Attaque de clones : des pucerons dans vos pêchers
Petits insectes à corps mou, les pucerons vivent en colonies et se nourrissent de la sève qu'ils sucent de l'intérieur des cellules des plantes au moyen de " stylets ", organes de type perceur suceur. Les signes qu'ils se sont nourris des pousses terminales sont apparents déjà dans le verger, feuilles enroulées par exemple. " Enceintes à la naissance "Assez bizarrement, de nombreuses espèces de pucerons n'ont pas de mâles du tout, ou n'en ont que pendant une très courte période de l'année. Dans les régions tempérées comme l'Ontario, les pucerons hivernent sous la forme d'ufs et passent par les étapes de croissance normales de l'uf, de la nymphe et de l'adulte lors de la première génération au printemps. Pendant la saison de croissance, la plupart des pucerons se reproduisent par parthénogenèse - mot scientifique signifiant " sans fertilisation " (ou " sans sexe "). Ces pucerons (tous femelles) ne consacrent pas de temps au sexe, ni à la croissance. En réalité, ces insectes sont " enceintes à la naissance ", détail qui demande réflexion. Cela signifie que la petite-fille du puceron existe déjà à l'intérieur du corps de sa grand-mère! Si bizarre que cela puisse sembler du point de vue d'un mammifère, c'est une stratégie gagnante pour créer rapidement une nombreuse population quand les ressources sont disponibles. Conquête du tempsSi on y réfléchit un peu plus, c'est une stratégie très efficace pour perpétuer ses gènes toute l'année. Il s'agit bien de tous ses gènes, non seulement de quelques-uns. Pas de mâles ni de relations sexuelles : les pucerons femelles créent des copies virtuellement identiques d'elles-mêmes. Il ne s'agit pas d'une copie génétique diluée par des gènes mâles qui ne serviraient à rien; il s'agit d'une copie réelle, la plus semblable possible, s'apparentant à un clone (il existe une variabilité génétique dans la parthénogenèse, mais pas autant qu'avec la reproduction sexuelle). C'est l'un des miracles de la biologie, perpétuer son espèce génétique jusqu'à la quatrième dimension (dans le temps). Défaite par l'espaceDu point de vue d'une gestion de lutte intégrée (GLI), il est primordial de dépister la prolifération rapide des pucerons pour savoir quand le seuil d'intervention est atteint. Habituellement, toutes les filles, petites-filles et petites-petites-filles des pucerons restent à proximité de la mère et vivent en " colonies " sur le même arbre. Cependant, les ressources d'un secteur deviennent vite limitées et ces zones de feuilles tordues et enroulées croulent vite sous la surpopulation d'insectes. Les pucerons ont mis au point des façons de combattre la surpopulation : ils quittent leur mère et la colonie pour établir domicile ailleurs. Voler ou mourirLes pucerons possèdent un cycle évolutif complexe qui comporte le développement de formes ailées ou aptères (sans ailes), selon les conditions du milieu et de la plante hôte. Les adultes ailés sont généralement capables de migrer d'une culture ou d'une plante hôte à une autre pendant la saison de croissance; le développement de formes ailées est généralement déclenché par des changements environnementaux, dont la durée d'éclairement (durée du jour) qui raccourcit ou la température qui baisse, la plante hôte qui se détériore ou la surpopulation d'insectes. Les pucerons développent des formes ailées lorsque la vie devient difficile et qu'il est temps pour eux de s'établir ailleurs. Pucerons dans vos pêchersLa plupart des espèces de pucerons vivent sur une ou quelques plantes de la même espèce, cependant certains passent l'hiver, le printemps et l'été sur un seul type de plante (hôte primaire) et l'été sur d'autres (hôtes intermédiaires). Dans des régions tempérées comme l'Ontario, de nombreuses espèces de pucerons hivernent au stade de l'oeuf sur les hôtes primaires. Le puceron vert du pêcher (PVP), par exemple, hiverne au stade de l'oeuf dans les pêches et les nectarines. Les ufs du PVP éclosent au printemps pour former des femelles aptères. À la fin du printemps et au début de l'été (quand les hôtes primaires se sont durcis), des générations subséquentes de PVP femelles ailées quittent leurs hôtes primaires et vont coloniser des hôtes intermédiaires, ce qui comprend plusieurs centaines d'espèces de cultures légumières, ornementales et des mauvaises herbes. À l'automne, quand la température chute, que les jours raccourcissent et que les végétaux poussent plus lentement ou meurent car les conditions du milieu sont devenues défavorables, les pucerons ailés (mâles et femelles) se développent et volent pour retourner vers les hôtes primaires où ils s'accoupleront éventuellement, pondront des ufs puis mourront. Atteindre le seuilComme les pucerons verts du pêcher quittent ces derniers assez tôt, leur nombre pourrait ne pas atteindre des niveaux dommageables dans le verger. Il faut donc surveiller avec attention les populations. Il existe des seuils d'intervention pour la pêche et la nectarine. La pêche peut tolérer des infestations allant jusqu'à 30 % des pousses terminales ou 20 colonies par arbre. Le seuil d'intervention de la nectarine est inférieur à 10 % d'infestation des pousses terminales ou 5 à 10 colonies par arbre. Le seuil d'intervention est inférieur pour la nectarine car les pucerons se nourrissent directement de son fruit mais rarement de celui de la pêche. Il faut rechercher la présence de prédateurs avant la pulvérisation; il suffit d'un prédateur par colonie pour ramener les ravageurs à des niveaux acceptables. Parmi les prédateurs des pucerons il faut noter les coccinelles adultes et les nymphes, de même que les nymphes de syrphidés. Les guêpes parasites s'attaquent aussi aux pucerons, ne laissant éventuellement que des restes " momifiés " de couleur dorée. Lors du dépistage, il importe de s'assurer que les colonies de pucerons sont " actives "; les colonies ayant été décimées par des prédateurs ne devraient pas être incluses dans le compte. La plupart des producteurs choisissent de ne pas lutter contre les pucerons dans les arbres en production, sauf dans des cas extrêmes. Pour plus de renseignements : Sans frais : 1 877 424-1300 Local : 519 826-4047 Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca
| |||||||