Les fongicides à base d'acide phosphoreux et les nutriments de phosphore
Les fongicides de type acide phosphoreux agissent de deux façons. D'abord, directement sur le champignon pathogène en arrêtant sa croissance et sa sporulation. Puis, ils agissent aussi de façon indirecte en stimulant la plante à activer son propre système de défense, ce qui contribue à prévenir les infestations futures. Les plantes dont le système de défense est stimulé avant d'être envahies par un pathogène sont davantage en mesure de se défendre. Rien ne prouve que les plants puissent utiliser directement les fongicides de type acide phosphoreux comme source alimentaire de phosphore. En théorie, une fois appliqués sur le système racinaire ou dans le sol, ces produits peuvent être convertis en phosphates par les microbes et servir de nutriment de phosphore pour la plante. Toutefois, en pratique, ce processus prend du temps et la quantité de phosphate produit est insuffisante pour satisfaire les besoins en phosphore de la plante. Au contraire, on a montré que les fongicides de type acide phosphoreux peuvent intensifier les effets délétères d'une carence en phosphore en " faisant croire " aux cellules des plantes qu'elles ont assez de phosphore quand ce n'est pas le cas. Par conséquent, il faut d'abord s'assurer que les plantes ne manquent pas de phosphore avant d'employer un fongicide de type acide phosphoreux comme Aliette.
Par comparaison aux phosphites et aux phosphonites, les orthophosphates sont la forme de phosphore que les plantes absorbent comme nutriment. Les engrais qui contiennent du phosphore sont hydrosolubles. Une fois dissous, l'orthophosphate peut être absorbé par les plants. Après son application dans le sol, l'orthophosphate a tendance à se fixer et n'est plus libre pour les plants. Quand le pH est faible, il forme des sels insolubles avec l'aluminium et le fer. Quand le pH est élevé, il réagit avec le calcium. Donc, d'une façon comme de l'autre, ces formes ne sont pas absorbables par les plantes. C'est pour cette raison que la pratique courante est de limiter l'exposition aux engrais à base de phosphore grâce à une application par bandes. Une fois assimilés par la plante, les nutriments de phosphore ont de nombreuses fonctions. Ils forment le squelette de l'ADN et de l'ARN, le matériel génétique présent dans toutes les cellules, et ils entrent dans la composition des membranes cellulaires. De plus, ils transfèrent l'énergie provenant du soleil à toutes les parties de la plante en croissance active ou à toutes les régions qui emmagasinent cette énergie. Par exemple, les feuilles, les racines, les tiges, les fleurs, les graines et les tubercules ont besoin de l'énergie solaire pour croître. Par conséquent, un ralentissement de la croissance est un symptôme d'une carence en phosphore. Le phosphore contribue aussi à réguler ou à faciliter de nombreuses réactions métaboliques. Les engrais les plus courants qui contiennent du phosphore sont l'hydrogénophosphate de monoammonium (MAP) et l'hydrogénophosphate de diammonium (DAP), des superphosphates simples et triples qui sont des engrais granulés. Le polyphosphate d'ammonium est la forme de phosphore utilisée normalement dans les engrais liquides. Les fongicides d'acide phosphoreux étant différents des nutriments de phosphore, il n'est pas possible de substituer l'un à l'autre. Pour plus de renseignements : Sans frais : 1 877 424-1300 Local : 519 826-4047 Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca
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