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Mais où vont tous les insectes durant l'hiver?
On nous demande souvent où vont les insectes après les récoltes
et si les hivers rigoureux ont pour effet de réduire la quantité
de ravageurs la saison suivante. D'abord, comme pour toute question générale
concernant les insectes, il faut préciser que ces derniers constituent
un immense groupe d'êtres vivants, celui qui comprend en fait le plus grand
nombre d'espèces sur la planète. Étant donné qu'il
y a tant de sortes d'insectes, les moyens d'éviter les problèmes
de l'hiver sont aussi très nombreux. Les insectes ont apprivoisé
diverses stratégies pour survivre à des conditions parfois très
difficiles. Voici quelques exemples de techniques de survie de base.
- Vivre sous les tropiques. On peut combattre l'hiver en l'évitant tout
simplement. En fait, la majorité des insectes ne connaissent pas le froid,
parce qu'ils ne vivent jamais sous notre climat!
- Quitter le pays.
Un peu comme nos fameux " retraités migrateurs " qui fuient l'hiver
canadien chaque année, certaines variétés d'insectes migrent.
Les plus connus sont le papillon monarque et le grand porte-queue et quelques
autres espèces de papillons qui parcourent d'énormes distances pour
éviter la saison du hockey. Et, curieusement, c'est la progéniture
de ces voyageurs qui refait le chemin vers le nord la saison suivante.
- "
Hiberner ". Cette stratégie est utilisée par la plupart de
nos espèces nordiques pour éviter l'hiver. Le terme "hibernation
" cependant s'applique plutôt au repos hivernal des mammifères.
Les insectes qui tombent en dormance durant l'hiver entrent en fait en "
diapause ". Leur organisme réagit aux changements de la durée
du jour ainsi qu'aux variations de température, aux différences
dans la qualité des aliments et à certaines conditions du milieu.
L'abondance des coccinelles asiatiques multicolores au cours des dernières
années nous démontre bien que les insectes adultes peuvent survivre
massivement à l'hiver. Plusieurs personnes connaissent bien aussi les pollénies
du lombric qui se promènent parfois dans les maisons durant l'hiver. Ces
insectes s'introduisent dans les demeures à l'automne, attirés par
la chaleur. Selon la disponibilité des habitats, ils vont se loger dans
les sous-sols, dans les fissures sur les falaises ou dans le creux des arbres
jusqu'au printemps. Certains papillons survivent même à l'hiver au
stade adulte. Le morio est souvent le premier papillon que l'on peut observer
au début du printemps. L'adulte de la teigne du poireau, un ravageur des
plantes de la famille des Allium, survit à l'hiver, tout comme certaines
espèces de moustiques (qui sont peut-être dans votre sous-sol en
ce moment même).
- Opter pour le stade le moins vulnérable.
Selon l'espèce ou le stade de croissance qui est le plus adapté
au froid, les insectes (sans oublier les acariens) survivent sous forme d'ufs,
de larves ou de nymphes, de pupes ou d'adultes. On trouve des insectes qui passent
l'hiver sous forme d'ufs dans divers types d'endroits, dont l'écorce
des arbres, sous le sol et dans d'autres lieux protégés. Plusieurs
chenilles qui survivent à l'hiver se tissent un joli cocon soyeux pour
se protéger du gel.
- Combattre le froid. Diverses adaptations
physiologiques permettent aux insectes de survivre au gel. Le froid ralentit les
processus physiques de base, mais certains insectes s'adaptent de façon
remarquable et survivent au gel. Le gel interrompt habituellement les fonctions
des cellules et peut faire éclater ces dernières puisque l'eau prend
du volume en gelant. Certains insectes peuvent remplacer les molécules
d'eau de leurs cellules et le contenu de ces dernières par du glycérol,
qui agit comme un antigel. D'autres éliminent de l'eau de leurs cellules
vivantes pour abaisser leur point de congélation. Ces processus sont d'une
extrême importance pour les insectes et les acariens qui sont très
exposés au froid.
- Ralentir et se détendre. Sous la
glace des étangs, des lacs et des cours d'eau l'hiver, s'ébat une
immense faune aquatique composée d'insectes vaguant à leurs activités
habituelles, mais à un rythme un peu plus lent, en raison du froid. Bon
nombre d'insectes, parmi les plus agaçants, comme les mouches noires et
les maringouins vivent en milieu aquatique au stade larvaire. Mais certains insectes
utiles d'importance, comme les libellules, vivent aussi sous l'eau pendant l'hiver.
- Profiter de la chaleur des autres. Plusieurs adolescents, de nos
jours, aiment à se retrouver en groupe dans l'environnement protecteur
des centres commerciaux. Les insectes avaient déjà adopté
cette stratégie il y a des millions d'années. Les ectoparasites
(les insectes parasites qui vivent à la surface du corps de l'hôte)
et les endoparasites (ceux qui vivent à l'intérieur de leur hôte)
évitent l'hiver en restant sur leurs hôtes protecteurs ou à
l'intérieur de ceux-ci. Les insectes parasites survivent du moment que
leur hôte survit à l'hiver. Les abeilles se serrent les unes contre
les autres pour garder leur chaleur; plus il fait froid, plus elles se tiennent
serrées.
- Sortir et en profiter. Quelques types d'insectes
restent visibles durant l'hiver. Si on porte attention, à l'extérieur
quand il ne fait pas trop froid, on peut parfois observer des puces des neiges
ou collemboles. Il s'agit de petits insectes sauteurs que l'on trouve à
la surface de la neige. On peut aussi voir voler des tipules et des papillons
même à 0 °C.
- Rester sous les couvertures. Il y
a beaucoup d'endroits chauds pour s'abriter : dans le sol, les débris végétaux,
les crevasses dans l'écorce des arbres, sous la neige ou dans d'autres
lieux protégés. Une épaisse couverture neigeuse est idéale
pour abriter des insectes et leur permettre de poursuivre leurs activités.
Au niveau du sol, sous une bonne couche de neige, la température reste
autour du point de congélation. Bon nombre de carabes et d'insectes demeurent
actifs sous la neige, même s'ils sont un peu au ralenti. L'endroit où
les insectes s'installent pour l'hiver est déterminant : plus le lieu est
protégé, meilleure est leur chance de survie.
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Haut de la page | Chaque type d'insecte a sa propre stratégie
pour faire face à la rigueur de l'hiver. Cette saison peut toutefois être
dangereuse pour les organismes qui ne peuvent pas régler leur chaleur corporelle.
Les membres du royaume des insectes disposent de mécanismes d'adaptation
remarquables pour éviter ces dangers. Mais, pour revenir à
notre question de départ, on ne peut pas vraiment dire si oui ou non les
hivers rigoureux font diminuer le nombre d'insectes. Pour les espèces qui
disposent de mécanismes physiologiques spéciaux ou de comportements
adaptés, l'hiver ne présente pas beaucoup de risques. Les températures
instables, comme l'alternance de gels et de dégels que nous avons connue
au cours des dernières semaines, peuvent toutefois causer des problèmes
aux insectes qui passent l'hiver. Dans certains cas, si les habitats d'hiver deviennent
trop froids (si la couverture neigeuse n'est pas assez épaisse et qu'il
fait très froid, par exemple), le taux de mortalité peut être
plus élevé, mais le froid ne les éliminera quand même
pas. Les populations reprennent le dessus de toute façon dans le courant
de l'été. Mais, au fait, avez-vous déjà passé
un été sans moustiques? Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca
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