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Les cultures de couverture destructrices de nématodes ne sont pas toutes pareilles

 

Les cultures de couverture sont très bénéfiques au sol : elles fournissent de la matière organique, protègent de l'érosion et peuvent servir de cultures dérobées pour les nutriments et de plantes protectrices pour éliminer les mauvaises herbes. Certaines cultures de couverture suppriment également les populations de nématodes phytophages contenues dans le sol. Cependant, la capacité des cultures de couverture à éliminer les nématodes varie selon la culture, le type de cultivar et les espèces de nématodes phytophages en présence. Les nombreuses cultures de couverture destructrices de nématodes ont également différentes façons de procéder. Afin de mieux sélectionner la culture de couverture et la gestion qui conviennent à une lutte efficace, il est important d'identifier le type de nématodes causant les dégâts et de comprendre la façon dont les cultures de couverture les éliminent.

Les soucis constituent une culture de couverture très prisée pour la lutte contre les nématodes. Toutefois, seuls certains cultivars de l'œillet d'Inde (Tagetes patula), la rose d'Inde (T. erecta) et le tagète des décombres (T. minuta) éliminent un bon nombre de nématodes radicicoles et de nématodes cécidogènes (voir figure 1). En Ontario, des recherches ont démontré que ces nématodes radicicoles ont bien été supprimés par l'œillet d'Inde " Creole " et par le cultivar " CrackerJack " de la rose d'Inde. Les soucis produisent des polythienyls et du thiofène, composés toxiques pour les nématodes. Seuls certains cultivars du souci produisent des concentrations de polythienyls et de thiofènes suffisantes pour éliminer les nématodes. Ces substances nématicides étant exsudées par les racines, les cultures de soucis doivent rester plantées pendant au moins deux mois à une densité suffisante pour produire une concentration létale pour les nématodes. Certaines études réalisées sur le souci démontrent que les substances nématicides sont diffusées dans le sol par les tissus en décomposition après que les soucis aient été ajoutés comme engrais vert. Des recherches récentes ont démontré que certaines bactéries associées aux racines des soucis éliminent également, entre autres, les nématodes radicicoles, ce qui laisse à penser que l'élimination des nématodes est reliée à plusieurs des propriétés de cette culture de couverture.

Figure 1. Le cultivar CrackerJack du souci permet une lutte efficace contre le nématode phytophage.

Figure 1. Le cultivar CrackerJack du souci permet une lutte efficace contre le nématode phytophage.

Les cultures de crucifères, comme le colza, la moutarde des champs et le radis oléagineux, ont également démontré leur capacité à éliminer les populations de nématodes radicicoles et de nématodes cécidogènes. Dès que les feuilles et les autres parties aériennes des cultures de crucifères se détériorent, elles diffusent des glucosinolates qui vont se dégrader en plusieurs substances nématicides, comme les isothiocyanates et les nitriles. Ces produits sont toxiques pour les nématodes ou perturbent leur cycle de reproduction. En fait, les produits de la dégradation du glucosinolate sont semblables au fumigant metam-sodium, qui se dégrade dans le sol pour devenir de l'isothiocyanate de méthyle. Les composés du glucosinolate sont également responsables du goût et de l'odeur forts associés à la moutarde et au raifort. Bien que la plupart des cultures de crucifères produisent des glucosinolates, certains types comme la moutarde, le colza et le radis oléagineux en produisent plus que d'autres. Les cultivars de moutarde orientale comme " Cutlass " et " Forge " et des radis oléagineux comme " Adagio " et " Kernel " produisent plus de glucosinolates que les autres. Pas autant cependant que lorsque les glucosinolates sont produits dans les racines. Les cultures de crucifères doivent donc être mélangées au sol comme engrais vert afin d'éliminer les nématodes. L'ajout de la moutarde comme engrais vert doit, de préférence, se faire avant que les plants ne produisent des graines, afin de ne pas risquer que cette culture crée un problème de mauvaises herbes dans les cultures suivantes.

Figure 2. Le cultivar de moutarde orientale Cutlass produit des glucosinolates se dégradant en produits qui suppriment des nématodes.

Figure 2. Le cultivar de moutarde orientale Cutlass produit des glucosinolates se dégradant en produits qui suppriment des nématodes.

Certains cultivars de millet à chandelle, comme la semence fourragère canadienne Pearl Millet 101, ne sont pas des hôtes accueillants pour les nématodes radicicoles. Les nématodes ne coloniseront ses racines qu'avec réticence. Les nématodes radicicoles qui envahissent les racines du millet à chandelle connaissent une mauvaise reproduction, ce qui entraîne le déclin de la population de parasites. Certaines observations font état d'une lutte très efficace contre les nématodes radicicoles avec certains cultivars du millet à chandelle. De récentes recherches indiquent que l'ajout de millet à chandelle en engrais vert augmente le rapport carbone-azote dans le sol, ce qui favorise l'élimination de certaines espèces de nématodes phytophages. Certains cultivars du millet à chandelle sont des hôtes très accueillants pour les nématodes radicicoles. Il est fondamental de choisir le cultivar le plus utile à l'élimination des nématodes.

Figure 3. L'espèce fourragère canadienne Pearl Millet 101 élimine les nématodes phytophages.

Figure 3. L'espèce fourragère canadienne Pearl Millet 101 élimine les nématodes phytophages.

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