Faire du compost en été


Le printemps et l'été constituent d'excellentes périodes pour faire du compost. On peut obtenir le fumier au printemps et y ajouter des matières contenant du carbone au besoin pour élever le rapport C/N à environ 30 pour 1 et disposer en andains. La température devrait d'ordinaire s'élever sans problème à plus de 55 ºC, surtout une année comme maintenant.

Autre facteur vraiment très important - l'eau! Pour faire du bon compost, il faut une teneur en humidité d'environ 50-60 %, ce qui est relativement facile à obtenir au printemps, quand les matières sont humides et qu'il y a des précipitations occasionnelles. Quand le temps est sec comme en 2005, de nombreuses régions n'ont reçu aucune pluie pour remplacer l'humidité perdue pendant le processus de compostage. Si le compost devient trop sec, les microorganismes cessent leur activité, et il faudra plus de temps pour terminer le processus. Enfin, quand le compost devient trop sec il peut y avoir combustion spontanée, ce qui détruirait le tas en plus de constituer un risque d'incendie.

Il faut vérifier périodiquement la température quand on fait du compost. Pendant la phase active, il faut une température supérieure à 55 ºC pendant au moins 15 jours pour le compost en andains (ou trois jours si on a recours à une unité fermée ou aérée). Pendant ce temps les bactéries et les champignons décomposent les matières riches en carbone (paille, copeaux et le reste), et on obtient du dioxyde de carbone, de l'eau et d'autres gaz. Une partie de l'eau est entraînée vers le bas du tas (par la gravité) et une autre s'évapore avec la circulation de l'air chaud. À mesure que le compost de la moitié supérieure du tas et des extrémités s'assèchent, la température devient supérieure au maximum souhaitable, ce qui tue une partie des champignons et des bactéries. En retournant le compost à ce stade on peut éliminer les points chauds et les points humides car le tas ou l'andain est uniformisé et le processus peut se poursuivre.

Il faut aussi vérifier l'humidité dans le tas de compost. On y arrive le plus facilement avec un essai d'arrachage. On doit plonger la main dans la pile en différents endroits et en retirer une poignée. Bien presser la matière puis ouvrir la main. Si de l'humidité suinte entre les doigts, le compost est trop humide. Si en ouvrant la main on y détecte des gouttes d'humidité mais sans excès, le compost est assez humide. S'il n'y a aucun indice d'humidité et que la boule de compost reste totalement lâche dans la main, il est peut-être trop sec.

Dans ce cas il faut y ajouter de l'eau, idéalement au moment où on le retourne. Certains retourneurs de compost sont munis d'adaptateurs qui permettent d'ajouter de l'eau en effectuant la manoeuvre. Prévoir une quantité d'eau suffisante. L'irrigation au sommet du tas peut aider, mais n'apporte de l'eau qu'en haut, et une bonne partie de celle-ci sera lessivée, rendant la matière trop boueuse pour que l'on puisse la retourner tout de suite après l'arrosage, pour bien répartir.

On peut aussi réduire la perte d'humidité en été en recouvrant le tas, mais il faut encore surveiller la teneur en humidité et la température. Pour ce faire, utiliser du tissu ou une couche de compost ou de paille d'environ 15,2 cm (6 po) d'épaisseur. Éviter le plastique en feuilles car la matière doit pouvoir respirer, laisser s'échapper le dioxyde de carbone et les autres gaz et permettre à l'oxygène de pénétrer dans le tas.

C'est facile de sortir le compost puis de l'oublier quand on est très occupé, mais il faut s'y arrêter de temps en temps. Pour plus de détails sur le compostage, voir les nouvelles fiches techniques du MAAARO intitulées Introduction au compostage agricole, numéro de commande 05-024, et Le compostage du fumier : une stratégie pour réduire les populations d'agents pathogènes, numéro de commande 05-022.


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