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Punaise terne : a été vue d'un peu trop près dans la fraise

Introduction

La punaise terne est un important ravageur dans la fraise et elle s'attaque à une variété de cultures dans le monde entier. Elle se nourrit d'une vaste gamme d'hôtes et elle produit plusieurs générations chaque année, ce qui en fait un ravageur particulièrement résilient. La punaise terne peut rapidement migrer vers un champ de fraises à partir d'une autre culture, comme un champ de luzerne. Le dépistage et l'identification des nymphes sont primordiaux pour réduire les dommages, mais il est difficile de les repérer à cause de leur taille, de leur couleur et de la vitesse à laquelle elles se déplacent. On se rend compte de l'infestation par ce ravageur à cause des fruits endommagés.

Description

Il existe quelques espèces de punaise terne, parmi lesquelles Lygus lineolaris (Palisot de Beauvois), qui s'attaque à la fraise. La plupart des espèces sont pourvues d'une glande qui sécrète des allomones, substances chimiques malodorantes servant de défense à l'insecte s'il est dérangé et qu'il veut chasser des prédateurs potentiels.

Adultes :

  • couleur d'apparence terne, de noir à brun (figure 1);
  • longueur de 6 à 7 mm et largeur de 2,5 mm, de forme ovale;
  • capable de voler, la moitié postérieure des ailes avant est membraneuse et repliée vers le bas;
  • triangle jaune visible sur le dos.

Figure 1. Punaise terne adulte

Figure 1. Punaise terne adulte
M indique l'extrémité membraneuse de l'aile avant, T indique le triangle jaune.

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Nymphes :

  • de petite taille, longueur entre 1 et 5 mm, selon le stade;
  • de couleur verte, devenant plus foncée avec l'âge;
  • de façon typique le 3e stade a des points noirs sur le dos et commence à développer des bourgeons alaires (figure 5).

Figure 2. Premier stade.

Figure 2. Premier stade.

Figure 3. Deuxième stade

Figure 3. Deuxième stade.

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Figure 4. Troisième stade, à noter le point noir sur le dos

Figure 4. Troisième stade, à noter le point noir sur le dos.

Figure 5. Quatrième stade, à noter les points noirs.

Figure 5. Quatrième stade, à noter les points noirs.

Figure 6. Cinquième stade, à noter le développement des bourgeons alaires.

Figure 6. Cinquième stade, à noter le développement des bourgeons alaires.

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Figure 7. Tous les stades de la punaise terne.

Figure 7. Tous les stades de la punaise terne.

Pendant ses premiers stades, la punaise terne est souvent confondue avec les pucerons à cause de la couleur vert pâle. Les nymphes de la punaise terne n'ont pas de cornicules, ou " tubercules ", structures de la partie postérieure du puceron; elles ont aussi tendance à se déplacer plus rapidement que les pucerons (figure 8).

Figure 8. Comparaison entre la morphologie de la punaise terne et du puceron. A) Nymphe de la punaise terne, B) Puceron adulte, X indique les " tubercules "
Source: Iowa State University Extension

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Cycle biologique

La punaise terne adulte émerge au printemps, se nourrit des nouveaux bourgeons et des jeunes pousses et pond ses œufs sur le matériel végétal quand la température atteint 20 oC et plus. Selon la température les nymphes vont éclore dans les 7 à 10 jours. On voit d'ordinaire les nymphes dans la fraise pendant la floraison et elles émergent d'ordinaire à la mi mai, pour se nourrir des boutons de fruits en croissance. Les adultes et les nymphes peuvent être présents en même temps dans la culture si les générations se chevauchent, étant donné que ce ravageur a trois à cinq générations par année. L'automne et en début d'hiver, seuls les adultes sont présents et ils se préparent à passer l'hiver dans les herbes mortes, les litières de feuilles mortes et sous l'écorce des arbres. L'adulte émerge au printemps quand la température atteint 8 oC, et le cycle de vie recommence.

Dommages

La punaise terne a une vaste gamme d'hôtes, qui incluent plus de 350 espèces végétales. Elle se nourrit d'environ 50 cultures commerciales dont la pomme, le céleri, la framboise, la tomate, la pêche, la prune, la poire, le coton, la luzerne et le haricot.

Ce ravageur se nourrit des organes reproductifs des plantes, il pique le tissu végétal à répétition ce qui cause des dégâts mécaniques. Les nymphes prennent une bouchée pour savoir si la plante serait bonne à manger, si elle leur convient elles continuent leurs ponctions et libèrent des enzymes digestives dans les tissus végétaux. Leur action provoque des problèmes dont la malformation des fruits, une croissance ralentie, la mort de cellules, l'abscission des structures des fruits et des dommages aux semences.

Les adultes et les nymphes se nourrissent des structures des fraisiers, mais le stade nymphal est le plus nuisible au plan économique, car il se nourrit des akènes et des tissus du fruit.

À mesure que le fruit mûrit les semences restent renfermées ensemble, nuisant au développement normal et provoquant l'agglomération des graines ou la déformation appelée " face de chat " (figure 9A). Les petits fruits sont d'ordinaire sujets aux agglomérations des graines avant leur séparation. La malformation des fruits due à la punaise terne peut être confondue avec les symptômes d'une mauvaise pollinisation et bien que les apparences soient similaires, chacune est différente. Les dégâts dus à la punaise terne se distinguent par la forme des akènes qui sont de taille égale; dans le cas d'une mauvaise pollinisation les akènes de la zone endommagée sont de taille variable (figure 9).

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Figure 9. Malformation du fruit. A) Plan général des dégâts dus à la punaise terne dans la fraise. B) Gros plan d'agglomération de graines due à la punaise terne. C) Plan général d'une piètre pollinisation. D) Gros plan d'une malformation due à une piètre pollinisation.

Méthodes de lutte

Des producteurs ont recours à des dépisteurs dans la fraise pour surveiller et évaluer la densité de population du ravageur dans une culture. Le dépistage sert avec les seuils d'intervention à coordonner les pulvérisations et le bon moment pour ce faire. Le dépistage commence au printemps dès la première floraison pour trouver les jeunes nymphes qui se développent et il est effectué d'ordinaire une fois par semaine. On procède par cultivar, certaines variétés fleurissent plus tôt et présentent des populations de ravageurs plus élevées avant les autres.

Photographies par Cynthia Rougoor, copyright 2006.

Pour en savoir plus:

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