Avenir prometteur pour les plantations de feuillus

 

La demande mondiale est en hausse pour des grumes de bois dur et des grumes de placage. La préservation des forêts existantes et l'agrandissement des nouvelles forêts naturelles constituent aussi une priorité. Or les forêts aménagées pourraient ne pas suffire à la demande de grumes de bois dur dans l'avenir. On pourrait envisager comme solution des plantations de bois dur exploitées de façon intensive, en vue d'approvisionner les marchés futurs en bois de spécialité tout en protégeant les forêts.

La culture des arbres en vue de leur exploitation est une entreprise à long terme. Selon la fertilité du sol et les pratiques de gestion à long terme, il faudra jusqu'à 50 ans et plus à des plantations de bois dur pour atteindre un âge commercialisable. La recherche mise surtout sur l'amélioration des arbres par des modifications génétiques pour accélérer leur croissance. Comme c'est un cycle de production qui est long, on ne peut se fier entièrement aux prévisions sur les marchés de grumes de bois dur, mais on peut quand même extrapoler à partir des tendances de la demande et de l'établissement des prix par le passé.

Les terres de culture du tabac du sud-ouest de l'Ontario offrent un bon potentiel pour la plantation de feuillus et de conifères. Les projets de plantations d'érables à sucre à la ferme démontrent à la fois une très bonne croissance et un excellent taux de survie sur des terres sablonneuses de culture du tabac, sans irrigation. Ailleurs en Ontario, à mesure qu'on augmente la fertilité et la qualité du sol, on peut compter que toutes les plantations de bois dur seront saines et productives.

Il existe évidemment des risques. Les flambées d'insectes ravageurs et les ravageurs indigènes constituent périodiquement une menace qui endommage les arbres. Les maladies peuvent aussi avoir raison d'un certain pourcentage des arbres. La faune herbivore, les cervidés par exemple, peut causer des dégâts aux jeunes arbres et les endommager gravement. Les souris et les lièvres peuvent souvent cerner et tuer les plus jeunes feuillus. L'incendie de forêt est aussi une menace pour les arbres, plus dangereuse dans le cas des conifères qui y sont plus sensibles que les plantations saines de feuillus. Il existe aussi des risques de vol.

Pour minimiser les risques associés aux plantations de bois dur il faut prévoir une diversité d'essences. La culture des vergers et des conifères a montré que la culture d'une seule essence d'arbre au même endroit est aussi dangereuse que d'empiler un grand nombre de billets de banque au milieu d'un centre commercial, en espérant que personne ne s'en saisira. La monoculture de bois dur serait une invitation à de nombreux ravageurs et maladies. Par exemple, le cerisier tardif, Prunus serotina, est un bois dur précieux dont le rendement est faible en monoculture à cause de la maladie qui s'attaque au tronc.

En prévoyant une variété d'essences on aura affaire à une communauté plus diverse d'insectes, de microorganismes, d'animaux sauvages et de prédateurs, comme dans le cas de la culture biologique. Ainsi, une plantation en alternance de rangs de chênes rouges, d'érables à sucre, de cerisiers tardifs, de pin blancs et de pins gris pourrait mieux lutter contre les ravageurs qu'une plantation composée d'une seule essence. Les conifères ajoutent de la diversité à une plantation de feuillus et font aussi office d'arbres abris pour les jeunes feuillus en les protégeant.

Les arbres prélèvent les éléments nutritifs qui sont en excès dans les eaux souterraines. Les plantations de feuillus s'annoncent rentables dans l'avenir. Le producteur peut communiquer avec le Conseil d'intendance gouvernementale ou l'Office de protection de la nature de sa région pour des conseils sur les plantations de feuillus, et indiquer son intérêt pour une culture diversifiée.

une plantation d'érables à sucre de dix ans sur des terres à tabac de Norfolk connaît une bonne croissance sans irrigation

Figure 1. Une plantation d'érables à sucre de dix ans sur des terres à tabac de Norfolk connaît une bonne croissance sans irrigation. Les arbres ont été transplantés au préalable d'un terrain boisé adjacent au début du printemps, quand leur diamètre était de 2,5 cm (1 po) à hauteur de poitrine. La diversité des essences favorise la lutte antiparasitaire. Les conifères peuvent physiquement protéger les feuillus des cervidés et leur éviter les coups de soleil hivernaux.

le propriétaire fait une démonstration d'émondage de feuillus lors d'un atelier

Figure 2. Le propriétaire fait une démonstration d'émondage de feuillus lors d'un atelier.



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