La vie sans Guthion, est ce possible?
Depuis les dernières décennies, de nombreux pomiculteurs incluent le Guthion (azinphos méthyl) dans leurs programmes de lutte contre les ravageurs. Ce produit avait la préférence des pomiculteurs pour son large spectre d'activité (contre de nombreux ravageurs et de nombreux stades de développement de ceux ci), son efficacité et son coût relativement peu élevé. Cependant les inquiétudes suscitées par ses effets sur les animaux aquatiques et terrestres (poissons, abeilles, oiseaux et mammifères) et les risques importants qu'il engendre pour les travailleurs ont mené à son abandon graduel, qui est en cours au Canada et aux États Unis. Aux États Unis, l'emploi du Guthion dans les vergers sera permis jusqu'en 2012 pour permettre la mise au point de solutions de rechange et pour laisser le temps aux producteurs d'effectuer la transition vers de nouveaux produits. Au Canada, l'emploi du Guthion ne sera permis que jusqu'en décembre 2007; cependant le gouvernement fédéral prolongera peut être la période d'abandon graduel de ce produit. En Ontario, les programmes de gestion intégrée ont surtout porté sur l'emploi de l'Imidan (phosmet) au lieu du Guthion dans la lutte contre plusieurs importants ravageurs des pommiers pour lesquels il n'existe aucune solution de remplacement aux produits organophosphorés. Cependant, nombreux sont les pomiculteurs qui se servent largement du Guthion pour lutter contre le charançon de la prune. En l'absence de produits de remplacement efficaces, ils peuvent donc s'attendre à ce que ce ravageur primaire inflige des dommages considérables à leurs récoltes. Jusqu'en 2007, en Ontario, on avait du mal à imaginer
la pratique de la pomiculture sans produits organophosphorés (Guthion,
Imidan, Zolone, Diazinon). Depuis l'homologation récente du Calypso (thiaméthoxame),
de l'Actara (thiaclopride) et du Rimon (novaluron), les pomiculteurs disposent
maintenant d'autres outils de lutte contre le charançon de la prune, la
pyrale de la pomme et la mouche de la pomme. Ces homologations leur permettent
maintenant de travailler en vue d'une réduction de leur consommation de
produits organophosphorés. En ce qui concerne l'optimisation des programmes
de lutte contre les ravageurs sans insecticides organophosphorés, nous
en sommes encore au stade de l'apprentissage. Aux États Unis, les chercheurs
travaillent à l'élaboration de programmes de lutte contre les ravageurs
sans produits organophosphorés depuis des années, et ils n'ont pas
encore trouvé comment les mettre en uvre. Cela dit, qu'est ce que
les producteurs doivent savoir sur l'emploi des substances de remplacement des
insecticides organophosphorés?
C'est en étant proactifs et en insérant les produits de remplacement aux insecticides organophosphorés dans leurs programmes de lutte intégrée dès maintenant que les producteurs prépareront l'avenir. Beaucoup de ces produits de remplacement sont considérés comme ayant moins d'effets nocifs sur la santé humaine et sur l'environnement, et ils s'intègrent bien aux programmes de lutte intégrée existants. Si on laisse aux producteurs assez de temps pour permettre l'élaboration d'autres substances de remplacement aux insecticides organophosphorés et pour permettre la transition vers ces nouveaux produits, il sera possible de réduire de beaucoup les quantités d'insecticides organophosphorés qui sont employées dans les vergers. Pour en savoir plus
Pour plus de renseignements : Sans frais : 1 877 424-1300 Local : 519 826-4047 Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca
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