Lutte contre le DuponcheliaDuponchelia fovealis est un ravageur relativement nouveau en Ontario, il n'existe donc que peu d'antécédents pouvant indiquer à quoi vous attendre si vous le trouvez dans votre serre et comment le combattre le cas échéant. Il peut être utile de rappeler brièvement ce que nous en savons. Duponchelia est un papillon d'origine méditerranéenne que l'on a rencontré de plus en plus dans les serres du nord de l'Europe depuis une vingtaine d'années, considéré depuis comme un ravageur de serre bien établi dans ces régions. Il a été signalé en Ontario pour la première fois en 2005, puis plus récemment durant l'hiver 2007-2008. C'est un papillon qui est petit (environ 1 cm de longueur), de couleur brun pâle, avec une ligne blanche irrégulière sur les ailes. Il a un abdomen très long et fin qui se tient quasiment à angle droit à l'extrémité. Du point de vue des dommages, si on n'intervient pas, ce ravageur peut causer d'importants dégâts dans certaines cultures (dont le bégonia), où il se nourrit des feuilles basses et où il creuse un tunnel dans la tige du plant. Dans d'autres cas (p. ex. la rose), de fortes populations n'endommagent pas vraiment la culture, puisque les chenilles semblent se nourrir principalement des feuilles tombées à la surface du sol. Cependant, dans la plupart des serres d'horticulteurs ontariens où il a été signalé les dommages réels aux cultures ont été minimes. Il semble s'accommoder assez bien de la nécromasse dans le sol ou à la surface, ce qui veut dire qu'il peut survivre dans de nombreuses cultures différentes. Souvent la chenille tisse un cocon peu attrayant à la base du plant où elle y reste tout le jour. Dans d'autres situations on la retrouve dans le sol ou au fond du pot entre celui-ci et le milieu de croissance, ou encore sous le pot. Les vols du papillon adulte sont nocturnes, bien qu'il soit relativement facile de le perturber le jour. Il fait alors de courts vols erratiques avant de s'installer à nouveau dans la culture, mais il peut parfois être difficile à retrouver. Quelles sont donc vos options de lutte si vous trouvez Duponchelia dans votre serre? Du point de vue de la maîtrise du ravageur, une intervention diligente devrait vous permettre de maintenir les populations à de très faibles niveaux. L'efficacité est décuplée si vous avez recours à la fois aux pesticides et à la lutte biologique. PesticidesAu début de cette année, l'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire a homologué certains pesticides pour utilisation d'urgence, dont le fumigant DDVP et le Pounce 384 EC pour éradiquer les adultes; le Dipel 2X DF a été homologué pour combattre les chenilles. L'homologation pour utilisation d'urgence n'est valable que pour une durée limitée, et la présence récurrente (et possiblement continue) de ce ravageur pourrait justifier une homologation plus permanente de produits. Aussi, des demandes ont été soumises pour l'homologation intégrale de trois d'entre eux (Pounce, Dipel et BioProtec 3P) en vertu du programme des pesticides à emploi limité. BioProtec 3P contient la même matière active que le Dipel et il est homologué pour combattre les chenilles. Ces homologations ont été approuvées. Mentionnons que DDVP n'a pas reçu une homologation intégrale, mais que son étiquette indique une homologation pour utilisation d'urgence en vue de combattre le Duponchelia adulte, valable jusqu'au 28 décembre 2008 (même si ce produit est homologué après cette date à d'autres fins dans les serres). Les pesticides susmentionnés fournissent une maîtrise adéquate contre Duponcheliaà la condition de répéter les applications. Lutte biologiqueDes recherches européennes indiquent que la lutte biologique peut être très efficace contre ce ravageur et que certaines options sont disponibles. Les deux pesticides contre les larves, Dipel et BioProtec, sont biologiques et entièrement compatibles avec un programme de lutte biologique. Employés comme pulvérisation foliaire et au sol, ils constituent une importante composante de la lutte contre Duponchelia et ils sont en fait à la base des programmes de lutte aussi dans les pays européens. Mentionnons toutefois que Pounce et DDVP, qui peuvent éradiquer le ravageur adulte, sont incompatibles avec les programmes de lutte biologique. Des applications de Pounce laisseront des résidus qui interdisent le recours à la lutte biologique pour une durée pouvant aller jusqu'à 3 mois. D'autres agents de lutte biologique sont également efficaces. Le papillon pond souvent ses ufs sur les parties du plant près du sol, et les chenilles passent la plus grande partie de leur vie dans la partie inférieure de la plante ou à la surface du sol. Par conséquent les agents de lutte biologique terricoles (appliqués dans le sol) peuvent être très utiles. Aux Pays-Bas la recherche a indiqué que l'acarien prédateur Hypoaspis et le staphylin Atheta (que de nombreux horticulteurs utilisent déjà) offrent une maîtrise assez efficace. Certains suggèrent aussi que les traitements des nématodes (ou pulvérisations de la surface du sol) peuvent aussi être utiles, mais que ceux-ci ne maîtrisent pas d'autres ravageurs comme les fongicoles. D'autres agents de lutte biologique ont été signalés, qui se nourrissent des papillons et des chenilles (ou de leurs ufs), mais peu de recherches y ont été consacrées à ce moment-ci et leur degré d'efficacité spécifique dans la lutte contre le Duponchelia reste inconnu. Par exemple, Orius se nourrit des ufs des papillons, tout comme une minuscule guêpe parasite appelée Trichogramma. Un prédateur appelé Podisus se nourrit des larves des chenilles. Certains producteurs ont introduit ces ennemis naturels comme mesure préventive pour combattre Duponchelia, mentionnons cependant que les capacités d'éradication de ce ravageur par ces agents de lutte biologique particuliers n'ont pas encore été prouvées à l'heure actuelle. Il n'y a à l'heure actuelle aucun agent de lutte biologique connu qui combat les adultes. Toutefois, des pièges permettent de les capturer, même s'il n'est pas certain qu'ils permettent une maîtrise significative. Cependant, ils peuvent être très utiles comme outil de dépistage et pour vérifier le degré d'efficacité des programmes de lutte. Il existe aussi une phéromone sexuelle spécifique pour attirer les Duponchelia mâles et des pièges utilisant cette technologie sont disponibles. De même, des pièges à lumière noire (lumière UV) attireront les adultes (mâles et femelles), quoique pas aussi efficacement que les pièges à phéromones. Attention en utilisant les pièges pour capturer les adultes. Si les évents d'aération sont ouverts, des papillons nocturnes peuvent venir de l'extérieur de la serre, aussi ces outils sont plus adéquats pendant les mois plus frais. En résumé, un programme de lutte biologique devrait
comprendre :
Il est primordial que les producteurs comprennent ce ravageur, qu'ils recherchent des indices de sa présence et qu'ils prévoient un programme de lutte afin d'être prêts à le combattre s'ils le rencontrent. Malgré son incidence sur l'industrie plus tôt cette année, il ne faut pas s'alarmer outre mesure de sa présence maintenant. Des stratégies de lutte efficaces sont offertes pouvant assurer une bonne maîtrise de façon continue. Pour en savoir plus, communiquer avec un spécialiste de la culture de serre du MAAARO.
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1. Duponchelia adulte.
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2. Chenille du Duponchelia.
Pour plus de renseignements : Sans frais : 1 877 424-1300 Local : 519 826-4047 Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca
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