Charançon de la prune dans la pêche

 

Malgré son nom, le charançon de la prune (CP) possède une vaste gamme d'arbres à fruits hôtes, et peut aussi survivre sur des hôtes indigènes comme l'aubépine, le prunier d'Amérique et le pommetier indigène. Il n'a pas fallu longtemps, avec le printemps chaud qui a prévalu, pour que le CP commence à envahir les vergers à partir de ses lieux d'hibernation dans les haies et les boisés. Cette année, les CP ont été prises dans les pièges en bordure des vergers dès le week-end du 6 et 7 mai, puis encore le 12 mai; ils étaient peut-être à l'oeuvre avant. Ces petits charançons se nourrissent des feuilles dès qu'ils émergent puis ils passent aux fleurs et aux fruits dès que ces derniers apparaissent. Les défauts apparents et les cicatrices laissés sur les fruits indiquent qu'ils se sont nourris et qu'ils ont pondu leurs œufs, mais des dégâts plus graves sont surtout causés par les larves qui se sont nourries de l'intérieur des fruits. Comme ce ravageur met assez longtemps pour émerger au printemps (de deux à six semaines) et que sa période de ponte est longue aussi (quatre ou même six semaines), les larves seront peut-être encore présentes pendant que le fruit est en train de mûrir.

Le charançon de la prune pourrait avoir commencé à faire des dégâts avant la première pulvérisation contre la tordeuse orientale du pêcher (TOP) dans la pêche. La stratégie actuelle de lutte consistant à utiliser Lorsban (chlorpyrifos) comme première pulvérisation pour contrer le développement de la résistance de la TOP présente un avantage additionnel : elle réduit la population de CP dans les vergers de pêchers. Lorsban n'est pas homologué spécifiquement pour lutter contre le CP, mais il le maîtrise bien. Cependant, selon les températures qui suivront la première pulvérisation contre la TOP, les charançons que le premier traitement aura ratés continueront de pondre des œufs dans les fruits en développement, pour environ de deux à six semaines.

Pour savoir si des pulvérisations supplémentaires sont nécessaires pour maîtriser le CP, inspecter s'il y a de nouveaux dommages causés par le PC sur les fruits sept à dix jours après l'application de Lorsban. On repère les nouveaux dégâts au tissu vert paraissant dans une cicatrice en forme caractéristique de croissant; les dégâts plus anciens développent des callosités et virent au brun. Ces dommages gardent toutefois la forme d'un croissant, aussi il est relativement facile de diagnostiquer les dégâts dus au CP. Si l'on trouve des dommages récents seulement sur le pourtour du verger, une pulvérisation en bordure pourrait suffire. Divers produits sont homologués contre le CP dans la pêche (comme Guthion, Sevin, Zolone et Imidan) et d'autres sont homologués pour maîtriser ce ravageur dans différentes cultures d'arbres à fruits.

es cicatrices laissées par la ponte des œufs du charançon de la prune sur de jeunes pommes sont plus faciles à détecter que sur les pêches.

Les cicatrices laissées par la ponte des œufs du charançon de la prune sur de jeunes pommes sont plus faciles à détecter que sur les pêches. Photo tirée de " Common Tree Fruit Pests ", d'Angus J. Howitt (1993).


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