Les effets du mancozèbe sur les agents de lutte biologiqueIl est important, lorsqu'on utilise des agents de lutte biologique, de tenir non seulement compte des effets des insecticides et des acaricides, mais également des fongicides. L'effet négatif de la plupart des fongicides sur agents de lutte biologique est généralement moindre. Il existe toutefois des produits utilisés depuis longtemps qui exercent un effet négatif sur certains des agents de lutte biologique employés couramment. C'est le cas notamment du mancozèbe, l'ingrédient actif contenu dans le Manzate 200 DF, homologué par Dupont Canada pour lutter contre la brûlure alternarienne, le mildiou et la tache septorienne de la tomate de serre. Le mancozèbe est un fongicide mis au point par Dow AgroSciences en 1961. Il est très utile d'autant plus qu'on ne lui associe encore aucun cas de résistance même s'il est largement utilisé dans le monde. Il s'agit d'un produit à large spectre, qui agit par contact et dont l'effet protecteur est élevé. L'absence de résistance est attribuée à son mode d'action. Les propriétés chimiques du mancozèbe lui donnent la possibilité d'agir à des " sites " variés, c'est-à-dire sur différents aspects de la physiologie du champignon. C'est pourquoi on dit qu'il exerce une action inhibitrice multisite. Les pathogènes ne réussissent pas à développer de résistance envers des produits comme le mancozèbe qui s'attaquent à eux sur plusieurs fronts. Par contre, des fongicides comme le Benlate et le Ridomil, dont l'action est unisite, provoquent un développement rapide de la résistance, s'ils sont utilisés fréquemment. Toutefois, c'est aussi l'action multisite des fongicides qui fait en sorte qu'ils ont un effet sur d'autres organismes que le pathogène ciblé. Ainsi, le mancozèbe est reconnu pour avoir des effets négatifs sur une famille d'acariens prédateurs (Phytoseiidae) qui comprennent des espèces souvent utilisées dans les cultures en serre. Il s'agit entre autres d'Amblyseius cucumeris, utilisé dans la lutte contre les thrips ainsi que d'Amblyseius californicus. Une espèce de cette famille fait cependant exception, le Phytoseiulus persimilis, qui n'a pas subi d'effet négatif lors d'essais en conditions semi-naturelles et en laboratoire. Dow AgroSciences a récemment réalisé des études en laboratoire et sur le terrain pour approfondir les effets du mancozèbe sur d'autres agents de lutte biologique. Les résultats ont été présentés dans le cadre d'une conférence intitulée : " Les pesticides et les organismes utiles ", qui a eu lieu à D?be, en Pologne, du 27 au 30 septembre 2005. Les travaux ont démontré que des doses élevées de mancozèbe n'étaient que légèrement néfastes à l'espèce Orius, et ne causaient aucune nuisance à Aphidius après sept jours. Par contre, des doses relativement plus faibles se sont révélées très toxiques pour l'espèce Amblyseiu, après une seule application. Ces données signifient que si des acariens prédateurs sont employés pour lutter contre les thrips et les tétranyques, les populations de ces prédateurs risquent d'être considérablement réduites si on utilise du mancozèbe contre les maladies fongiques. Des traitements répétés du fongicide risquent donc de nuire aux programmes de lutte biologique contre les thrips et les tétranyques. Il est donc important de choisir judicieusement non seulement les insecticides et les acaricides, mais également les fongicides, en lutte intégrée. Nous tenons à remercier le Ministère
de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales de l'Ontario ainsi
que l'Ontario Greenhouse Vegetable Growers (l'association des producteurs de légumes
en serre de l'Ontario) d'avoir contribué au financement de notre participation
à la réunion "Les pesticides et les organismes utiles "
qui a eu lieu en Pologne.
Pour plus de renseignements : Sans frais : 1 877 424-1300 Local : 519 826-4047 Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca
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