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Le psylle du poirier nécessite une gestion tout au long de la saison

Auteur : Neil Carter - spécialiste de la lutte intégrée des fruits tendres et du raisin/MAAARO
Date de création : 17 août 2005
Dernière révision : 17 août 2005

Le psylle du poirier (Cacopsylla pyricola) est un ravageur du poirier persistant, et dans quelques vergers, il occasionne plus de problèmes qu'à la normale. À certaines époques, tous les stades de ce ravageur peuvent être présents sur les poiriers; des œufs minuscules (0,3 mm) pondus en grande partie sur la nervure médiane des feuilles jusqu'à l'adulte (3 mm). Les nymphes aussi peuvent être présentes à tous les stades de développement; les premiers stades sont de couleur jaune pâle à orange, alors qu'au cinquième stade, le stade final, la nymphe est munie d'ébauches alaires et semble plus sombre.

Pour un insecte de si petite taille, le psylle du poirier peut causer d'importants dégâts. Cet insecte peut se développer en très grand nombre dans un verger de poiriers si un plan de gestion de saison entière n'est pas mis en application. Dans les cas extrêmes, les arbres peuvent succomber suite au choc occasionné par le psylle, en raison de l'accumulation de toxine qu'il injecte dans la plante quand il s'en nourrit. De plus, en se nourrissant, le psylle excrète un liquide sucré appelé "miellat", un excellent substrat pour le développement de la fumagine. Celle-ci est le principal problème associé à l'alimentation des psylles.

Fumagine sur des feuilles de poirier. (MAAARO)
Fumagine sur des feuilles de poirier. (MAAARO)

Quand les psylles deviennent actifs au printemps, la ponte des œufs se fait en grande partie avant le débourrement. Les traitements à l'huile suppriment instantanément un certain nombre de psylles, mais le plus important, c'est que les huiles empêchent la ponte hâtive des femelles. Quand l'huile ne fait plus effet ou que la patience des psylles est à ses limites, les oeufs du printemps sont pondus sur une courte période de temps et c'est une première génération plus synchronisée de nymphes qui apparaît. La synchronicité est importante, car une population composée en grande partie des premiers stades nymphaux est plus facile à détruire avec un insecticide qu'une population composée de plusieurs stades. Le dernier stade nymphal "coque dure" et les adultes sont beaucoup plus difficiles à détruire avec des insecticides que les premiers stades nymphaux.


Stade adulte et en coque du psylle du poirier
(site web du Ministère de l'agriculture et des terres de la CB)

Plus tard en saison, les nymphes et les adultes préfèrent se nourrir de nouvelles pousses succulentes comme les gourmands. L'ablation de ces gourmands contribue à améliorer la circulation de l'air, la pénétration de la pulvérisation et de la lumière, et supprime aussi une grande quantité de nymphes. Il n'est pas conseillé de laisser de nouvelles pousses dans le haut des arbres, car plusieurs nymphes et adultes vont s'amasser à cet endroit et, dans bien des cas, la couverture de pulvérisation n'est pas adéquate à ces hauteurs.

Le développement de populations résistantes aux pesticides constitue une préoccupation d'importance dans le cas du psylle du poirier. Cet insecte n'a qu'un seul hôte (le poirier) et chaque application sur le poirier entraîne une pression sélective sur l'ensemble de la population locale. Il y a peu ou aucune dilution de la résistance par l'arrivée de populations de psylles susceptibles aux insecticides. La rotation entre les différentes familles chimiques est, par conséquent, très importante tout au long de la saison. De nombreux insecticides sont homologués pour le psylle du poirier. Les produits comme Mitac, Agrimek, Guthion, Endosulfan et Pyramite ont un long délai avant récolte (DAR) (14 à 28 jours: consultez la publication 360F du MAARO intitulée Recommandations pour les cultures fruitières 2004-2005), leur emploi est donc préférable en début de saison. Les pyréthroïdes ont généralement un délai avant récolte plus court, mais peuvent ne pas avoir la durée d'activité prévue à des températures estivales chaudes. Les nouveaux néonicotinoïdes (comme Assail) devraient faire partie de la rotation régulière des familles de pesticides - il importe de ne pas sur-utiliser les nouveaux produits.

Des populations de psylles résistantes aux organophosphates et aux pyréthroïdes ont été rapportées en Ontario, mais n'ont pas été documentées récemment. Si la lutte contre les psylles n'a pas été idéale cette année, il ne faut pas immédiatement mettre le blâme sur la résistance. Pensez à inclure les traitements à l'huile du printemps et la suppression des gourmands durant l'été comme des composantes intégrantes de votre programme saisonnier de gestion du psylle. Dans tous les cas, procédez à une rotation des familles chimiques, particulièrement par temps sec, et augmentez les volumes d'eau dans les pulvérisations pour aider le produit à pénétrer le dépôt associé à l'alimentation des psylles.

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