Éradiquer
les moustiques : tactiques de lutte à la ferme
Honnêtement, à moins d'être l'un des prédateurs
qui se nourrissent de moustiques (poissons, coléoptères aquatiques
prédateurs, libellules, oiseaux et chauve-souris pour ne nommer que ceux-là),
on préfère les éliminer de l'entourage immédiat. Les
essaims de moustiques font vite disparaître le plaisir des activités
de plein air, obligeant les gens à se couvrir pour se protéger et
à s'enduire d'insectifuge pour éviter leurs piqûres souvent
irritantes. Heureusement, on peut facilement en réduire le nombre.
Pour
combattre les moustiques à la ferme il faut d'abord identifier les aires
de reproduction potentielles. En comprenant mieux leur cycle biologique on dispose
de l'information la plus importante. En voici les quatre stades : uf, larve,
pupe et adulte. Toutes les femelles pondent leurs ufs dans l'eau ou à
proximité. Il existe plusieurs espèces de moustiques et chacune
privilégie un habitat de reproduction différent, de l'eau la plus
claire à la plus polluée. Il leur faut surtout de l'eau stagnante
et relativement non perturbée. Les ufs donnent naissance aux larves
(« wrigglers ») (figure 1). À la surface de l'eau, la larve
se change en pupe avant que l'adulte émerge. Par temps favorable, le cycle
biologique entier peut prendre moins de dix jours. C'est pourquoi les moustiques
se reproduisent avec succès dans de petits contenants y compris pots, dépressions,
flaques, creux dans le coude des arbres et autres sources d'eau « transitoires
».

Figure
1 (Photo credit: Fiona Hunter)
Parmi les aires de reproduction potentielles
il faut noter toute zone où il y a de l'eau stagnante pendant plus de sept
jours. Il faut dresser une carte de la ferme et indiquer les points chauds potentiels
(comme on le fait pour la lutte antiparasitaire).
Par exemple :
- Ornières des pneus sur les voies d'accès.
- Pneus
(y compris ceux utilisés pour retenir les bâches; un pneu standard
P215/70R15 sur le côté peut contenir jusqu'à 4,5 L (un gallon)
d'eau stagnante d'une profondeur jusqu'à 3,8 cm (1,5 po), et représenter
une surface deux fois plus grande que cette feuille de 21,6 cm sur 27,9 cm (8,5
po sur 11 po), pour un périmètre d'eau d'environ 3,05 m (10 pi).
- Contenants
ou fûts (y compris les flaques qui s'accumulent sur le couvercle et
qui sont retenues par la bonde autour du contenant).
- Eau des puisards
ou des drains Hickenbottom.
- Eau des fossés.
- Étangs,
surtout le pourtour.
- Flaques où il y a des fuites des tuyaux d'irrigation.
- Eau
de gouttières ou de citernes pluviales.
- Flaques ou étangs
formées des eaux de transformation ou de lavage.

Ornières
des pneus sur les voies d'accès

Pneus

Contenants
ou fûts
Comment maîtriser ou éliminer les aires de reproduction
de moustiques :
- Remplir les ornières ou niveler les zones
de circulation plus intense.
- Éliminer les vieux pneus (voir dans
les pages bleues gouvernementales sous Déchets et recyclage pour les sites
d'enfouissement approuvés ou dans les Pages jaunes sous Services de recyclage).
- Percer les pneus utilisés pour retenir les bâches afin que
l'eau ne puisse s'y accumuler. Cette manoeuvre peut se révéler plus
difficile.
- Jeter les contenants et les fûts (voir la fiche no 88-108
du MAAARO, Rinçage des contenants d'antiparasitaire (disponible en anglais
seulement)
- Tourner les contenants ou les fûts sur le côté
afin que l'eau ne s'y accumule pas.
- Nettoyer les drains et les ponceaux
bloqués.
- S'assurer que les fossés soient libres et que
l'eau circule bien.
- Songer à aérer les étangs car
le mouvement à la surface de l'eau peut dissuader les femelles de pondre
(voir la publication Comment aérer votre étang-réservoir?
sur le site de l'Agriculture et Agroalimentaire).
- Les moustiques préfèrent
se reproduire en eau peu profonde. Un bassin de retenue avec une pente prononcée
et une profondeur d'au moins 60 cm (2 pi) peut dissuader les moustiques de s'en
servir comme aire de reproduction.
- Certains poissons sont reconnus pour
se nourrir de larves de moustiques et sont utilisés pour réduire
au minimum le nombre de larves (vérifier auprès du ministère
des Richesses naturelles s'il existe des restrictions quant à la libération
de poissons).
- Enlever la végétation aux abords de l'étang.
Les longues herbes et les mauvaises herbes aux abords de l'étang protègent
les larves de certains prédateurs potentiels et facilitent la ponte des
moustiques adultes si la zone est protégée du vent.
- Empêcher
les matières organiques (comme les herbes et les feuilles) de pénétrer
dans l'étang et de s'y accumuler. Ces débris servent de nourriture
aux larves et assurent leur survie.
- Enlever les matières organiques
existantes des étangs.
- Creuser les étangs dans une aire
ouverte qui n'est pas protégée du vent. Le mouvement du vent à
la surface de l'eau empêche la ponte à cet endroit.
- Toujours
tondre le gazon et éradiquer les mauvaises herbes pour éliminer
les aires de repos des moustiques (surtout à proximité de zones
où il y a des travailleurs).
- Réparer toute fuite dans les
tuyaux d'irrigation.
- Remblayer avec du gravier les zones susceptibles
de présenter des fuites pour éviter la formation de flaques d'eau.
- Enlever
les feuilles et les brindilles des gouttières.

La
formation de flaques d'eau

Pas
de formation de flaques d'eau
On ne peut ni drainer ni altérer les
zones humides, à moins de circonstances exceptionnelles, si elles constituent
une menace pour la santé humaine. Il faut au préalable consulter
le ministère des Richesses naturelles (MRN) et obtenir une permission à
la fois du MRN et de l'Office de protection de la nature concerné.
Pour
plus de détails, voir la fiche d'information du MAAARO en anglais, Controlling
Mosquitoes on Horse Farms and Rural Properties (diponsible en anglais seulement).
Combien
d'aires de reproduction de moustiques ces rebuts peuvent-ils abriter?

Voici
deux exemples :


Pour
en savoir plus
|
Haut de la page |