Notes sur les stratégies de lutte contre les chenilles qui s'attaquent aux poivrons de serre

Pyrale du maïs

Généralités

On trouve deux races de pyrale du maïs en Ontario et leur patron de ponte se résume ainsi :
Race univoltine - une génération par année dont le pic de ponte se situe de la fin juin à la mi-août (généralement au nord de London).

Race bivoltine - deux générations par année (dans les comtés d'Essex, de Kent et d' Elgin) - pic de ponte de la fin mai/début juin au début/mi-juillet.
- puis de la fin juillet au début septembre.

Les populations des deux races sont assez abondantes dans les comtés de Lambton, Middlesex, Oxford, Brant, Haldimand-Norfolk, Hamilton-Wentworth et Niagara.

Jusqu'à maintenant, les degrés-jours ou unités thermiques de croissance accumulés indiquent que nous sommes en plein dans le premier pic de ponte de la race bivoltine. Les producteurs doivent donc se montrer vigilants à compter de maintenant.

Aires de reproduction et sites d'intervention

Les pyrales cherchent à s'accoupler en zone herbacée ou dans des endroits où la végétation est dense. Les activités de reproduction commencent généralement autour de 22h, avec un maximum autour de 1h, pour se terminer à l'aube. Pour s'accoupler, les pyrales recherchent les cours d'eau ou les bassins versants et les terrains en friche.

Les noctuelles qui produisent les larves de la deuxième génération préfèrent les zones couvertes d'herbes atteignant de 60 à 120 cm (2-4 pi). Les adultes peuvent parcourir des distances de 5 à 8 km en une soirée, par temps venteux.

La ponte

Les soirées tièdes et calmes sont les plus propices à la ponte. Cette dernière début un peu après le coucher du soleil et se termine autour de minuit. Les vents forts, les orages et les températures inférieures à 180C (650F) peuvent retarder ou interrompre la ponte.

Stratégies de lutte

  1. Dépistage à l'aide de pièges à phéromones
    Selon la production de phéromones sexuelles (substance chimique produite par la femelle pour attirer les mâles à des fins de reproduction) propres à l'espèce, les pyrales du maïs ont été réparties en deux lignées, celle de l'Iowa et celle de l'État de New York. Seule la lignée de l'Iowa se retrouve en Ontario. Plus à l'est, vers le Québec, on rencontre les deux lignées. Seuls les pièges à phéromones pour la lignée de l'Iowa seront utiles aux producteurs ontariens. Les races univoltine et bivoltine sont toutes deux attirées par les mêmes pièges à phéromones, lesquels doivent être changés régulièrement, une fois par semaine. Les pyrales mâles sont moins attirées par les pièges en présence de femelles, leur nombre moins élevé dans les pièges peut donc être trompeur.
    Emplacement des pièges à phéromones
      • Placer les pièges par petits groupes de trois ou plus à une distance d'au moins quinze mètres (50 pieds). Les pièges isolés sont moins fiables.
      • Placer les pièges à l'extrémité d'un champ, d'une surface herbacée ou dans un champ de soya, de pommes de terre ou de maïs.
      • Placer les pièges à au moins 15 cm ou 6 pouces sous le sommet de la couverture végétale.
      • Les pièges seront moins efficaces les nuits fraîches ou venteuses.
      • Utiliser des pièges lumineux en même temps que les pièges à phéromones.

  2. Pièges lumineux
    Les pièges lumineux dont on a retiré le grillage protecteur et qui sont placés à distance à l'extérieur des serres peuvent servir à surveiller les populations d'insectes et à réduire aussi les populations de pyrales et de la fausse arpenteuse du chou dans les serres. Les pièges devraient être inspectés et nettoyés chaque jour.

  3. Lutte chimique à l'aide de Confirm
    Confirm est homologué pour lutter contre la pyrale du maïs qui s'attaque aux poivrons de serre. Le produit provoque la mue prématurée et la mort subséquente des chenilles nuisibles. Confirm est très ciblé pour les noctuelles et il est compatible avec les produits utilisés en lutte biologique. Dans le cas de l'Orius, les essais en champ démontrent un très faible taux de mortalité après l'application de la matière active de Confirm. Des essais en champ sur le coton, avec le double des doses recommandées sur l'étiquette de Confirm, ont démontré que le pourcentage de survie des nymphes d'Orius était respectivement de 80 % et 77,5 % le premier et le septième jour après le traitement. Une application complète est nécessaire afin que les fruits, surtout autour du calice ou de l'enveloppe du fruit, soient bien protégés contre la pyrale. Rappelons que les très jeunes larves de pyrales pénètrent généralement dans les fruits juste sous le calice.

  4. Lutte biologique - Les Trichogrammes
    Les trichogrammes sont de minuscules guêpes qui sont peuvent être utilisées pour la lutte biologique contre les chenilles nuisibles. Il existe plus d'une centaine d'espèces de trichogrammes, dont certaines seulement sont offertes sur le marché. Il s'agit, entre autres, de T. brassicae, T. pretiosum, T. evanescens, T. minutum et T. platneri. Parmi celles-ci, les espèces T. brassicae et T. evanescens ont été employées avec succès contre la pyrale dans des champs de maïs. Il est important de tenir compte de certains points pour choisir l'espèce de trichogrammes à utiliser pour la lutte biologique contre la pyrale du maïs :
    • Des comparaisons entre diverses espèces de trichogrammes au laboratoire de l'université de l'État de Pennsylvanie ont démontré que T. minutum et T. platneri n'étaient pas efficaces pour parasiter les œufs de pyrales; T. pretiosum affichait une efficacité de 3,8 %, et T. nubilale de 65,5 %
    • Dans le cadre d'un essai sur des poivrons dans une serre commerciale en Ontario (Del Sol's), T. brassicae et T. ostriniae ont parasité respectivement 42 % et 61 % des œufs sentinelles (œufs provenant d'une autre espèce de noctuelle aux fins de l'essai), lorsque les œufs étaient placés à environ 3,6 m (12 pi) du lieu de lâcher des guêpes trichogrammes.
    • La comparaison entre des lâchers de différente importance (100 000, 200 000 et 400 000 guêpes à l'acre) de T. ostriniae (aussi chez Del Sol) en 2003 n'a pas révélé de différences significatives dans le pourcentage d'œufs parasités.
    • Dans le cadre d'essais réalisés dans des champs de maïs, T. brassicae s'est révélé efficace contre la pyrale avec des lâchers de 100 000 à 125 000 trichogrammes à l'acre.
    • Lors d'un essai sur les poivrons dans une serre commerciale de la C.-B., on a dépisté plus de T. brassicae que de T. pretiosum dans la couverture végétative supérieure et la situation inverse a été observée dans la couverture inférieure.
    • Les guêpes trichogrammes ne vivent que quelques jours aux températures que l'on retrouve dans les serres; il est donc préférable de lâcher des nymphes dont les périodes d'émergence varient afin d'augmenter les chances de réussite.
    • Généralement, le pourcentage d'œufs de pyrales parasités est inversement proportionnel à (a) la surface foliaire ou à la taille de la plante, et (b) à la distance entre les œufs et le lieu où les guêpes ont été relâchées.

Lutte contre la fausse arpenteuse du chou

Lutte contre la fausse arpenteuse du chou à l'aide de la bactérie Bacillus thuringiensis (Bt) (Dipel, Foray, Bio-Protect)

  • Le Bt est un poison pour l'estomac qui tue les insectes uniquement après que ces derniers aient ingéré des végétaux traités avec ce produit.
  • Les toxines contenues dans le BT paralysent le tube digestif de l'insecte qui arrête de se nourrir, généralement dans l'heure qui suit. Puis, l'insecte s'empoisonne lentement et meurt de un à sept jours après avoir ingéré le Bt.
  • Étant donné que le Bt n'est pas systémique, il élimine difficilement les insectes qui se nourrissent à l'intérieur de la plante en creusant des tunnels. Il est donc important de bien appliquer le produit sur les surfaces foliaires supérieures et inférieures. Pour faciliter le traitement, asperger à l'aide des gouttelettes les plus fines et le plus uniformément possible. L'ajout d'un agent mouillant ou adhésif peut améliorer l'application.
  • L'effet pathogène du Bt ou sa capacité à tuer des insectes s'annule après 72 heures d'exposition à des rayons UV. La dégradation du Bt en serre peut toutefois prendre un peu plus de temps. En augmentant la fréquence des pulvérisations, on peut compenser la dégradation rapide du Bt par la lumière du soleil et les traitements en soirée peuvent aussi contribuer à retarder sa décomposition.
  • Les stades immatures des insectes sont généralement plus faciles à détruire que les adultes. Il est donc recommandé d'appliquer les traitements dès l'éclosion des œufs.
  • Voir à ce que le pH de l'au utilisée pour le mélange se situe autour de 6,0 à 6,5. Un pH élevé facilitera la dégradation du Bt et réduira son efficacité.

 


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