Dans cette section

Lutte contre les ravageurs en agriculture biologique

 

La plupart des producteurs savent que l'on voit de plus en plus de produits biologiques sur le marché. À l'heure actuelle, les ventes de produits biologiques comptent pour environ 1 % du total des ventes d'aliments, ce qui est loin d'être une part imposante du marché, mais qui connaît chaque année une croissance d'environ 10 à 20 %. À l'heure actuelle, on consacre en Ontario entre 4 000 et 5 000 acres à la culture de fruits et de légumes biologiques. C'est donc l'occasion pour un plus grand nombre de producteurs de se joindre à ce marché.

Quand de nouveaux producteurs songent à se convertir à la culture biologique, ils se demandent en premier lieu : " Que faire pour éradiquer ce ravageur X (insecte, maladie ou mauvaise herbe)? " Bien que cela semble facile comme question, la réponse l'est moins.

En agriculture biologique, on a comme principe de base la plus grande autonomie possible, donc utiliser les apports provenant de la ferme. Lorsque des apports de l'extérieur sont nécessaires, les normes qui régissent l'agriculture biologique stipulent que ces apports doivent être issus " de la nature ". Les apports synthétiques ou fabriqués ne peuvent être utilisés. Souvent, l'outil de gestion ne sera pas un produit qu'il faut acheter. Dans tous les cas, en agriculture biologique la lutte contre les ravageurs est basée sur une combinaison de techniques qui ensemble arrivent à lutter avec succès contre les ravageurs.

Par exemple, une bonne rotation des cultures est la pierre angulaire de tout programme de gestion des ravageurs sur la ferme. La culture fréquente ou en continu d'espèces parentes dans le même champ aura presque pour résultat de multiplier les ravageurs. Le travail du sol et parfois le moment choisi pour les semis peuvent aussi influer sur les populations de certains ravageurs. Des cultivars tolérants ou résistants sont des outils puissants pour combattre les ravageurs.

Sur les fermes qui sont vouées à l'agriculture biologique, le défi consiste à établir un système de production - rotation, travail du sol, semis, fertilité, cultivars, etc. - qui évite les problèmes. Sur la plupart des exploitations commerciales, la stratégie consiste en partie à attendre puis à constater quels ravageurs sont présents, pour ensuite pulvériser avec le meilleur produit offrant une efficacité optimale. En agriculture biologique, le producteur ne dispose pas d'un grand nombre de pesticides à utiliser après que l'on ait constaté un problème; il doit donc prévoir pour éviter le problème.

Le système " idéal " consiste à éviter le problème. Quand tout va bien, on peut éviter de nombreux problèmes de ravageurs et même les tolérer. Certains problèmes de ravageurs sont très difficiles à gérer dans un système de culture biologique. Certains outils de gestion, dont les pesticides, sont à la disposition des producteurs biologiques. Bacillus thuringiensis (Bt) est probablement le " biopesticide " le plus répandu. Le Spinosad et le kaolin sont aussi des produits prometteurs dans le futur, mais les producteurs doivent s'assurer de toujours respecter la formulation exacte. Ce ne sont pas toutes les formulations de ces produits qui sont permises en agriculture biologique; par exemple, à l'heure actuelle, seulement les produits Bt en formulation sèche sont permis. Le Spinosad est accepté mais les formulations actuelles (le Success est homologué au Canada) comportent des matériaux inertes défendus en agriculture biologique. Les producteurs biologiques doivent toujours vérifier auprès de leur organisme de certification avant de les utiliser afin de s'assurer que le produit est permis de même que l'usage auquel on le destine. Tous les pesticides biologiques doivent être homologués par l'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA). Parfois les producteurs biologiques américains ont recours à des produits auquel l'accès est limité au Canada.

La terre de diatomées, les répulsifs, les phéromones, les pièges, les cultures appâts et les prédateurs sont des pratiques pouvant répondre à des situations précises. Le pyrèthre est une substance biologique permise, mais elle est souvent formulée avec du butoxyde de pipéronyle, qui est défendu. La roténone est admise par les normes d'agriculture biologique, mais son usage n'est pas très répandu auprès des producteurs et en vertu des normes, elle n'est pas permise comme méthode première de lutte antiparasitaire.

Pour éradiquer les maladies, on utilise habituellement le cuivre et le soufre. Le cuivre est plutôt controversé à l'heure actuelle et on prévoit une surveillance accrue à l'avenir concernant ce produit (comme c'est le cas en Europe). Le jus de compost a gagné en popularité ces dernières années et présente l'avantage d'éradiquer certaines maladies. On a encore beaucoup à apprendre sur les méthodes de fabrication et les usages du jus de compost à la ferme. Lors d'une récente conférence, deux présentations ont indiqué que la mycorhize avait éradiqué des maladies. Ce sont des champignons indigènes qui sont bénéfiques et ils font partie des organismes pouvant stimuler la capacité du sol à supprimer certaines maladies. Il s'agit d'un nouveau champ de recherche sur lequel il faudra revenir quand on aura plus de renseignements.

Pour une liste complète des apports pour les cultures sur les fermes biologiques, se référer au http://www.acornorganic.org/acorn/, site Web élaboré par les associations de produits biologiques du Canada Atlantique, et qui présente la meilleure liste au Canada des substances permises en agriculture biologique, avec des explications sur chacune.

Pour en savoir plus

| Haut de la page |

Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca