. G. Lumis, Université de Guelph). On peut utiliser ces espèces pour établir un brise-vent sur des fermes situées en bordure de chemins publics ou de routes rurales. Une cote a été attribuée à chacune des espèces, en commençant avec 1 comme étant la plus tolérante au sel de voirie et 2 comme étant moyennement sensible au sel de voirie, mais qui convient quand même en bordure d'un chemin public. Le dernier groupe énumère les conifères qui sont très sensibles aux dégâts causés par la dérive du sel de voirie et qui ne devraient pas être plantés en bordure des routes.

Conifères tolérants

Épinette du Colorado, Picea pungens 1
Pin gris, Pinus banksiana 1
Pin des montagnes, Pinus mugo 1
Pins d'Autriche, Pinus nigra 1
Cèdre rouge, Juniperus virginiana 1
Genévrier, Juniperus sp. 2
Épinette de Norvège, Picea abies 2

Conifères très sensibles au sel de voirie

(ne pas planter à proximité de chemins publics salés en hiver)

If, Taxus sp.
Épinette blanche, Picea glauca
Pin rouge, Pinus resinosa
Pin sylvestre, Pinus sylvestris
Cèdre blanc, Thuja occidentalis
Pin blanc, Pinus strobus
Pruche du Canada, Tsuga canadensis

Feuillus tolérants

Érable plane, Acer platanoides 1
Marronnier commun, Aesculus hippocastanum 1
Ailante, Ailanthus altissima 1
Févier, Gleditsia triacanthos 1
Peuplier, Populus deltoides 1
Robinier faux-acacia, Robinia pseudoacacia 1
Caryer ovale, Carya ovata 2
Olivier de Bohême, Elaeagnus angustifolia 2
Frêne blanc, Fraxinus americana 2
Peuplier à grandes dents, Populus grandidentata 2
Peuplier noir, Populus nigra 2
Peuplier faux-tremble, Populus tremuloides 2
Cerisier de Virginie, Prunus virginiana 2
Poirier, Pyrus sp. 2
Chêne rouge, Quercus rubra 2
Sorbier des oiseaux, Sorbus aucuparia 2

Arbustes tolérants

Caraganier de Sibérie, Caragana arborescens 1
Argousier, Hippophae rhamnoides 1
Sumac vinaigrier, Rhus typhina 2
Fusain noir, Euonymus atropurpureus 2
Chèvrefeuille, Lonicera sp. 2
Lilas du Japon, Syringa amurensis japonica 2


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