Que faire en cas de problèmes de lutte contre le carpocapse dans les vergers de l'Ontario ?
Les producteurs de pommes continuent de délaisser les pesticides organophosphorés (PO) à large spectre au profit de produits plus ciblés à risque réduit. Ces derniers peuvent être efficaces pour gérer les populations de ravageurs, mais bon nombre d'entre eux agissent de façon différente des autres insecticides. Les producteurs doivent donc se familiariser avec ces produits et apprendre à les utiliser pour les intégrer de façon optimale dans leurs programmes de lutte intégrée. Les pesticides à risque réduit peuvent être moins persistants; ils ne provoquent pas non plus de réduction rapide des populations de ravageurs et leur efficacité est parfois moindre. En outre, les périodes d'application ainsi que les seuils d'intervention sont parfois différents de ceux des produits conventionnels. Dans certains cas, les nouveaux produits permettent de ralentir la croissance des ravageurs, sans nécessairement permettre au producteur d'atteindre le niveau d'efficacité auquel il était habitué avec les produits conventionnels. Bon nombre de nouveaux produits exigent un suivi régulier pour être efficaces. La rentabilité de la production de pommes demeurant peu élevée, un nombre croissant de producteurs envisagent de diminuer les doses de pesticides afin de réduire leurs coûts. Toutefois, cette pratique peut entraîner une perte d'efficacité et hausser les dommages causés par le carpocapse. Il est conseillé d'utiliser les doses recommandées. Dans la plupart des régions (à l'exception de la baie Georgienne), on observe deux générations de carpocapse par année. Certains chercheurs croient que les étés qui se prolongent favorisent l'apparition d'une troisième génération dans certaines régions productrices, laquelle peut allonger la durée des dommages et les aggraver. Le dépistage et l'utilisation à grande échelle de pièges à phéromones permettent de vérifier la présence d'une troisième génération dans le verger. La résistance des carpocapses aux insecticides organophosphorés a été observée dans plusieurs régions productrices de pommes un peu partout dans le monde. Les analyses de corrélation ont démontré de façon particulièrement troublante qu'il y avait une résistance croisée entre l'azinphos-méthyl (PO), les pyréthroïdes et plusieurs classes d'insecticides, y compris les régulateurs de croissance des insectes comme le tébufénozide (Confirm) et le méthoxyfénozide (Intrepid). D'autres études sont en cours afin de déterminer la relation entre la résistance aux PO et les néonicotinyles dans les États de Washington et de l'Oregon. La résistance à une vaste gamme de produits chimiques limiterait grandement les possibilités d'intervention. Certains croient que les échecs à la lutte contre les carpocapses en Ontario sont dus à la résistance aux PO. Aucune analyse n'a cependant été effectuée à ce chapitre et les niveaux de résistance demeurent inconnus. Les producteurs d'arbres fruitiers qui ont subi des pertes en raison de la tordeuse orientale du pêcher au début des années 1990 se souviennent à quel point la résistance peut coûter cher ainsi que de la quantité de recherches nécessaires pour trouver, évaluer et mettre au point des solutions. L'expertise et les ressources requises pour mettre en place ce genre de programme de recherche ne sont malheureusement pas toujours disponibles. Le calendrier des arrosages d'insecticides contre le carpocapse dans les vergers ontariens utilise un modèle de degré-jour qui est basé sur le premier pic de capture des noctuelles. Des chercheurs ont démontré que les carpocapses résistants aux insecticides croissent plus lentement et vivent moins longtemps que les autres; de plus, leur processus d'éclosion diffère de celui des populations vulnérables. Si la durée de croissance des carpocapses résistants est modifiée, alors les habitudes de vol de ces insectes varieront aussi, et le modèle utilisé pour établir les calendriers d'application d'insecticides deviendra inadéquat. Sans ce modèle, il serait difficile de déterminer à quel moment il convient le mieux de pulvériser les insecticides pour lutter contre les carpocapses. Quelles sont donc les solutions qui s'offrent aux producteurs ayant observé un accroissement des dommages dus aux carpocapses dans leurs vergers?
| Haut de la page | Les insecticides sont bien sûr utiles pour lutter contre les ravageurs, mais ils ne sont pas les seuls moyens qui méritent d'être pris en considération par le producteur. Les connaissances sur les techniques de confusion sexuelle pour lutter contre le carpocapse se sont beaucoup améliorées récemment. La confusion sexuelle est utilisée soit seule soit en combinaison avec les virus à granules ou les esters de poire (au Michigan, en Pennsylvanie, en Californie, dans l'État de Washington). L'utilisation de cette technologie en Ontario ne se fait pas sans heurts, mais il demeure possible d'intégrer la confusion sexuelle dans les programmes de lutte antiparasitaire contre les carpocapses de la pomme. Il est important de se rappeler que plusieurs facteurs peuvent expliquer l'échec d'un produit antiparasitaire. Avant de conclure qu'une population de ravageurs est résistante à un produit, il est suggéré de vérifier les points suivants : le produit en cause, le volume d'eau, le dosage, l'étalonnage du pulvérisateur, les superficies couvertes, le moment de l'application, le pH de l'eau dans le réservoir du pulvérisateur, le temps requis pour éliminer le ravageur ainsi que les conditions climatiques. L'utilisation judicieuse des pesticides contribuera à réduire les populations résistantes et à préserver l'efficacité des produits existants. Pour plus de renseignements : Sans frais : 1 877 424-1300 Local : 519 826-4047 Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca
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