Brûlure des feuilles (tache phomopsienne) dans le fraisier
La brûlure des feuilles, ou tache phomopsienne, est l'une des maladies foliaires les plus répandues observées dans les champs de fraisiers de l'Ontario. Le champignon pathogène, Phomopsis obscurans, peut infecter principalement les parties aériennes des plants de fraisiers dont les feuilles, les filets, les pétioles et le fruit. L'infection du fruit est peu commune; les symptômes de la tache phomopsienne sont plus évidents sur les feuilles. Les premiers symptômes - petites taches rouges violacées presque rondes sur une foliole - sont similaires à la tache commune des feuilles. À mesure que la maladie progresse, les taches se multiplient le long des principales nervures et des lésions caractéristiques ayant la forme d'un " V " s'étendent jusqu'à un bord de la feuille. Des lésions rouges violacées sur les pétioles peuvent provoquer le dépérissement de la feuille. Souvent on ne remarque les symptômes graves sur les feuilles qu'avant la récolte. Les plants gravement atteints n'offrent pas de bons rendements. Les plants affaiblis par la tache phomopsienne sont plus sensibles à la blessure par le froid. La
maladie survit d'une année à l'autre dans les débris de feuilles
infectées. Parmi les pratiques de gestion recommandées, notons :
La maladie survient sporadiquement d'une année à l'autre. L'infection dépend des conditions météorologiques avant la récolte. Si l'on pouvait prédire le moment où elle aura lieu, les producteurs pourraient cibler avec plus de précision les applications de fongicides. Lors de recherches récentes1 à l'Ohio State University, les chercheurs ont étudié l'influence de la température, de la durée d'exposition des feuilles à l'humidité et de l'âge des feuilles sur l'infection des feuilles du fraisier " Honeye " et " Earliglow ". Ils avaient pour objectif de mettre au point un modèle prévisionnel de la brûlure des feuilles. L'incidence et la gravité de la maladie étaient le plus influencées par l'âge de la feuille. Plus la feuille est jeune au moment de l'infection, plus la maladie atteint un degré élevé quatre semaines plus tard. La durée d'exposition de la feuille à l'humidité a aussi une influence importante sur la maladie. Des périodes d'humidité plus longues des feuilles résultaient en un degré de maladie plus élevé. La relation entre l'infection et la température sur la gravité de la maladie et son incidence étaient peu importantes. Les résultats de cette étude pourraient expliquer la gravité de la brûlure des feuilles observée en 2003. Des périodes pluvieuses prolongées en fin mai et au début juin étaient des conditions idéales pour infecter de nouvelles feuilles. De plus, l'arrosage pour protéger la récolte de la gelée a rallongé les périodes d'humidité des feuilles. Même si le mois d'août a été chaud et sec, septembre et octobre ont été aussi très pluvieux, ce qui a donné lieu à encore plus d'infections. Des niveaux élevés de brûlure de la feuille peuvent survivre à l'hiver et provoquer des pressions plus élevées de la maladie le printemps suivant. Le modèle prévisionnel de la maladie mis au point en Ohio n'a pas encore été mis à l'essai en Ontario, cependant les résultats indiquent que des fongicides doivent être appliqués pour protéger les nouvelles feuilles, avant qu'il n'y ait des précipitations de plus de cinq heures, peu importe la température. C'est surtout important le printemps suivant et après la rénovation, si les plants ont produit de nouvelles feuilles sensibles en abondance.
Lésion en V due à la brûlure de la feuille, diagnostiquée sur une feuille de fraisier infecté. La maladie à un stade plus grave ne se développe souvent que trois semaines après l'infection. 1
Nita, M., Ellis, M.A. et Madden, L.V. 2003, Effects of temperature, wetness duration,
and leaflet age on infection of strawberry foliage by Phomopsis obscurans, Plant
Disease 87:579-584 Pour plus de renseignements : Sans frais : 1 877 424-1300 Local : 519 826-4047 Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca
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