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Gestion des éléments nutritifs en agriculture biologique

 

Les producteurs de cultures biologiques doivent établir un plan de production qui comprend les rotations et décrit les divers besoins, apports en fertilisants et analyses de sols, et où sont notées toutes les observations relatives aux carences. La gestion des éléments nutritifs sur une ferme biologique est plus complexe que dans un système conventionnel. Les producteurs biologiques ont choisi de ne pas avoir recours aux engrais les plus employés comme l'urée, le nitrate d'ammonium, le sulfate d'ammonium, le triphosphate, le phosphate monoammonique, le phosphate diammonique ou le chlorure de potassium. Il est nocif pour l'environnement de recourir à des engrais très solubles et les impacts environnementaux de même que la consommation élevée d'énergie qu'exige leur fabrication sont aussi préoccupants.

Les producteurs biologiques recyclent les éléments nutritifs du bétail (fumier) ou des opérations de production (animaux de réforme, parures), ou ils utilisent des engrais d'origine naturelle. Ils tentent aussi de réduire les pertes d'éléments nutritifs à partir de leur système d'exploitation. Ils protègent ainsi l'environnement et conservent les éléments nutritifs pour s'en servir sur l'exploitation. Pour conserver les éléments nutritifs du sol, il faut dans ce dernier une teneur adéquate en matières organiques. Seules les substances et les pratiques permises sont utilisées sur les fermes biologiques dans les 36 mois préalables à la récolte de cultures certifiées biologiques. L'usage de résidus urbains comme les biosolides est défendu sur les fermes biologiques.

Le fumier provenant du bétail constitue la source la plus économique et la plus efficace d'éléments nutritifs à l'usage des fermes biologiques. La source d'éléments nutritifs recommandée le plus fréquemment est le fumier de compost. Il doit avoir été composté pendant six mois. Les normes américaines et canadiennes relatives aux cultures biologiques exigent des températures spécifiques et des rapports carbone-azote qui améliorent le processus de compostage. On ne peut utiliser de fumier brut dans les 120 jours précédant la récolte si la partie comestible de la culture est en contact avec le sol, et le délai est de 90 jours pour les autres cultures. On peut épandre du fumier brut après la récolte si on fait suivre l'épandage d'une culture de couverture qui va prélever les éléments nutritifs et réduire les pertes.

Autre élément clé, les légumineuses permettent de maintenir les niveaux d'azote. Les légumineuses comme le trèfle ou la luzerne fournissent de l'azote en grande quantité (45 à 100 kg/ha). En incluant une année entière de cultures fourragères, on augmente la production d'azote, par rapport à l'enfouissement d'une culture qui ne pousse que pendant quelques mois. Les cultures de haricots et de pois sont aussi des légumineuses qui approvisionneront le système cultural avec de plus faibles quantités d'azote (0 à 30 kg/ha), mais elles ont souvent peine à fournir des quantités adéquates d'azote pour les cultures à venir. Le trèfle et la luzerne ont aussi une masse plus imposante de racines, ce qui améliore la structure du sol.

La rotation des cultures est primordiale dans la gestion des éléments nutritifs, de même que dans la lutte contre les ravageurs. Dans la plupart des cas, il n'est pas possible d'épandre du compost chaque année. Certaines cultures ont des besoins en éléments nutritifs qui sont plus élevés et elles sont généralement produites l'année qui suit celle de l'épandage de compost. Les cultures avec des besoins moindres sont produites dans les années subséquentes. De façon similaire, les cultures qui exigent des niveaux d'azote plus élevés sont prévues après les cultures de légumineuses ou les cultures de couverture. Ces dernières servent à maintenir les éléments nutritifs dans les périodes qui suivent la récolte. Avec un plus grand nombre de cultures de couverture, on augmente la teneur en matières organiques du sol, ce qui favorise la flore et la faune (toutes les créatures dans le sol) et stimule les divers cycles d'éléments nutritifs.

Parmi les autres éléments nutritifs tirés de l'extérieur et qui sont permis, notons (toujours vérifier auprès de son organisme de certification avant d'utiliser un produit) :

  • la chaux - dolomitique et calcitique;
  • le sulfate de potassium - celui qui est permis en agriculture biologique est de source naturelle et il n'est pas altéré;
  • le sulfate de potasse et de magnésie - le sulfate de potasse " naturel " et le sulfate double de magnésie et de potasse " naturel " sont des produits permis en agriculture biologique;
  • le phosphate naturel;
  • la farine d'os - permise mais avec réserves, surtout en Europe à cause du risque de contamination par l'EBS.

Il existe de nombreux autres produits pouvant être utilisés en complément d'une bonne rotation des cultures et on peut avoir recours au compost quand le besoin est justifié. Les associations de culture biologique des provinces du Canada Atlantique possèdent un site Web qui présente les listes de plusieurs de ces produits ainsi que des détails.

Pour en savoir plus

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