Quand il y a eu des antécédents d'insectes ravageurs au printemps

 

Le producteur doit combattre les nombreux ravageurs de printemps dans les fruits de verger avant qu'ils n'apparaissent et ne fassent des dégâts. Plusieurs de ces insectes sont spécifiques au site même et il n'y a pas de raison de traiter tout le verger si un ravageur en est complètement absent ou s'il n'est présent que dans une partie seulement. C'est dire que le producteur devra au printemps effectuer certaines pulvérisations selon les antécédents du verger ou en se basant sur les dossiers des années antérieures, où sont consignés les traitements antiparasitaires spécifiques à ce lieu.

L'huile blanche d'été est un excellent traitement polyvalent dans la pomme, la poire, la pêche, la prune et l'abricot. Si par le passé le producteur a dû éradiquer au même endroit le tétranyque rouge du pommier, le psylle du poirier ou les cochenilles, un traitement d'huile au printemps est très efficace et peu cher pour réduire les populations de ravageurs. L'huile étouffe les œufs du tétranyque et des cochenilles et elle réduit le nombre de psylles en empêchant les femelles de pondre leurs œufs. Tous ces insectes sont relativement petits, une bonne couverture est donc nécessaire pour tirer le maximum des applications. Évidemment, les applications de printemps dépendent de la température, et il faut savoir que l'huile ne peut être utilisée dans les 48 heures d'un gel (avant ou après) et qu'elle n'est pas compatible avec un traitement de Captan, de Maestro, de Sevin, ou de Sulphur (laisser s'écouler environ 10 à 12 jours).

Le charançon de la prune est aussi spécifique au site, il faut donc non seulement connaître les antécédents de l'endroit quant à ce ravageur, mais aussi commencer tôt à évaluer les populations du charançon. Les pièges (de Circle ou de Tedders) sont efficaces en cas de populations élevées; autrement il faut rechercher les cicatrices de ponte en forme de croissant laissées sur les fruits en croissance. Les dégâts peuvent survenir n'importe quand après que le fruit ait commencé à se former et il faut vérifier deux fois par semaine. Souvent, une pulvérisation au pourtour de la parcelle suffit pour maîtriser ce ravageur de printemps.

La tenthrède-squeletteuse des rosacées et la cécidomyie de la poire sont des insectes qui ont une génération par année, c'est donc la seule occasion de les éradiquer efficacement. Là où il y a eu des dégâts sur les jeunes fruits l'année précédente, il y en aura probablement aussi cette année. Il ne faut pulvériser avant la floraison que dans les secteurs où il y a des antécédents connus d'infestation, dès que l'on voit du blanc apparaître sur les boutons floraux, juste avant l'éclosion.

Le producteur voudra aussi surveiller de près s'il y a eu des antécédents de pucerons noirs du cerisier près de la floraison. Ces ravageurs réapparaissent d'ordinaire dans les parcelles infestées par le passé, mais il faut attendre après la chute des pétales pour intervenir.

Même s'il est un peu tôt pour intervenir contre ces ravageurs de printemps, le producteur voudra jeter un œil aux dossiers de l'an dernier et commencer à planifier où et quand des interventions antiparasitaires seront nécessaires.


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